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Les États-Unis ne doivent pas se désintéresser de l'AfriquePropos d'un général américain chargé des opérations sur ce continent
L'article qui suit a été publié sur le site d'Internet du ministère de la défense par le Service d'information des forces américaines. Il peut être reproduit librement. Washington - Si les États-Unis se désintéressaient de l'Afrique, ce serait à leurs risques et périls, a déclaré le général du Corps de Marines, James Jones, responsable des opérations militaires sur le continent, à l'occasion d'une interview accordée le 17 août. Commandant suprême des forces alliées en Europe et commandant des forces américaines en Europe, le général Jones a expliqué que l'Afrique était « une réalité qu'il ne fallait pas ignorer », un géant économique potentiel où les États-unis devaient rester engagés. À l'exception de l'Égypte, du Soudan, du Kenya et des pays de la Corne de l'Afrique, le continent africain tombe sous la responsabilité du commandement des forces américaines en Europe. Les responsables de ce commandement consacrent près de 70 % de leur temps à des questions africaines, a précisé le général Jones, ajoutant : « Nous avons des relations de travail avec de nouveaux amis et alliés pour ce qui est de la guerre contre le terrorisme. » Selon lui, la stratégie d'engagement ne rencontre aucun problème en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne. « Nous sommes évidemment inquiets à propos de ce qui se passe dans le Golfe de Guinée, et nous préparons nos opérations pour que notre présence ait un but dans la région. Nous devons aider les Africains à s'aider eux-mêmes », a-t-il dit. L'Afrique, a-t-il indiqué, est en proie à de nombreuses difficultés. La piraterie et le chantage au pétrole sont des motifs de préoccupation dans le Golfe de Guinée. Le tribalisme menace d'autres pays d'Afrique subsaharienne. Le sida est épidémique dans nombre de pays africains et l'analphabétisme est un fléau qui n'en épargne aucun. En outre, une faille sépare les musulmans et les Africains appartenant à d'autres religions. L'engagement des États-Unis en Afrique prend diverses formes. « À ce moment-même, nous avons un bâtiment, l'USNS Apache, à Freetown (Liberia) pour assainir le port. Il y a de nombreuses épaves de bateaux dans ce port qui est essentiel à l'économie du pays », a-t-il souligné. Dans d'autres pays, le commandement apporte son aide là où il peut en entreprenant des missions de formation ciblées auxquelles participe un petit nombre de forces spéciales. Il parraine notamment des examens médicaux et vétérinaires ainsi que des manœuvres auxquelles s'associent les militaires de la région. « Un engagement régulier en Afrique est la clé lorsqu'il s'agit de prévenir ou de contenir un conflit », a-t-il fait observer. L'Afrique compte de nombreuses démocraties fragiles. « Si vous regardez vraiment ce qui se passe en Afrique, il y a davantage de pays qui se sont lancés sur la voie de la démocratie que de pays qui s'en sont écartés (...) On ne peut encore être sûr de la voie définitive qu'ils prendront », a fait valoir le général, ajoutant que les États-Unis et leurs alliés devaient apporter leur aide pour qu'un changement intervienne au plan économique en Afrique afin que des millions de personnes aient de l'espoir, sinon « ces gens pourraient devenir la proie des recruteurs islamistes adeptes de la djihad ». Étant donné que les extrémistes exploitent le manque d'espoir, a fait remarquer le général Jones, « il n'est pas difficile pour un djihadiste ayant de l'argent de rallier quelqu'un à ses idées (...) Heureusement, nous pouvons encore influencer la voie qu'empruntera l'Afrique. » De l'avis du général, le corps expéditionnaire combiné pour la Corne de l'Afrique est l'histoire d'une réussite qui pourrait être reproduite dans d'autres régions d'Afrique. Un groupe semblable, a-t-il suggéré, qui travaillerait sur la côte ouest de l'Afrique pourrait aider à stabiliser la région. « Nous pourrions beaucoup aider par notre présence et assister ces pays en difficulté qui ne savent pas ce qui se passe sur leur territoire même », a-t-il déclaré, précisant que la création d'un tel groupe pourrait indiquer aux sociétés américaines qu'il serait judicieux pour elles d'investir dans de nombreuses régions d'Afrique. Les États-Unis ont la possibilité de faire du bien en Afrique, a affirmé le général. « C'est une partie du monde passionnante (...) Nous ne pouvons nous désintéresser de l'Afrique pour bien des raisons, notamment morales. C'est une région où nous pouvons faire valoir toutes ces bonnes choses que représentent les États-Unis », a-t-il conclu. Date de rédaction:
23 août 2006 Mise à jour:
23 août 2006
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