|
|||||||||||
|
|||||||||||
|
L'allocution du président Bush aux obsèques de Mme Coretta Scott KingL'épouse de Martin Luther King a consacré sa vie à parachever l'œuvre de son mari.
Prenant la parole aux obsèques de la veuve de Martin Luther King, Mme Coretta King, décédée le 30 janvier à l'âge de 78 ans, le président Bush a rappelé qu'elle avait consacré sa vie à cimenter l'unité du pays. Une foule nombreuse estimée à quelque 10.000 personnes, dont un grand nombre était arrivé dès 3 heures du matin, assistait à la cérémonie. Parmi elle, on comptait trois des prédécesseurs de M. Bush - M. Bush père, M. Jimmy Carter et M. Bill Clinton - ainsi qu'une quinzaine de sénateurs. La dépouille mortelle de Coretta King a été exposée au Capitole de l'État de Géorgie, à l'Église baptiste Ebenezer à Atlanta, où le pasteur King avait assisté son père à la chaire entre 1960 et 1968, et enfin à la New Birth Missionary Baptist Church (Église missionnaire baptiste de la renaissance) capable d'accueillir 10.000 personnes. Selon les estimations de l'Associated Press, plus de 160.000 personnes sont venues rendre un dernier hommage à Mme King. « Alors qu'un grand moment de l'histoire prenait forme, sa dignité était la réplique quotidienne à la mesquinerie et à la cruauté de la ségrégation », a fait valoir le président. Rappelant que la famille King avait connu les propos désobligeants, les appels téléphoniques menaçants au milieu de la nuit et même un attentat à la bombe, M. Bush a fait remarquer : « Mme King décida que ses enfants avaient besoin d'autre chose qu'une maison sûre : il leur fallait une Amérique qui respecte leur égalité et qui inscrive leurs droits dans la loi. » On trouvera ci-après le texte de l'allocution de M. Bush. La Maison-Blanche Allocution du président à l'occasion de la cérémonie du souvenir en l'honneur de Mme Coretta Scott King New Birth Missionary Church Nous sommes rassemblés ici dans la maison de Dieu, en la présence de Dieu, pour rendre hommage à Coretta Scott King, la servante de Dieu. Durant son long parcours, elle n'a tenu que brièvement la main de son compagnon. Mais maintenant, elle s'appuie sur des bras indéfectibles. Je suis ici aujourd'hui pour offrir les condoléances de notre nation tout entière à l'occasion de la disparition d'une femme qui a tant travaillé pour son unité. Les Américains n'ont connu son mari que dans sa jeunesse. Nous avons connu Mme King dans toutes les saisons de sa vie, des saisons marquées par la grâce et la beauté. Alors qu'un grand moment de l'histoire prenait forme, sa dignité était la réplique quotidienne à la mesquinerie et à la cruauté de la ségrégation. Lorsqu'elle a porté le voile du deuil, à quarante ans, sa dignité a révélé la confiance profonde qu'elle plaçait en Dieu et en ses desseins. Durant des décennies sur la ligne de front, sa dignité a attiré d'autres vers la tâche inachevée de la justice. Toute sa vie, Coretta King a montré qu'une personne pouvait à la fois être de conviction, être forte et avoir une très belle âme. Cette femme bienveillante et douce est devenue l'un des Américains les plus admirés de notre époque. Nous la pleurons à juste titre et elle nous manquera beaucoup. Certains ici présents l'ont connue petite fille et ont vu en elle quelque chose d'unique bien longtemps avant qu'un jeune prédicateur ne lui propose le mariage. « Avant d'être une King, j'étais une Scott », a-t-elle dit un jour. Et les Scott étaient forts, justes et courageux lorsqu'ils affrontaient le mal. Coretta accepta les devoirs de femme de pasteur et répondit à un appel dont la portée s'étendait bien au-delà des portes de l'Eglise baptiste de l'avenue Dexter. Cet appel, pour la famille King, s'est accompagné de paroles haineuses, d'appels téléphoniques menaçants au milieu de la nuit, d'un attentat à la bombe contre leur maison. Coretta aurait pu examiner ce qu'il lui en coûtait, prendre du recul. Mais elle avait décidé que ses enfants avaient besoin d'autre chose qu'une maison sûre : il leur fallait une Amérique qui respecte leur égalité et qui inscrive leurs droits dans la loi. Et parce que cette jeune mère et ce jeune père ne se laissèrent pas intimider, des millions d'enfants qu'ils n'auraient jamais la chance de connaître vivent aujourd'hui dans un pays meilleur et plus accueillant. Dans les heures critiques du mouvement en faveur des droits civils, il y eut toujours des hommes et de femmes de conscience au centre de la scène. Ils savaient que les vieilles haines étaient profondément enracinées. Ils savaient que la réaction à la non-violence pouvait être la violence. Ils savaient qu'une grande partie de l'autorité établie était contre eux. Ils savaient aussi qu'au bout du compte les sheriffs, les maires et les gouverneurs n'avaient pas le contrôle des événements, qu'une autorité supérieure s'y intéressait et qu'elle avait les choses bien en main. Le Dieu de Moïse n'était pas neutre à propos de leur captivité. L'injustice impatientait toujours le Dieu d'Isaac et des prophètes. Et ils savaient, eux, que le Fils de Dieu ne les abandonnerait jamais. Mais certains durent partir avant l'heure, et Martin Luther King laissa derrière lui une veuve éplorée et de jeunes enfants. Il est rare qu'il soit tant demandé de la femme d'un pasteur et il est rare que tant lui soit enlevé. Des années plus tard, Mme King s'est souvenue : « Je me réveillais le matin, je pleurais, et ensuite j'allais les voir. Les enfants m'ont vue aller de l'avant. » Dans ses prêches, Martin Luther King avait dit que les souffrances imméritées pouvaient avoir une valeur rédemptrice. Il était loin de se douter que cette grande vérité serait prouvée durant la vie de la personne qu'il aimait le plus. Les autres pouvaient lui faire de la peine, mais personne ne pouvait la rendre amère. En allant de l'avant avec un cœur solide et indulgent, Coretta Scott King réussit non seulement à assurer le legs de son mari, mais elle bâtit le sien. Ayant aimé un chef, elle en devint un. Et lorsqu'elle parlait, l'Amérique écoutait attentivement, car sa voix était empreinte de la sagesse et de la bonté d'une vie bien vécue. Dans cette vie, Coretta Scott King a connu le danger. Elle a connu l'injustice. Elle a connu un chagrin terrible et soudain. Elle savait aussi que son Rédempteur vivait. Elle a fait confiance au Nom qui est au-dessus de tout nom. Et aujourd'hui, nous sommes confiants que notre sœur Coretta est sur l'autre rive, apaisée, reposée, chez elle. Que Dieu vous bénisse et que Dieu bénisse notre pays. Date de rédaction:
08 février 2006 Mise à jour:
08 février 2006
|
||||||
|
Options: |
|
||||||||||||||||||