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La plupart des membres d'Al-Qaïda sont mariés et diplômés d'universitésPropos d'un psychiatre américain spécialisé dans la lutte contre le terrorismePar Carolee Walker Washington - Bien que les camps d'entraînement des terroristes et les logements pour les veuves de terroristes n'existent plus en Afghanistan, des jeunes continuent d'aspirer à ce qu'offre le réseau Al-Qaïda, a déclaré le docteur Marc Sageman, qui a participé en sa qualité de psychiatre et de spécialiste du terrorisme à une causerie organisée le 30 août sur l'Internet par le département d'État. « Ce sont essentiellement des jeunes romantiques qui tentent de créer un monde meilleur, a-t-il dit. Ils sont prêts à se sacrifier pour la réalisation de ce rêve, de cette utopie. Plus ils voient que leurs coreligionnaires sont tués, plus ils sont disposés à adhérer à ce mouvement social. » Jusqu'à présent, tous les membres d'Al-Qaïda sont musulmans, mais leur degré de dévotion et leur connaissance de l'islam varient beaucoup. « En fait, ce sont des jeunes hommes qui sont pressés. » Les membres du réseau Al-Qaïda ont recours à la violence pour réaliser leurs objectifs. « C'est ce qui distingue les terroristes des personnes qui se conforment aux règles de la société et qui sont désireuses d'effectuer des changements dans le cadre de ces règles. » Fait étonnant, les trois quarts des membres d'Al-Qaïda sont des hommes jeunes et mariés, et les deux tiers d'entre eux ont des enfants, souvent plusieurs. Pendant l'âge d'or de ce réseau, c'est-à-dire de 1996 à 2001, celui-ci s'occupait des veuves et des enfants des terroristes morts lors d'attentats. Il leur apportait une aide financière et leur fournissait un logement dans des habitations lui appartenant à Djalabad et à Kandahar en Afghanistan. De nos jours, les veuves des membres qui sont tués pendant un attentat ne sont plus indemnisées. Al-Qaïda est un réseau international sans une structure de commandement et de contrôle bien définie. La plupart de ses membres ont un degré d'instruction élevé et sont souvent bien assimilés au reste de la population, bien que récemment certains d'entre eux soient devenus plus distants et antisociaux. Environ 62 % ont fait des études universitaires. « Le véritable problème réside dans l'absence de débouchés pour les diplômés, a fait remarquer le docteur Sageman. L'une des recettes les plus favorables au terrorisme est l'enseignement universel sans possibilité d'emploi. » En outre, on observe sur des forums de discussion de l'Internet la nouvelle tendance à encourager les terroristes à se retirer de la société, a-t-il dit en soulignant qu'il convenait de mieux analyser cette tendance à la radicalisation. Le docteur Sageman a préconisé que les États agissent d'urgence pour arrêter les jeunes qui étaient déjà des terroristes, mais surtout pour empêcher que de nouvelles générations adhèrent au mouvement terroriste. « Il s'agit d'une tâche plus générale ayant trait à la politique, à la communication et à l'engagement des musulmans d'affirmer que le terrorisme est inacceptable. Il convient de concentrer son attention sur le volet de la violence et d'essayer de l'anéantir. » La surveillance des transactions financières et la surveillance générale des communications entre des personnes suspectes de terrorisme ont interrompu efficacement les relations entre des adeptes éventuels et les chefs restants d'Al-Qaïda, sauf dans quelques cas au Pakistan. En général, les chefs de ce réseau ne connaissent pas à l'heure actuelle l'identité de leurs adeptes et ne peuvent pas leur apporter un soutien financier même s'ils le souhaitent. « Si l'on considère la plupart des opérations terroristes ces trois dernières années, on peut voir qu'elles ont été financées par leurs auteurs. » Les tentatives de certains pays de justifier la suppression de tout dissentiment au sein de la population constituent un aspect décourageant de la lutte mondiale contre le terrorisme. « Le gouvernement des États-Unis devrait reconnaître ce fait et prendre ses distances à l'égard de cette tendance. » Le docteur Sageman s'est déclaré d'avis que le gouvernement Bush avait pris une bonne décision lorsqu'il avait demandé au gouvernement ouzbèke de cesser d'opprimer la population du pays. Membre de l'Institut de recherche sur la politique étrangère de Philadelphie ainsi que du Centre d'études stratégiques et internationales de Washington, le docteur Sageman est également à la tête du cabinet-conseil Sageman Consulting LLC, qui est situé dans la banlieue de Washington. Date de rédaction:
31 août 2006 Mise à jour:
31 août 2006
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