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Les États-Unis exhortent au déploiement de Casques bleus au DarfourIl faut que le Conseil de sécurité assume ses responsabilités, souligne M. John Bolton.
Par Judy Aita Nations unies - Réagissant aux informations faisant état d'une forte dégradation de la situation au Darfour (Soudan), le représentant permanent des États-Unis auprès de l'ONU, M. John Bolton, a indiqué, le 28 août, à la conclusion d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité portant sur le Darfour, qu'il s'efforçait d'obtenir que le Conseil de sécurité adopte, avant la fin du mois, une résolution autorisant le déploiement d'une importante opération de maintien de la paix de l'ONU dans la région et en fixe la date. Les États-Unis, a-t-il dit, ont fait beaucoup d'efforts, au plan diplomatique, pour atténuer les préoccupations soulevées par le Soudan et certains membres du Conseil de sécurité, mais « il arrive un moment où il faut bien prendre une décision et voter ». Selon une transcription de son allocution au Conseil de sécurité rendue publique après la réunion à huis clos, M. Bolton a fait valoir qu'il ne fallait plus perdre son temps en palabres, mais qu'il fallait agir. « Le moment est venu pour le Conseil de sécurité d'assumer ses responsabilités et d'adopter immédiatement une résolution (...) Avec chaque jour qui passe sans rien faire, nous enhardissons ceux qui veulent miner la paix fragile que nous avons obtenue au prix d'un dur labeur », a-t-il déclaré. Si les États-Unis insistent pour qu'une résolution soit adoptée, c'est parce qu'ils veulent montrer clairement que le Conseil de sécurité est déterminé à faire appliquer l'accord de paix sur le Darfour et qu'il s'attend à ce que le Soudan et toutes les parties impliquées fassent de même. « Nous l'avons dit sans ambiguïté : personne ne s'attend à ce que la force de l'ONU soit imposée de force au Darfour, mais d'attendre sans rien faire alors que l'accord de paix sur le Darfour s'affaiblit de plus en plus risque de rendre la situation encore plus explosive », a dit M. Bolton. Selon lui, adopter une résolution sur le Darfour alors que le Ghana est président du Conseil de sécurité serait la preuve de « la détermination du Conseil de sécurité lorsqu'il s'agit d'appuyer les efforts déjà faits par l'Union africaine pour faire en sorte que l'accord soit couronné de succès ». Le projet de résolution prévoit le déploiement au Darfour d'une mission de maintien de la paix comprenant une force militaire maximum de 17.300 hommes, une force de police civile de 3.300 et 16 unités de police en uniforme qui seraient sous le contrôle et le commandement de l'ONU. Le premier déploiement de soldats devrait se faire avant le 1er octobre. « Seule une force de l'ONU importante, mobile, à réaction rapide et robuste, dont le principal élément serait des soldats africains, peut légitimement protéger les civils et ce de façon crédible, garantir l'accès des secours humanitaires et faire pleinement respecter l'accord de paix sur le Darfour », a fait valoir M. Bolton. En attendant, l'ONU peut renforcer la mission de l'Union africaine actuellement sur le terrain afin de sauver des centaines de civils innocents. L'Union africaine a indiqué qu'elle n'était plus en mesure de poursuivre le déploiement de sa mission, forte de 7.000 hommes, et elle a consenti à ce que les Nations unies assument la responsabilité des opérations. Cependant, le président du Soudan, M. Omar al-Bashir, s'oppose toujours au déploiement d'une force de maintien de la paix de l'ONU et a annoncé qu'il prévoyait d'envoyer 10.000 soldats soudanais dans la région. Le Conseil de sécurité avait convoqué la réunion du 28 août s'attendant à parler avec l'Union africaine, la Ligue arabe et un haut responsable du gouvernement soudanais, mais personne n'y a représenté le Soudan, une lacune que M. Bolton a qualifiée de « décevante » et « visible ». Rendant compte au Conseil de sécurité de « conditions qui sont les pires que l'on ait vues depuis le printemps de 2004 », M. Jan Egeland, coordonnateur de l'ONU pour les secours humanitaires, a prévenu que l'aide pourrait bientôt être futile et que le moment était venir d'agir. « La situation au plan de la sécurité, de l'accès et des atrocités commises est la pire qu'on ait connue depuis 2004. Les choses ne peuvent continuer ainsi », a-t-il dit aux journalistes, ajoutant que nombre d'organismes humanitaires songent à quitter la région car ils ne peuvent garantir la sécurité de leur personnel et se sont tournés vers le Conseil de sécurité pour qu'il mette un terme à cette situation en prenant des mesures aux plans politique et de la sécurité. Pour lui, le plan du gouvernement soudanais de déployer des soldats au Darfour est « la recette d'une véritable catastrophe ». Date de rédaction:
29 août 2006 Mise à jour:
29 août 2006
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