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Une organisation des É.-U. lutte contre le manque de livres en AfriqueLe gouvernement, le secteur privé et des individus financent des expéditions de livres.Par Elisa Walton Washington - Il suffit de 38 centimes de dollar pour permettre à un enfant africain d'avoir un livre. Tel est le slogan de l'organisation Books for Africa (BFA, Des livres pour l'Afrique), et un facteur de son succès. Depuis 1988, l'organisation a expédié plus de 10 millions de livres vers le continent et, au cours des trois dernières années, elle a réalisé des progrès considérables sur le plan de l'expansion de la disponibilité de livres en Afrique en passant à la « vitesse supérieure » en termes de portée de ses travaux et du nombre de ses partenaires. C'est ce qu'a affirmé M. Patrick Plonski, directeur exécutif de BFA. Selon lui, c'est son organisation qui fournit le plus de manuels scolaires à l'Afrique. Les partenaires de BFA comprennent l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et le Programme alimentaire mondial de l'ONU. L'une des aides les plus précieuses vient de Better World Books, qui achète et vend des livres à des universités de l'ensemble des États-Unis. Elle offre 15 % de ses bénéfices à BFA, ainsi que nombre de ses manuels excédentaires, ce qui a permis à BFA de distribuer pour la première fois un nombre considérable de manuels de troisième cycle. BFA coopère également avec d'autres marchands de livres d'occasion, tels que Follett et Acadamic Book Services. Grâce à des dons de ce type, BFA parvient à maintenir un budget modeste, mais efficace. M. Plonski estime que le budget de 2006, qui est de 850.000 dollars, permet de distribuer pour 14 millions de dollars de livres sur l'ensemble du continent africain. Les principaux frais sont l'expédition, le coût du personnel étant faible du fait du nombre de bénévoles. Les livres sont en général expédiés dans des conteneurs maritimes, dont chacun contient 22 tonnes de livres. Le transport de chaque conteneur coûte près de 10.000 dollars. BFA a l'intention d'expédier un conteneur par semaine en 2007, a affirmé M. Plonski. La majeure partie du financement de l'organisation provient d'Africains résidant aux États-Unis, ainsi que d'individus qui « ont été en Afrique, qui ont constaté les besoins, et qui désirent faire quelque chose pour aider les enfants africains. Vous savez, les gens font un safari, puis ils visitent une école, et ils sont touchés par cette expérience », a dit Gena Doyscher, présidente du conseil d'administration de BFA. M. Plonski est d'accord. « Il y a un lien direct entre le tourisme (en Afrique) et le désir d'aider. » Par exemple, la Tanzanie est le pays qui reçoit le plus de dons de livres, en partie à cause de la beauté naturelle de ses paysages et du développement du tourisme. Nombre des touristes font des dons pour ce pays. BFA a débuté en 1988 par une expérience de ce type. Tom Warth, un éditeur à succès, a décidé de vendre son entreprise et de voyager. En Ouganda, il a visité une bibliothèque dont les rayons étaient presque vides. À son retour aux États-Unis, il pris contact avec des Rotary Clubs, des éditeurs, des libraires et des bibliothécaires afin d'expédier des livres en Ouganda et ailleurs. « Nous pensons tout simplement que c'est la meilleure chose que nous puissions faire pour promouvoir l'éducation des enfants africains », a dit Mme Doyscher. « Nous pensons que tout commence par la lecture, et que la lecture commence par un livre. » Près de 20 % des livres sont des ouvrages neufs qui sont expédiés directement vers l'Afrique par les éditeurs. Le reste des livres, qui proviennent de dons individuels, sont stockés dans l'entrepôt de BFA dans le Minnesota, où ils sont triés pour assurer une haute qualité : les livres ne doivent pas avoir plus de dix ans, ils ne doivent pas avoir de marques, et ils doivent avoir un texte utile ou éducatif. La vaste majorité des livres sont en anglais, mais BFA aimerait avoir plus à offrir aux pays francophones. Un récent partenariat avec l'éditeur Nathan, en France, vise à atteindre cet objectif, et des livres en français ont ainsi récemment été expédiés au Mali et au Sénégal. Du fait que BFA a d'importants partenaires en Tanzanie, en Éthiopie, au Kenya et au Ghana, de vastes programmes sont en cours dans ces pays, car il est facile d'organiser les expéditions. BFA a récemment commencé à coopérer avec les ambassades des États-Unis au Botswana, au Burkina Faso, au Cameroun, à Djibouti et en Ouganda, qui aident à distribuer les livres. M. Plonski aimerait également coopérer avec le Corps de la Paix, afin de profiter de son infrastructure très développée. Le Liberia a récemment été ajouté à la liste des pays bénéficiant de l'aide de BFA. Depuis que ce pays est sorti de la guerre civile, BFA y a effectué 23 expéditions. Dernièrement, un Libérien souhaitait parrainer quelques conteneurs. Cet effort a pris de l'ampleur, d'autres donateurs l'ont rejoint et ils ont signé pour un total de sept conteneurs. « Ils peuvent faire beaucoup avec ces livres », a dit M. Plonski, pour aider à reconstruire leur société. Mme Doyscher entrevoit la croissance continue de BFA. Elle est récemment allée à Abuja (Nigeria), où elle a distribué des dictionnaires d'anglais à des écoliers. « Les maîtres et les élèves étaient fous de joie. » Date de rédaction:
10 août 2006 Mise à jour:
10 août 2006
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