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Actualités de Washington
  

Mme Frazer exhorte le président soudanais à accepter une force de l'ONU

L'entrevue de la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines des États-Unis avec le président soudanais à Khartoum.

Mme Jendayi Frazer
Mme Jendayi Frazer lors d'une séance récente d'une commission parlementaire sur l'Afrique. (file photo © AP Images)

Par Stephen Kaufman
Rédacteur du Washington File

Washington - La secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, a remis un message du président Bush au président soudanais, M. Omar Hassan el-Béchir, le 29 août à Khartoum et elle a exhorté le Soudan à accepter le renforcement de la force de maintien de la paix de l'Union africaine sous les auspices de l'Organisation des Nations unies.

« Nous pensons qu'il est important que le Soudan accepte cette force et qu'il applique l'accord de paix au Darfour », a déclaré à la presse le porte-parole adjoint du département d'État, M. Tom Casey, le 29 août à Washington.

Mme Frazer a expliqué clairement la politique des États-Unis, et le président Béchir a certainement écouté ce qu'elle avait à dire, a-t-il indiqué en faisant remarquer que le président Béchir avait reçu la secrétaire d'État adjointe dans sa résidence privée.

M. Casey a aussi déclaré que Mme Frazer avait fait état du soutien que les États-Unis continuaient d'apporter à l'Union africaine et aux opérations humanitaires au Darfour et qu'elle avait souligné la nécessité de le renforcer pour faciliter la mise en œuvre de l'accord de paix au Darfour.

Pour sa part, le président Béchir a informé Mme Frazer qu'il comptait envoyer un représentant à Washington pour qu'il transmette directement sa réponse au président Bush. « Je pense, a dit M. Casey, qu'il s'agit d'une affaire de deux semaines au maximum. »

Selon des organes d'information, M. Béchir a fait état de son opposition au déploiement de casques bleus de l'ONU, mais s'est félicité de la présence de la force de l'Union africaine au Darfour.

M. Casey a fait cependant remarquer qu'il existait déjà une force de l'ONU au Soudan et qu'elle y facilitait l'application de l'accord entre le Nord et le Sud. Des forces internationales sont aussi présentes au Darfour sous l'égide de l'Union africaine.

« L'accord de paix au Darfour prévoit en particulier le renforcement de ces forces et leur élargissement afin de permettre l'exécution de cet accord », a-t-il dit en ajoutant qu'il était de l'intérêt des Soudanais de veiller à ce qu'il y ait une force suffisamment puissante pour les aider à mettre en œuvre l'accord de paix.

« C'est un accord que le gouvernement soudanais a signé », a-t-il dit en ajoutant que le Conseil de sécurité de l'ONU s'apprêtait à procéder à un vote sur un projet de résolution prévoyant le renforcement des forces en vue de faciliter l'application de l'accord de paix.

Par ailleurs, un haut responsable du département d'État a déclaré le 29 août que les 7.000 membres de la force de l'Union africaine au Soudan devaient constituer la base de la force élargie et que le commandement de cette nouvelle force resterait entre les mains des dirigeants de la force de l'Union africaine.

De son côté, le représentant permanent des États-Unis à l'ONU, M. John Bolton, a déclaré, également le 29 août, qu'un élément du libellé du projet de résolution que le Conseil de sécurité semblait devoir accepter et qui permettrait de réaliser l'objectif recherché avait trait au transfert dans les meilleurs délais de la mission de l'Union africaine au Darfour à l'ONU.

Les membres du Conseil de sécurité sont convenus que la mission de l'Union africaine se trouvait à la limite de sa capacité et qu'une force de l'ONU serait mieux adaptée étant donné la fragilité de l'accord de paix au Darfour, a indiqué M. Bolton en ajoutant que l'Union africaine elle-même et les parties à l'accord de paix étaient aussi de cet avis.

« Je pense, a-t-il dit, que l'aggravation de la situation au Darfour, le regain des hostilités, le risque d'inobservation de l'accord de paix du Darfour, tout cela laisse penser qu'il nous faut une force plus vigoureuse, plus mobile et plus agile. »

Selon des organes d'information, le Conseil de sécurité cherche à mettre sur pied une force de quelque 20.000 hommes qui prendrait la rÉlève de la force de l'Union africaine au Darfour. Cette rÉlève devrait avoir lieu « aussi tôt que possible, dès le 1er octobre ou peu de temps après », a indiqué M. Bolton.

Le représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l'ONU, M. Emyr Jones Parry, qui participe à la rédaction du projet de résolution avec M. Bolton, a déclaré à la presse qu'il s'agissait de faire adopter le projet de résolution le 31 août tant que le Ghana assurait la présidence du Conseil de sécurité. « Je pense que mes collègues au Conseil de sécurité comprennent pourquoi il nous faut agir », a-t-il dit le 29 août.


Date de rédaction: 30 août 2006 Mise à jour: 30 août 2006

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