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Proche-Orient : les négociations relatives à une résolution se poursuivent à l'ONULes États-Unis qualifient de « mesure nécessaire pour la paix » la proposition libanaise de déploiement de soldats libanais dans le sud du Liban.
Par Judy Aita New York (Nations unies) - Les coauteurs du projet de résolution du Conseil de sécurité visant à mettre un terme au conflit entre Israël et le Hezbollah, à savoir les États-Unis et la France, continuent de mettre au point ce document et de répondre aux propositions du Liban après s'être réunis avec une délégation composée de représentants du Liban et de la Ligue arabe. Le projet de résolution et la contre-proposition du Liban ont été débattus le 8 août lors d'une réunion du Conseil de sécurité avec la délégation de la Ligue arabe dirigée par le ministre qatarien des affaires étrangères, M. Hamad bin Jassim bin Jabir Al-Thani, et l'envoyé spécial du Liban, M. Tarek Mitri, ainsi qu'avec le représentant permanent d'Israël, M. Dan Gilman. Selon des diplomates, le projet définitif de résolution devrait tenir compte de leurs observations. Le porte-parole de la Maison-Blanche, M. Tony Snow, a indiqué que les États-Unis ne considéraient pas les propositions du Liban comme un rejet du projet de résolution. « La diplomatie, a-t-il dit, exige du temps, et il y a un grand nombre d'intéressés qui ont leur propre point de vue sur la façon de procéder. » Il s'agit, selon lui, d'aller de l'avant d'une manière qui soit conforme à la position que les chefs d'État et de gouvernement du groupe des Huit ont adoptée lors de leur sommet en juillet, ainsi qu'au projet de résolution soumis le 5 août par les États-Unis et la France. « Tout le monde, a fait remarquer M. Snow, avance encore dans la même direction, et il y a de nombreuses idées sur la manière d'aboutir. » Les États-Unis et la France ont soumis un projet de résolution qui exige la cessation immédiate des hostilités en tant que première mesure pour mettre un terme au conflit et qui énonce les conditions nécessaires à un règlement politique durable. En vertu de ce texte, il serait nécessaire de rédiger une seconde résolution destinée à créer une force internationale chargée de patrouiller le sud du Liban et à fixer les modalités de désarmement du Hezbollah. Selon des diplomates, il est peu probable que le Conseil de sécurité puisse procéder à un vote avant le 10 août, étant donné qu'il sera nécessaire de modifier le projet de résolution pour tenir compte des résultats de la réunion avec la délégation de la Ligue arabe et que le règlement du Conseil de sécurité exige une période de vingt-quatre heures pour que les États intéressés puissent examiner le projet définitif de résolution. Une des grandes questions en suspens a trait aux moyens de garantir que le retrait des forces israéliennes du territoire libanais ne laisse pas un vide qui sera de nouveau rempli par le Hezbollah, a indiqué à la presse le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack, le 8 août, en ajoutant que la proposition du premier ministre libanais, M. Fouad Siniora, de déployer 15.000 soldats libanais dans le sud du pays constituait un nouvel élément. Les États-Unis, a-t-il dit, considèrent que cette proposition est une « mesure importante et nécessaire pour instaurer la paix », mais que le déploiement des soldats libanais doit avoir lieu d'une manière qui ne permette pas aux milices armées de se déplacer librement le long de la frontière libano-israélienne, « de faire peser une menace sur Israël et de plonger la région dans la violence ». En outre, une force internationale est nécessaire pour apporter un soutien à l'armée libanaise, qui à l'heure actuelle n'est pas assez forte pour pouvoir à elle seule exercer un contrôle complet sur cette zone du sud du Liban, a-t-il indiqué, en ajoutant que les délais de formation de cette force internationale et sa composition faisaient aussi l'objet de discussions. La Ligue arabe, le Liban, Israël et les États-Unis ont tous le même objectif, à savoir mettre fin à la violence, a fait remarquer le porte-parole du département d'État. « Personne ne veut se retrouver dans la même situation dans trois semaines, dans trois mois ou dans trois ans. Nous avons observé les résultats de la négociation de cessez-le-feu où on a laissé des groupes comme le Hezbollah se réarmer, se reconstituer, construire des fortifications et faire peser une menace sur la paix et la stabilité dans la région. » Pour sa part le ministre qatarien des affaires étrangères, M. Al-Thani, a mis en garde le Conseil de sécurité contre l'adoption d'une résolution qu'il ne pourrait pas faire appliquer. Toute résolution, a-t-il dit, doit prévoir un cessez-le-feu général, le retrait des forces israéliennes et l'élargissement du mandat de la force de paix actuelle de l'ONU dans le sud du Liban, comme l'a déjà demandé le Liban. De son côté, le représentant permanent d'Israël, M. Gilman, a demandé au Conseil de sécurité de veiller à ce que sa résolution ne crée pas un vide que le Hezbollah ne manquerait pas de remplir. « Les terroristes nous observent, a-t-il dit. Si le Conseil de sécurité adopte des concessions et de simples déclarations, nous nous retrouverons à cette table face à une tragédie aux proportions semblables ou plus grandes. » Date de rédaction:
09 août 2006 Mise à jour:
09 août 2006
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