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L'évolution du terrorisme mondial en 2005Document du porte-parole du département d'État
Les lieux d'asile les plus recherchés par les terroristes sont souvent des régions qui chevauchent des frontières ou dont la surveillance laisse à désirer, déclare le département d'État dans une fiche analytique qui accompagne le Rapport annuel sur le terrorisme dans le monde publié le 28 avril. Selon cette fiche, l'objectif consistant à priver les terroristes de ces lieux d'asile exige une stratégie régionale impliquant une action coordonnée entre les États-Unis, d'autres États et des institutions régionales et multilatérales. Le document souligne en outre la difficulté que l'on rencontre à déceler ou à contrer les groupuscules terroristes qui emploient « des techniques avancées et les outils de la mondialisation » pour exécuter leur tâche tout en évitant la détection. On trouvera ci-après le texte de la fiche analytique. Département d'État des États-Unis Fiche analytique Le Rapport sur le terrorisme dans le monde en 2005 présente une évaluation stratégique des tendances observées en ce qui concerne les actes de terrorisme dans le monde et la nature de la menace terroriste, ainsi que des chapitres sur les lieux où les terroristes trouvent asile, sur les mesures que les États-Unis ont prises pour renforcer la détermination et la capacité de riposte à l'étranger face au terrorisme, et sur le rapport existant entre les armes de destruction massive et le terrorisme. Conformément à la nouvelle réglementation, le rapport contient également en annexe des renseignements statistiques fournis par le Centre national de la lutte antiterroriste (NCTC) au sujet des victimes des terroristes. Tendances générales - Groupuscules. On a observé en 2005 qu'un nombre croissant de petites cellules autonomes et d'individus se servaient de techniques avancées et des outils de la mondialisation pour commettre des actes de terrorisme. Ces « micro-acteurs » se sont révélés extrêmement difficiles à localiser et à contrer. - Sophistication. Beaucoup de terroristes de par le monde se sont employés à affiner les moyens qui leur permettent d'exploiter les échanges mondiaux d'informations, d'argent et d'idées. Ils ont également amélioré leurs capacités techniques dans de nombreux domaines relatifs à leurs préparatifs, à leurs communications, à leur ciblage et à leur propagande. - Imbrication avec les réseaux criminels. Dans certains cas, les terroristes emploient les mêmes réseaux qu'utilisent les associations transnationales de malfaiteurs, exploitant ces canaux afin d'améliorer leur mobilité, de recruter des appuis pour leurs programmes terroristes et d'éviter la détection. Lieux d'asile des terroristes - Les lieux d'asile les plus problématiques à travers le monde sont souvent des régions qui chevauchent des frontières ou dont la surveillance laisse à désirer, par exemple les zones frontalières de l'Afghanistan, la Somalie, la région frontalière commune de l'Argentine, du Brésil et du Paraguay et la mer des Célèbes. - Priver les terroristes de ces lieux d'asile exige une stratégie régionale impliquant une action coordonnée entre d'une part les États-Unis, en association avec différents États qui eux aussi coopèrent avec des partenaires régionaux, et d'autre part les institutions régionales et multilatérales. - La corruption, la pauvreté et l'insuffisance des institutions civiles et des services sociaux, ainsi que l'opinion répandue selon laquelle les forces policières et la justice seraient partiales ou impitoyables : toutes ces conditions profitent aux terroristes qui cherchent à se faire des alliés ou à créer un climat social leur permettant de fonctionner. - Les clés d'une stratégie efficace de déni des lieux d'asile aux terroristes sont le renforcement de la capacité des États partenaires et la coopération entre États. L'Irak - Les États-Unis ont systématiquement considéré l'Irak comme l'un des fronts principaux de la guerre mondiale contre le terrorisme. - L'Irak est sans doute aujourd'hui le principal champ de bataille, mais l'objectif essentiel d'Al-Qaïda demeure inchangé : attaquer les États-Unis. L'opération « Liberté de l'Irak » n'a pas changé ce fait. - L'Irak n'est pas le lieu d'asile des terroristes qu'était l'Afghanistan avant le 11 septembre 2001. Conclusions - Al-Qaïda n'est plus l'organisation qu'elle était il y a quatre ans. Les efforts internationaux ont largement réussi à interdire au groupe son lieu d'asil sûr en Afghanistan et à perturber ses opérations, et nombre de ses dirigeants ont été capturés ou tués. - Pourtant, sa capacité d'adaptation et de récupération font que des membres importants de sa direction restent en vie. Al-Qaïda intensifie ses activités idéologiques et de propagande, ce qui l'a conduit à coopérer avec ses éléments en Irak (menés par Abou Moussab al-Zarqawi) et ailleurs dans le monde. - On a assisté en 2005 à une augmentation des attentats-suicides. Les attentats du 7 juillet à Londres étaient la première attaque de ce type en Europe (trois des quatre terroristes étaient des citoyens britanniques de deuxième génération, d'origine sud-asiatique). Le nombre des attentats-suicides en Afghanistan a aussi nettement augmenté. - On a observé en 2005 l'essor de réseaux d'importance stratégique significative appuyant l'afflux de terroristes étrangers en Irak. - Globalement, on se trouve encore dans la première phase d'une guerre qui pourrait durer longtemps. La capacité prouvée d'adaptation de l'ennemi rend vraisemblable la probabilité que nous devrons affronter un ennemi tenace pendant des années à venir. Une définition élargie du terrorisme - Dans le cadre du rapport de cette année, afin de répondre aux nouvelles directives du Congrès, nous avons systématiquement appliqué une définition officielle plus large du terrorisme, englobant non seulement les actes internationaux de terrorisme, mais tous les actes de terrorisme. En conséquence, on a constaté une hausse marquée du nombre des incidents terroristes comptés par le NCTC en 2005. - Comme la méthodologie a changé, il n'existe pas de base de référence permettant des comparaisons utiles entre 2005 et 2004. Un simple décompte des incidents ne fournit pas un tableau complet. - La moitié environ des incidents figurant dans la base de données du NCTC n'a entraîné aucune mort. Une attaque qui endommage un oléoduc est comptabilisée au même titre qu'un attentat à la voiture piégée qui tue une centaine de civils. - Les incidents terroristes en Irak, en augmentation, représentent à peu près le tiers de tous les incidents signalés en 2005 et plus de la moitié de tous les décès dus au terrorisme. - En 2005, 56 Américains ont perdu la vie dans des actes de terrorisme international, et 47 d'entre eux ont été tués en Irak. Date de rédaction:
28 avril 2006 Mise à jour:
28 avril 2006
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