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Actualités de Washington
  

Les Irakiens doivent rejeter la violence sectaire, affirme un général américain

Sunnites et chiites devront s'entendre pour reconstruire leur pays, déclare le chef de l'état-major.

des soldats irakiens au sud de Bagdad
Des soldats irakiens de la 6e division de l'armée de terre marchent en rangs serrés, au sud de Bagdad, le 14 août 2006. (© AP/WWP)

Par David McKeeby
Rédacteur du Washington File

Washington - Les Irakiens doivent d'une voix unanime rejeter la violence sectaire, a affirmé le général des marines Peter Pace, chef de l'état-major interarmées des États-Unis.

« Il faudra que les chiites et les sunnites aiment leurs enfants plus qu'ils ne se détestent entre eux. C'est alors qu'ils pourront reconstruire leur pays », a déclaré le général Pace à la presse le 11 août, alors qu'il se rendait en Irak aux fins d'entretiens avec les commandants militaires et les soldats de la coalition affectés à Bagdad, à Falloudja et à Mossoul où s'entre-déchirent des éléments de la majorité musulmane chiite et de la minorité sunnite.

L'impératif de la paix entre les sectes

À Bagdad, la violence sectaire a largement éclipsé les actions des insurgés et des combattants étrangers, dont certains cherchent à favoriser leurs objectifs en exécutant des attentats d'apparence sectaire de façon à semer encore davantage la discorde entre les Irakiens, a indiqué le général.

La violence se concentre toujours à Bagdad et dans ses environs, où les forces irakiennes et celles de la coalition ont renforcé la sécurité au cours des dernières semaines. Dans la capitale irakienne, ces forces ont mis en place un dispositif élaboré de patrouilles, de points de contrôle et de fouilles en vue de démasquer les éléments extrémistes, tout en collaborant avec les autorités locales à la mise au point de projets destinés à rétablir les services de base et à redonner de l'espoir à la population.

Dans l'ensemble du pays, les forces irakiennes ne cessent de s'étoffer et commencent à prendre en charge la défense de leur territoire, a poursuivi le général Pace. À ce jour, 277.600 membres des forces irakiennes sont « formés et équipés », et ce chiffre passera à quelque 325.000 d'ici à la fin de l'année.

Bien que les attaques persistent à Bagdad, le niveau général de violence y a quand même diminué, a-t-il dit. L'objectif actuel est de stabiliser la situation d'ici au ramadan, le mois de jeûne traditionnel des musulmans, qui débute cette année le 24 septembre.

Au milieu de toutes ces difficultés, le général Pace perçoit des signes d'espoir : « En dépit de la violence, la population irakienne nous livre des renseignements à raison de 4.000 à 5.000 par mois. L'armée irakienne assume ses responsabilités, elle subit des pertes trois ou quatre fois supérieures à celles de la coalition. La population doit parvenir à la conclusion fondamentale qu'elle en a assez. »

La clé de l'apaisement des violences sectaires, selon lui, sera l'efficacité du soutien que l'on aura apporté aux Irakiens alors qu'ils chercheront à se doter d'institutions solides à l'échelle tant nationale que locale, à améliorer l'infrastructure et à créer les conditions qui permettront à la population de s'unir pour rejeter l'option de l'assassinat et de l'enlèvement.

L'avenir de l'Irak est entre les mains des Irakiens

Par ailleurs, le 13 août, au campement des marines à Falloudja, le général Richard Zilmer a déclaré que la mission des forces de la coalition consistait à assurer la sécurité à court terme et à former les soldats irakiens, et que l'avenir de l'Irak était entre les mains des Irakiens.

Le général Zilmer commande les forces de la coalition dans la province d'Al-Anbar où, a-t-il affirmé, les relations entre ces dernières et les 1,4 million d'habitants s'améliorent, particulièrement dans Ramadi, le chef-lieu, et dans les villes de Falloudja et de Qaim. Mais plusieurs problèmes sérieux demeurent et il incombera aux Irakiens de les régler.

Le plus préoccupant de ces problèmes a trait à la présence tenace des insurgés, en particulier à Ramadi. Les forces irakiennes, appuyées par la coalition, commencent à pénétrer dans des quartiers de cette ville où elles ne s'aventuraient pas auparavant, libérant sur leur passage des hôpitaux et des écoles que les rebelles employaient comme lieux de rassemblement pour la préparation d'attentats terroristes.

Grâce aux efforts des équipes de transition militaire de la coalition et des unités de la coalition qui soutiennent les forces militaires irakiennes, on observe une « amélioration spectaculaire » de la compétence de ces dernières, a déclaré le général Zilmer. La formation des forces de police, en revanche, laisse à désirer. « En fin de compte, la capacité de la police d'assurer la sécurité locale sera un élément crucial de la réussite dans cette province. »

L'Iran continue d'attiser la violence en Irak

Également à Falloudja, le 13 août, le général Pace a déclaré à un groupe d'officiers américains que l'Irak devait en outre faire face à l'ingérence continue de l'Iran.

L'Iran, a-t-il dit, livre une guerre par forces interposées contre l'Irak et les États-Unis en soutenant des éléments militants à l'intérieur du territoire irakien. Ses tactiques sont semblables à celles qu'il emploie avec le Hezbollah depuis quelque temps pour frapper Israël à partir du sud du Liban. Les États-Unis ne cesseront de s'unir au reste de la communauté internationale pour dénoncer les agissements du régime iranien.

« Nous pouvons recourir avec force à la diplomatie, à la pression internationale, au dialogue international avec le gouvernement irakien pour lui faire comprendre que nous n'apprécions pas ce qu'il fait », a déclaré le chef de l'état-major américain.


Date de rédaction: 16 août 2006 Mise à jour: 16 août 2006

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