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Un traitement efficace du sida est à portée de la main, mais des obstacles demeurentEnquête publiée à la veille du Congrès international de TorontoPar Charlene Porter Washington - Vingt-cinq ans après la détection du VIH, la science médicale a découvert comment traiter et prévenir l'infection. La difficulté, selon un rapport du Centre d'épidémiologie des États-Unis (CDC), consiste à trouver la manière d'assurer ces traitements à près de 40 millions de personnes dans le monde. Préparé en collaboration par le CDC et d'autres agences de santé américaines et internationales, ce rapport indique que 2,8 millions de personnes sont mortes du sida en 2005, et que 4,1 millions d'autres ont été infectées par le VIH. Il a été publié publié le 11 août, deux jours avant l'ouverture du XVIe Congrès international sur le sida qui se tient du 13 au 18 août à Toronto (Canada). Cette conférence bisannuelle, parrainée par l'International AIDS Society (IAS), est la plus importante réunion consacrée au sida. Selon ses organisateurs, plus de 25.000 personnes (chercheurs, personnel médical, responsables politiques et militants) doivent y participer. Les régions « L'Afrique australe est l'épicentre de la pandémie de sida », est-il affirmé dans le rapport. L'Afrique subsaharienne n'abrite que 10 %, environ, de la population mondiale, mais c'est dans cette région que sont concentrés 64 % de l'ensemble des séropositifs et des sidéens. La prévalence du VIH dans quatre pays, à savoir le Botswana, le Lesotho, le Swaziland et le Zimbabwe, dépasse les 20 %. On a toutefois enregistré ces dernières années une diminution de ce taux dans certains pays, notamment au Kenya, en Ouganda, au Zimbabwe et dans les zones urbaines du Burkina Faso. En Asie, la prévalence est généralement plus faible qu'en Afrique, et la maladie est en grande partie cantonnée aux populations qui pratiquent un comportement à haut risque, notamment les prostituées, les utilisateurs de drogues par voie intraveineuse et les hommes homosexuels. Du fait qu'elle a plus d'un milliard d'habitants, c'est l'Inde qui compte aujourd'hui le plus de séropositifs (5,7 millions) au monde. Par contre, sa prévalence, de 0,9 %, est faible par rapport à l'Afrique. Ce taux varie toutefois selon les États. Les Caraïbes arrivent en deuxième position mondiale, juste derrière l'Afrique subsaharienne. Les épidémies dans ces deux régions sont semblables en ce que la transmission du virus est essentiellement hétérosexuelle, ce qui, selon les épidémiologistes, crée une épidémie plus généralisée. Les différences d'accès aux traitements dans chacune de ces régions soulignent la nécessité de faire plus pour distribuer les médicaments à ceux qui en ont besoin. En Afrique subsaharienne, seulement 17 % des personnes qui ont besoin d'une thérapie antirétrovirale la reçoivent. En Asie, ce taux est de 16 %. Dans les Caraïbes, et en Amérique centrale et du Sud, il est de 68 %. Traitements et services Pour améliorer la disponibilité des traitements et des services de prévention, il ne suffit pas d'expédier les médicaments adéquats aux malades. Il faut aussi tenir compte de complexes questions sociales et culturelles. Selon le docteur Anthony Fauci, de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses, « la stigmatisation et la discrimination associées au VIH/sida, ou parfois le refus des communautés, voire du gouvernement, d'admettre l'existence de la maladie, empêchent les individus de se soumettre à des tests de dépistage ou de rechercher un traitement médical ». Dans le magazine « Science » du 28 juillet, le Dr Fauci a rédigé un éditorial dans lequel il passe en revue les 25 années écoulées depuis la découverte du VIH et fait le bilan des obstacles qu'il reste à surmonter. « Dans de nombreuses cultures, les droits de la femme demeurent aléatoires. Dans le monde entier, des milliers de femmes et de jeunes filles sont injectées au VIH chaque jour dans des circonstances où refuser la relation sexuelle ou exiger l'utilisation d'un préservatif n'est pas possible pour des raisons culturelles, le manque d'indépendance financière, ou encore la menace de violence. » Malgré ces difficultés, les responsables américains de la santé publique ont annoncé que grâce aux efforts des États-Unis et de la communauté internationale, on avait réalisé des progrès au niveau de la distribution de médicaments et de la mise en œuvre de mesures de prévention. En l'espace de deux ans et demi, le nombre de personnes recevant un traitement antirétroviral a augmenté de 225 %. Le Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida, qui prévoit le décaissement de 15 milliards de dollars sur cinq ans pour aider 120 pays à lutter contre la pandémie, n'est pas étranger à cette évolution positive. Date de rédaction:
14 août 2006 Mise à jour:
14 août 2006
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