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Actualités de Washington
  

La stratégie de prévention du sida au Kenya

Article du Dr Ibrahim Mohammed et du Dr Mark Dybul

clinique de prévention de la transmission du sida de la mère à lenfant au Kenya
La prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant est l'un des éléments de la stratégie employée au Kenya. (Photo USAID)

L'article ci-dessous, corédigé par le Dr Ibrahim Mohammed, directeur du Programme national kényan de lutte contre le VIH/sida et les maladies sexuellement transmissibles, et le Dr Mark Dybul, coordonnateur, pour les États-Unis, de la lutte mondiale contre le sida, a paru dans le Toronto Star du 16 août. Il fait partie du domaine public.

Le Kenya fait la guerre au sida
Dr Ibrahim Mohammed et Dr Mark Dybul

Les difficultés auxquelles se heurte la prévention du VIH/sida dans le monde en développement sont effarantes. Pour stopper la marée montante de l'infection, nous avons besoin d'une politique de santé publique respectueuse des gens qu'elle sert afin qu'ils puissent prendre leurs propres décisions.

La stratégie du gouvernement kényan contre le VIH/sida consiste à mettre en avant les trois principes suivants : continence, fidélité et utilisation correcte et régulière des préservatifs. Ces trois aspects de la lutte contre le VIH/sida ont prouvé leur efficacité, et les États-Unis, par le biais du Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida, soutiennent la stratégie de prévention du Kenya.

Dans une grande partie de l'Afrique, le VIH/sida est une épidémie généralisée qui affecte tous les groupes d'âges et toutes les classes sociales.

Pour combattre une épidémie généralisée, une méthode globale est nécessaire.

Les preuves sont claires - dans une telle épidémie, les trois éléments abstinence, fidélité et préservatifs sont nécessaires. Dans des épidémies concentrées, comme en Thaïlande et au Brésil, par exemple, des approches plus ciblées peuvent être efficaces.

Le ministère kényan de la santé estime que la prévalence du VIH a considérablement baissé de 1998 à 2003. Si les causes de ce phénomène sont complexes, les données indiquent les faits suivants :

- Augmentation de la fidélité des hommes : parmi les hommes âgés de 20 à 24 ans, le pourcentage de ceux qui affirment avoir plus d'une partenaire sexuelle a chuté, passant de 35 à 18 %.

- Recul de l'âge des premiers rapports sexuels : chez les femmes, l'âge médian du premier rapport sexuel est passé de 16,7 à 17,8 ans.

- Des niveaux élevés d'abstinence primaire et secondaire (c'est-à-dire des personnes qui étaient sexuellement actives mais qui ont pratiqué l'abstinence pendant au moins un an) chez les adolescents des deux sexes.

- Augmentation de l'utilisation de préservatifs par les femmes se livrant à des activités risquées.

Une étude publiée cette année par la revue « Science » faisait état d'une semblable tendance à la baisse du taux de prévalence du VIH au Zimbabwe résultant de la modification des comportements sexuels.

Comme l'a dit le Dr Peter Piot, directeur de l'ONUSIDA : « La baisse de la prévalence du VIH s'explique par des changements de comportement, notamment l'utilisation accrue de préservatifs, le retard des premiers rapports sexuels et la diminution du nombre de partenaires sexuels. »

En d'autres termes, des comportements associés aux principes « Continence, Fidélité, Préservatifs ».

D'ailleurs, des données d'autres pays, notamment l'Éthiopie, l'Ouganda, la Zambie, le Malawi et l'Afrique du Sud, confirment que ces principes constituent une bonne politique de santé publique.

Ces principes respectent également les cultures locales - ils ont en effet été formulés en Afrique, et non en Amérique du Nord - et constituent une politique respectueuse des gens.

Concentrer ces programmes sur un seul de ces principes serait dangereux et méprisant, car cela semblerait insinuer que des gens intelligents qui se préoccupent d'eux-mêmes et de leur famille sont incapables de prendre des décisions rationnelles.

La campagne « Continence, fidélité et préservatifs » fournit des données concrètes afin que les gens puissent décider comment se protéger : le seul moyen complètement efficace d'échapper au VIH est de s'abstenir ou d'être fidèle à un partenaire séronégatif. L'utilisation correcte et régulière des préservatifs réduit les risques d'infection de près de 90 %.

Ceux qui, sachant cela, ont un comportement à risque, doivent avoir facilement accès à des préservatifs.

La politique kényane met en avant le bon sens et une conception de la santé publique fondée sur les trois principes énoncés plus haut. C'est une politique que les États-Unis soutiennent dans le monde entier.

Cependant, dans des épidémies généralisées, des interventions supplémentaires sont nécessaires.

Ainsi, la stratégie kényane comprend des programmes visant à minimiser l'inégalité entre les sexes qui empêche souvent les femmes d'avoir leur mot à dire en matière d'abstinence, de fidélité et d'utilisation de préservatifs.

Le Kenya augmente également les conseils offerts au sujet du VIH et les tests de dépistage du virus, afin de s'assurer que les couples séronégatifs restent fidèles et que les couples dans lesquels l'un des partenaires est séropositif reçoivent des conseils et des préservatifs.

Au-delà de la transmission sexuelle, le Kenya se concentre sur la prévention du virus de la mère à l'enfant, sur la sécurité des banques du sang et sur la protection du personnel médical lors d'injections, entre autres.

Les États-Unis soutiennent cette façon globale d'aborder la prévention dans des situations d'épidémie généralisée non seulement au Kenya, mais dans de nombreux autres pays.

Traiter les gens avec respect en leur offrant des conseils et des services constitue une bonne politique de santé publique. Cela renforce les valeurs démocratiques de responsabilité personnelle et conduit à des comportements plus sains.

Les gouvernements du Kenya et des États-Unis, de concert avec des partenaires de la société civile, demeurent résolus à fournir aux populations les informations et les outils dont elles ont besoin pour se protéger du VIH.

Comme le montre le Kenya, seule une conception globale de la santé publique permettra de stopper la propagation du VIH/sida.

Pour de plus amples informations, veuillez consulter le site Web du coordonnateur de la lutte mondiale contre le sida. Vous pouvez également le contacter par téléphone au (202) 663-2802 ou par courriel à PughKA@state.gov.

Le Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida est le plus vaste engagement jamais pris par un pays dans le domaine de la santé, puisque 15 milliards de dollars seront consacrés sur cinq ans à la lutte contre cette maladie dans plus de 120 pays.

(Le Dr Ibrahim Mohammed est directeur du Programme national kényan de lutte contre le VIH/sida et les maladies sexuellement transmissibles, et le Dr Mark Dybul est le coordonnateur, pour les États-Unis, de la lutte mondiale contre le sida.)


Date de rédaction: 17 août 2006 Mise à jour: 17 août 2006

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