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Actualités de Washington
  

Les É.-U. contribuent à la détection des tsunamis dans l'océan Indien

Une première balise de détection sera mise en place en décembre.

Par Cheryl Pellerin
Rédactrice du Washington File

(Nous donnons ci-dessous la première partie d'un grand article que nous consacrons aux contributions des États-Unis au système d'alerte aux tsunamis dans l'océan Indien.)

Washington - L'Administration nationale des études océaniques et atmosphériques (NOAA) va déployer en décembre prochain une première balise de détection des tsunamis dans l'océan Indien.

Une seconde balise devrait être placée en avril 2007.

Ces balises sont les premières d'un réseau qui devrait en comprendre de 15 à 18 et qui a été conçu par Eddie Bernard, directeur du Pacific Marine Environmental Laboratory de la NOAA à Seattle (Washington), comme partie intégrante d'un système complet d'alerte précoce dans l'océan Indien.

Ce réseau, approuvé en août 2005 lors de la première réunion de la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l'UNESCO en Australie, est fondé sur une étude des tsunamis dans la région de 1700 à aujourd'hui.

Ces deux balises font partie des 16,6 millions de dollars et de l'expertise que les États-Unis apportent à la mise au point du Système d'alerte aux tsunamis et d'atténuation de leurs effets dans l'océan Indien (IOIWS).

Une fois que ces balises seront en place, la NOAA coopérera avec les gouvernements de la Thaïlande et de l'Indonésie pour leur entretien.

« C'est une étape fondamentale », a dit Curt Barrett, directeur du projet sur l'océan Indien à la NOAA, « parce que nous faisons tout pour nous assurer que le système est bien en place et qu'il fonctionne de bout en bout - c'est-à-dire que les données fournies par les balises sont transmises aux satellites et ensuite au Système mondial de télécommunications (SMT) qui relie les 27 pays de la région. »

Le SMT est un réseau mondial de transmission de données météorologiques recueillies par les stations météorologiques, les satellites et les centres de prévision météorologique qui a été modifié, avec l'aide de la NOAA et de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), de façon à transmettre des informations relatives aux tsunamis à tous les pays participants.

Un système complet

Un système complet commence par la détection et la prévision du danger au moyen de balises et de marégraphes.

Ensuite, des experts évaluent la menace et envoient des alertes à chaque région affectée. Les experts de ces régions ou de ces pays décident alors si la menace est suffisamment grave pour alerter le public par divers moyens, notamment des sirènes, des courriels et des messages diffusés sur les téléphones portables.

Enfin, dans les collectivités bien préparées à ce genre de situations, les routes d'évacuation sont clairement signalées et les gens savent ce qu'il faut faire pour sauver leur vie et leurs biens.

« Le concept d'un système complet est essentiel », a affirmé M. Barrett. « Les balises n'ont aucune utilité si l'information n'est pas transmise aux gens qui doivent prendre la décision d'évacuer. »

Le 17 juillet, l'échec d'un système d'alerte aux tsunamis a entraîné la mort de 650 personnes. Ce jour là, à 15h19, il y a eu un tremblement de terre d'une magnitude de 7,7 à 240 kilomètres de la côte sud de Java (Indonésie), ce qui a envoyé une onde de deux mètres de haut sur la station balnéaire de Pangadaran et ses alentours.

En l'espace de 15 minutes, le Centre d'alerte aux tsunamis dans le Pacifique de la NOAA à Hawaï publiait un bulletin d'alerte au sujet du tremblement de terre et de répercussions possibles sous forme de tsunamis en Australie et en Indonésie.

Un second bulletin indiquait que les données transmises par les marégraphes indiquaient qu'un tsunami s'était formé et que les médias avaient fait état de dommages causés localement par un tsunami. L'Agence météorologique japonaise publiait également des alertes aux tsunamis.

Les responsables indonésiens ont bien reçu ces informations, mais ils n'avaient pas encore installé de système d'alerte sur les plages de Java, l'île la plus peuplée du pays. Ils n'ont donc pas pu alerter les vacanciers et les habitants.

« Des sirènes sont un élément important de tout système complet », a dit Walter Mooney, un sismologue du Geological Survey des États-Unis (USGS), « et le gouvernement indonésien se propose d'en installer. »

Construire des capacités

MM. Mooney et Barrett sont deux des nombreux scientifiques et experts de la NOAA, de l'USGS et d'autres agences des États-Unis qui sont à pied d'œuvre en Indonésie, en Thaïlande, en Inde, au Sri Lanka et aux Maldives pour créer des capacités nationales et locales dans toutes les zones liées à un système complet d'alerte aux tsunamis.

M. Mooney a séjourné à Djakarta du 10 au 17 mai pour former, avec d'autres scientifiques du gouvernement des États-Unis, 48 géophysiciens indonésiens aux concepts élémentaires de la sismologie et leur donner l'occasion d'acquérir de l'expérience en manipulant des stations sismiques. Grâce à la collaboration de l'Indonésie, des États-Unis, de l'Allemagne, du Japon et de la Chine, de 50 à 60 stations sismiques sont en cours d'installation dans le pays.

« L'Indonésie est un pays à la forme très allongée, et quasiment l'ensemble de son territoire est menacé par les tsunamis. Les stations sont donc réparties sur 4.500 kilomètres. Cela fait qu'en gros, il y a un sismographe tous les 100 kilomètres. Cela devrait suffire. »

Un atelier régional de formation sera organisé par l'USGS du 22 au 25 août. Il sera l'occasion pour des spécialistes de l'Indonésie, de la Thaïlande, de Sri Lanka et de la Malaisie de se familiariser avec la sismologie et les stations sismiques, et de prendre conscience de l'importance de l'échange des informations au niveau régional.

D'autres scientifiques enseignent l'histoire ancienne des tsunamis dans la région. Une équipe de l'USGS s'est rendue en Indonésie et en Thaïlande en juillet dernier afin d'aider à établir les tracés des tsunamis du passé et de calculer les risques futurs.

« Ce que nous voulons réellement savoir, c'est ce que l'avenir nous réserve, a dit M. Mooney. Une façon de le faire consiste à étudier les preuves géologiques du passage de tsunamis et de mesurer leur ampleur, et à établir la fréquence de ces phénomènes. »


Date de rédaction: 22 août 2006 Mise à jour: 22 août 2006

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