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La traite des personnes est une forme extrême d'esclavageRésumé des propos de deux responsables de l'USAIDPar Kathryn McConnell Washington - On estime le revenu tiré chaque année de la traite des personnes dans le monde à huit milliards de dollars. Selon Kent Hill, haut responsable des questions de santé à l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), ces revenus sordides sont le fruit de « la forme la plus extrême d'esclavage ». La traite des êtres humains est la troisième activité commerciale illégale dans le monde, derrière le trafic des stupéfiants et celui des armes, a ajouté Lynn Sauls, une autre responsable de l'USAID, lors d'une réunion tenue à Washington le 10 août dans le but d'attirer l'attention sur la traite de 600.000 à 800.000 femmes, hommes et enfants chaque année, selon les estimations. La traite des personnes est l'un des problèmes les plus importants de notre temps, a affirmé M. Hill. La traite, qu'il a qualifiée de « vente de la dignité humaine », serait « inconcevable sans la demande » de prostituées et de main-d'œuvre bon marché dans les pays riches, a-t-il ajouté. Il a réfuté les arguments avancés par ceux qui affirment que la prostitution dans les pays développés et le « tourisme du sexe » diminueraient si les gouvernements légalisaient ces activités. Des « preuves irréfutables » indiquent que les victimes de la traite, dont nombre sont trompées par des trafiquants leur faisant miroiter un emploi et une « nouvelle vie » dans un autre pays, préféreraient être impliquées dans d'autres activités pour se sortir de la pauvreté, a dit M. Hill. Selon un rapport de l'USAID publié en mars et intitulé : « Trafficking in Persons : USAID Response », les États-Unis soutiennent depuis 2001 des activités de lutte contre la traite des personnes dans plus de 70 pays par des programmes adaptés aux conditions locales. En 2005, les États-Unis ont consacré plus de 21,3 millions de dollars à l'appui d'activités de lutte contre la traite des personnes, notamment afin d'amener le public à prendre conscience du problème et d'aider les victimes à se réintégrer dans la société et à trouver des emplois. Selon le rapport, cette somme a été ventilée comme suit : Europe et Eurasie, 7,86 millions ; Amérique latine et Caraïbes, 7,58 millions ; Asie et Proche-Orient, 3,4 millions ; Afrique, 2,2 millions de dollars. Selon Mme Saul, les initiatives de l'USAID contre la traite des êtres humains ont été bien accueillies par les gouvernements locaux. Certaines juridictions ont signé des accords avec les États-Unis par lesquels elles s'engagent à aider les victimes à retourner chez elles en sécurité et à recevoir une formation professionnelle. Selon un autre rapport portant sur la stratégie mise en œuvre par l'USAID pour lutter contre la traite, ces mesures comprennent l'aide aux réfugiés, la promotion de l'éducation des filles, et des activités visant à réduire la violence contre les femmes et à promouvoir leurs droits. Certaines initiatives consistent également à demander à des hommes de transmettre des messages contre la traite des personnes au sein de leur communauté. L'aide des États-Unis permet également de financer des ateliers de formation à la lutte contre la traite des personnes pour les forces de l'ordre et les responsables du judiciaire. Si l'industrie du sexe est une cause sous-jacente d'un segment considérable de la traite des êtres humains, d'autres victimes sont souvent vendues en esclavage comme opérateurs de fours à briques, ouvriers de rizeries, bonnes, enfants-soldats et jockeys pour les courses de chameaux, a dit Mme Sauls. En janvier dernier, le président Bush a promulgué une loi reconduisant le financement des mesures de lutte contre la traite des personnes qui avaient été prises en 2000. En vertu de cette loi, 361 millions de dollars devraient être consacrés, au cours des deux prochaines années, à la lutte contre la traite et à la protection des victimes. Date de rédaction:
16 août 2006 Mise à jour:
16 août 2006
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