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Actualités de Washington
  

Le Conseil de sécurité adopte à l'unanimité une résolution sur le Liban

Mme Rice considère que cette résolution constitue « un premier bon pas » dans la bonne voie.

Mme Rice lors du vote sur le Liban au Conseil de sécurité
Vote de Mme Condoleezza Rice sur un projet de résolution du Conseil de sécurité, le 11 août à New York. (© AP/WWP)

Par Judy Aita
Rédactrice du Washington File

New York (Nations unies) - Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité, le 11 août, une résolution par laquelle il « lance un appel » en faveur d'une cessation immédiate des hostilités entre le Hezbollah et Israël et autorise l'élargissement de la force de maintien de la paix de l'ONU en vue d'aider l'armée libanaise à exercer son contrôle sur le sud du Liban au fur et à mesure qu'Israël retirera ses forces armées.

Le Conseil de sécurité décrète également un embargo sur toutes les livraisons d'armes destinées au Liban à l'exception de celles autorisées par le gouvernement libanais.

Le premier ministre libanais, M. Fouad Siniora, a déclaré, le 12 août, que son gouvernement, qui comprend deux ministres membres du Hezbollah, avait accepté à l'unanimité cette résolution. Le gouvernement israélien l'a également acceptée le 13 août.

Dans une déclaration diffusée à Crawford (Texas) où il était en vacances, le président Bush s'est félicité de l'adoption de la résolution du Conseil de sécurité. « La mort de victimes innocentes tant au Liban qu'en Israël constitue une grande tragédie, a-t-il dit. Le Hezbollah et ses commanditaires iraniens et syriens ont apporté une guerre non désirée au peuple libanais et à Israël, et des millions de personnes en ont subi les conséquences. Maintenant, je demande instamment à la communauté internationale de passer des paroles à l'acte et de faire tous les efforts possibles pour apporter une paix durable à la région. »

Pour sa part, la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, a qualifié la résolution de « bon premier pas » pour faire cesser les hostilités et pour améliorer la situation politique « turbulente ».

À de nombreux égards, le dur travail de la diplomatie ne fait que commencer, a-t-elle dit au Conseil de sécurité avant l'adoption de la résolution le 11 août. « Si nous espérons que cette résolution entraînera la cessation des hostilités de grande ampleur, personne ne doit compter sur la fin immédiate de tous les actes de violence.

« Les conditions d'une paix durable doivent être favorisées au fil du temps, avec la bonne volonté des gouvernements libanais et israélien et avec le soutien durable de la communauté internationale. »

Avec sa résolution, le Conseil de sécurité tente de mettre fin immédiatement aux hostilités qui ont causé la mort de plus d'un millier de personnes et le déplacement d'un million d'autres. Il établit une série de mesures menant à un cessez-le-feu permanent et à une solution durable. L'un des points les plus difficiles à régler lors de la rédaction de la résolution a été de trouver le moyen d'empêcher le Hezbollah de s'infiltrer de nouveau dans le sud du Liban après le retrait des forces israéliennes.

Le secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, a déclaré qu'il comptait œuvrer de concert avec les deux parties au conflit pour fixer la date et l'heure où la cessation des hostilités aurait lieu.

Le Conseil de sécurité a prié le secrétaire général de lui rendre compte, dans une semaine au plus tard, de l'exécution de la résolution.

La tâche la plus pressante, a dit Mme Rice, « est d'aider les milliers de personnes déplacées au Liban à rentrer dans leurs foyers et à reprendre une vie normale. La reconstruction du Liban sera effectuée par le gouvernement libanais, mais elle exigera la générosité de toute la communauté internationale. » Les États-Unis vont augmenter leur aide immédiate au Liban pour la porter à 50 millions de dollars.

La secrétaire d'État a demandé aux autres pays de cesser de s'ingérer dans les affaires du Liban et elle a invité tous les pays, « en particulier l'Iran et la Syrie, à respecter la souveraineté du Liban et la volonté de la communauté internationale » en ce qui concerne l'embargo sur toutes les livraisons d'armes effectuées sans l'autorisation du gouvernement libanais.

Le Hezbollah et ses commanditaires, a-t-elle dit, ont causé la dévastation du Liban et entraîné les Libanais dans une guerre qu'ils n'avaient pas décidée tout en se servant d'eux comme boucliers humains.

« La population du Moyen-Orient vit depuis trop longtemps sous le joug des extrémistes. Il est temps de créer un avenir plus prometteur, et la présente résolution nous montre la voie à suivre.

« Maintenant, la communauté internationale a la responsabilité solennelle d'aider les Libanais et les Israéliens à transformer cette tragédie en une occasion de surmonter les anciennes habitudes de violence et à poser les nouveaux fondements d'une paix stable et durable. »

Dans sa résolution, le Conseil de sécurité « lance un appel en faveur d'une cessation totale des hostilités fondée, en particulier, sur la cessation immédiate par le Hezbollah de toutes les attaques et la cessation immédiate par Israël de toutes les offensives militaires ». Il demande à Israël de retirer ses forces du sud du Liban « en parallèle » avec le déploiement dans cette zone de 15.000 soldats libanais accompagné de celui de 15.000 casques bleus qui feront partie de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) après son renforcement.

Le gouvernement libanais doit exercer son autorité sur le sud du pays de sorte qu'aucune arme ne s'y trouve sans consentement et qu'aucune autorité ne s'y exerce autre que la sienne.

L'engagement du premier ministre libanais, M. Fouad Siniora, à déployer 15.000 soldats libanais dans le sud du pays a été un facteur déterminant dans les négociations qui ont abouti à un accord après des journées de travail intense consacrées à la rédaction du texte en 19 points de la résolution.

Dans ce texte, le Conseil de sécurité souligne l'importance de mettre fin à la violence et également de « remédier d'urgence aux causes qui ont donné naissance à la crise actuelle, notamment en obtenant la libération inconditionnelle des soldats israéliens enlevés ». Il encourage les efforts visant à régler d'urgence la question des prisonniers libanais détenus en Israël, mais ne préconise pas explicitement un échange de prisonniers.

Lors de l'interview qu'elle a accordée à la chaîne de télévision CNN peu de temps après l'adoption de la résolution, Mme Rice a déclaré : « La libération des prisonniers israéliens devrait être inconditionnelle. Cela est précisé dans de nombreux documents, dont la nouvelle résolution. La question des prisonniers libanais est délicate. Toutefois, je tiens à dire clairement qu'il n'y a pas de lien entre ces deux questions et que la résolution n'envisage même pas d'échange de prisonniers. »

La FINUL, dont les effectifs seront accrus et le matériel amélioré, non seulement surveillera la cessation des hostilités et apportera un soutien à l'armée libanaise, mais aussi veillera à ce que l'aide humanitaire parvienne à la population civile et à ce que les personnes déplacées puissent rentrer en toute sécurité dans leurs foyers.

Dans sa résolution, le Conseil de sécurité « autorise la FINUL à prendre toutes les mesures nécessaires dans les secteurs où ses forces sont déployées et, quand elle le juge possible dans les limites de ses capacités, de veiller à ce que son théâtre d'opération ne soit pas utilisé pour des activités hostiles de quelque nature que ce soit, de résister aux tentatives visant à l'empêcher par la force de s'acquitter de ses obligations » dans le cadre de son mandat. Il décide de proroger d'un an ce mandat.

Un cessez-le-feu permanent et une solution durable se fonderont sur les principes et éléments suivants : le strict respect de la Ligne bleue, l'adoption d'un dispositif de sécurité qui empêche la reprise des hostilités, l'établissement d'une zone d'exclusion, entre la Ligne bleue et le fleuve Litani, « de tous personnels armés, biens et armes autres que ceux du gouvernement libanais et des forces de la FINUL », le désarmement de tous les groupes armés au Liban et « la communication à l'ONU des cartes des mines terrestres posées au Liban encore en la possession d'Israël ».

Le secrétaire général de l'ONU doit présenter dans les trente jours des propositions pour mettre en œuvre les dispositions pertinentes des accords de Taëf et des résolutions 1559 (2004) et 1680 (2006), notamment celles relatives au désarmement des milices et à la délimitation des frontières internationales du Liban, y compris dans la zone des fermes de Chebaa.

Le Conseil de sécurité a indiqué son intention d'adopter une seconde résolution comprenant des mesures visant à garantir que le cessez-le-feu sera bien permanent, a précisé Mme Rice.

Tout en se félicitant de l'adoption de la résolution, le secrétaire général, M. Kofi Annan, a critiqué le Conseil de sécurité pour ne pas avoir lancé beaucoup plus tôt un appel en faveur de la cessation immédiate des hostilités. « Je suis convaincu, a-t-il dit, que ma déception et mon sentiment de frustration sont partagés par des centaines de millions de personnes à travers le monde. »

Lors de l'interview qu'elle a accordée à la chaîne de télévision Fox, Mme Rice a déclaré à ce propos : « Nous avons toujours voulu que cela arrive aussi vite que possible, mais les conditions nécessaires devaient être réunies pour que l'on n'ait pas de nouveau, de l'autre côté de la Ligne bleue, un État dans l'État qui attaque Israël et qui plonge la région dans le chaos. »

Pour sa part, le ministre qatarien des affaires étrangères, M. Hamad bin Jassem Al Thani, a indiqué que les pays arabes comptaient soumettre une demande au Conseil de sécurité pour que les ministres des affaires étrangères des États membres de ce conseil se réunissent en septembre en vue d'élaborer un nouveau plan régional de paix.

Rédigée par les États-Unis et par la France, la nouvelle résolution a été aussi parrainée par le Danemark, le Ghana, la Grèce, le Royaume-Uni et la Slovaquie. Outre la secrétaire d'État américaine, Mme Rice, les ministres des affaires étrangères de la France, du Danemark, du Ghana, de la Grèce, du Qatar et du Royaume-Uni ont assisté à la réunion du Conseil de sécurité.


Date de rédaction: 14 août 2006 Mise à jour: 14 août 2006

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