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Actualités de Washington
  

Les É.-U. envisagent une autre résolution de l'ONU pour désarmer le Hezbollah

M. Bush affirme que le déploiement de forces internationales au Liban est urgent.

Le président George W. Bush
Le président des États-Unis, M. George W. Bush. (© AP/WWP)

Par Judy Aita
Correspondante du Washington File

Nations unies - Les États-Unis sont en train d'envisager l'adoption d'une résolution supplémentaire du Conseil de sécurité de l'ONU qui clarifierait le mandat des casques bleus au Liban et inclurait le désarmement du Hezbollah.

C'est ce qu'a affirmé le président George Bush lors d'une conférence de presse tenue à Washington le 21 août. Il a ajouté que le déploiement d'une force internationale renforcée au Liban était urgent.

Cette force contribuera à assurer le respect du cessez-le-feu, à aider l'armée libanaise à sécuriser les frontières du pays, à empêcher le Hezbollah de se comporter comme un État dans l'État, et à donner aux personnes déplacées, tant libanaises qu'israéliennes, la confiance de rentrer chez elles.

« Une force internationale suppose un engagement international. La communauté internationale doit maintenant désigner le commandement de cette nouvelle force internationale, lui donner de fermes règles d'engagement et la déployer le plus rapidement possible afin d'assurer la paix. »

Les États-Unis vont fournir un appui logistique, ainsi que des capacités de commandement, de contrôle, de renseignement et de communication. Ils ont l'intention de coopérer avec la force internationale, lorsqu'elle sera déployée, de façon à garantir le succès de sa mission.

Comme on lui demandait si les États-Unis allaient exiger que les casques bleus désarment le Hezbollah, M. Bush a répondu : « Il y aura une autre résolution des Nations unies qui fournira des instructions supplémentaires sur la force internationale. »

En vertu de la résolution 1701, que le Conseil de sécurité a adoptée le 11 août dernier, les effectifs de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) doivent passer de 2.000 à 15.000 troupes.

Des démarches énergiques sont entreprises pour déployer rapidement des casques bleus afin de cimenter le fragile cessez-le-feu dans le sud du Liban. Des responsables de l'ONU se sont entretenus avec plus de 70 pays susceptibles de fournir des troupes pour leur préciser les règles d'engagement afin de tenter de déployer de 3.500 à 7.000 hommes sur le terrain d'ici au 28 août.

Le porte-parole de l'ONU, M. Stéphane Dujarric, a déclaré que le secrétaire général Kofi Annan était persuadé qu'il obtiendrait les troupes nécessaires. « Il doit frapper à plusieurs portes, mais il reste confiant. »

Le désarmement du Hezbollah, clé de la paix au Liban

Le représentant permanent des États-Unis à l'ONU, M. John Bolton, a déclaré : « Nous ne devons pas perdre de vue notre objectif, qui est que les efforts combinés du gouvernement libanais et de la FINUL au Sud-Liban doivent permettre au gouvernement d'Israël de se retirer » sans que le Hezbollah ait la possibilité de se réimplanter.

« Tant que des combattants du Hezbollah demeureront armés dans le sud du pays - que leurs armes soient visibles ou cachées sous des matelas -, la force de maintien de la paix (...) sera vulnérable. »

Les pays qui décident d'envoyer des soldats dans une situation si dangereuse veulent savoir que leurs troupes auront le maximum de possibilités de se défendre, a ajouté M. Bolton.

« Il n'y pas moyen de contourner le désarmement du Hezbollah. Si la question n'est pas réglée dans la première résolution (1701), cela devrait arriver prochainement. »

La résolution 1701 précise en effet que le Conseil envisagera des modifications et des améliorations de la FINUL renforcée. « La question du Hezbollah est donc à l'ordre du jour, mais aucun calendrier n'a été établi. »

M. Bolton a ajouté qu'il ne voyait aucune raison pour laquelle la négociation d'une deuxième résolution devrait bloquer le déploiement de la FINUL.

La « feuille de route » pour le Liban est la complète application de la résolution 1559, qui exige le désarmement de toutes les milices au Liban. « Si la résolution 1559 avait été complètement respectée, nous n'en serions pas là aujourd'hui. Et c'est pourquoi (...) empêcher le réapprovisionnement du Hezbollah est si important. »

Le 18 août, le secrétaire général adjoint de l'ONU, M. Mark Malloch Brown, a déclaré que l'Indonésie, la Malaisie, le Bangladesh et le Népal avaient proposé de déployer des troupes. Il a cependant lancé un appel à l'Europe, lui demandant de fournir des troupes pour le déploiement initial afin que la FINUL ait un caractère « multinational et multilatéral » susceptible d'inspirer la confiance des deux côtés.

M. Dujarric a précisé que les responsables de l'ONU avaient établi les règles d'engagement en fonction de la résolution 1701 du Conseil de sécurité.

La FINUL ne sera pas une force offensive. Elle sera là pour veiller au respect d'un accord politique. Elle aura toutefois le droit « de recourir à la force si des combattants résistent par la violence aux ordres de déposer les armes ».


Date de rédaction: 22 août 2006 Mise à jour: 22 août 2006

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