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Actualités de Washington
  

Le financement des athlètes olympiques aux États-Unis

Il repose sur l'appui financier de particuliers et de sociétés.

Joey Cheek, médaillé dor aux jeux de Turin
Médaillé d'or au patinage de vitesse des J.O. de Turin, l'Américain Joey Cheek offre 25 000 dollars aux réfugiés soudanais au Tchad. (©AP/WWP)

Par Michael Jay Friedman
Rédacteur du « Washington File »

Washington - La participation des athlètes américains aux jeux Olympiques est financée grâce à des contributions obtenues de sources variées - particuliers, sociétés et collectivités - et c'est ce qui différencie le sport amateur aux États-Unis de celui d'un grand nombre d'autres pays.

À Sioux City (Iowa), par exemple, des élèves de cours moyen 1 et 2 ont vendu des gâteaux et récupéré la consigne sur les bouteilles et boîtes recyclables, pour aider leurs athlètes. En Géorgie, des élèves de cours élémentaire ont, centime par centime, recueilli près de 400 dollars. L'équipe américaine de ski et de snowboard, quant à elle, a organisé de grands bals dans des endroits chics tels que la Salle de danse Hammerstein de New York où elle a invité ses fans à venir danser et obtenir des autographes, une entreprise qui s'est soldée par plus d'un million de dollars dans les caisses.

Ce ne sont là que quelques exemples de la façon dont les Américains recueillent des fonds pour l'entraînement, la préparation et l'entretien de leurs olympiens, notamment ceux qui participent actuellement aux jeux Olympiques d'hiver à Turin (Italie).

Comme pour le financement des arts, celui des athlètes américains qui participent aux jeux Olympiques est fortement décentralisé et largement partagé entre des entreprises privées et des millions d'Américains. C'est un mécanisme qui a la faveur de la population. Un sondage d'opinion Harris réalisé en 2004 a révélé que trois Américains sur quatre préféraient que l'entraînement de leurs olympiens soit financé exclusivement ou en majeure partie par des fonds privés. L'un des avantages, peut-être, est que tout membre de la société américaine, même ces enfants de 8 ans qui ont recueilli des centimes, peut parler avec fierté de « sa » contribution à « son » équipe olympienne.

Personne ne reçoit de fonds publics

C'est le Comité olympique des États-Unis (USOC), dont le siège est à Colorado Springs (Colorado), qui coordonne la participation des athlètes américains aux jeux Olympiques. Contrairement à la plupart des comités olympiques d'autres pays, l'USOC ne reçoit aucune subvention régulière du gouvernement fédéral et compte plutôt sur les contributions des sociétés et des individus, ainsi que sur les recettes de ses ventes directes d'articles liés aux jeux Olympiques.

Une autre source importante d'appui financier est la Fondation américaine olympique. Financée à l'origine avec les fonds qui n'avaient pas été dépensés lors des jeux Olympiques organisés en 1984 à Los Angeles, la Fondation distribue la moitié de ses avoirs aux organisations membres de l'USOC et investit le reste afin de garantir sa capacité à aider les athlètes du futur.

L'USOC donne des fonds à ces organisations membres (National governing bodies, NGB) afin d'appuyer divers programmes visant la formation ou le développement des athlètes. Chacune de ces organisations s'occupe d'un sport en particulier et la plupart recueillent aussi des fonds pour l'entraînement des athlètes, l'éducation des entraîneurs, l'amélioration des installations d'entraînement, les frais de déplacements et leurs propres coûts d'exploitation.

Aux États-Unis, où un grand nombre d'athlètes commencent à s'entraîner à un très jeune âge, ce sont les parents qui supportent les coûts liés à l'entraînement des athlètes âgés de moins de 18 ans, des coûts qui peuvent se monter à des dizaines de milliers de dollars chaque année pour les jeunes les plus doués. Lorsqu'un athlète est choisi pour faire partie d'une équipe nationale, souvent l'USOC et la NGB concernée apportent une aide financière. Beaucoup de NGB parrainent en outre les camps d'entraînement pour les jeunes athlètes particulièrement doués.

Pour les nombreux athlètes dont les meilleures années se situent à la fin de l'adolescence et au début de l'âge adulte, ce sont les universités et collèges universitaires qui deviennent leur principal terrain d'entraînement. Ces athlètes ayant souvent reçu une bourse d'études, leurs efforts sont récompensés son seulement par un entraînement de première classe mais aussi par une aide financière pour terminer leurs études. Les entraîneurs et installations dont disposent les universités américaines attirent des athlètes du monde entier qui cherchent à perfectionner leurs compétences pour ensuite participer à des compétitions internationales organisées dans leur pays d'origine.

L'appui des sociétés

De nombreuses sociétés américaines appuient financièrement les athlètes olympiques américains et bénéficient en retour d'une publicité favorable, du droit d'utiliser les symboles olympiques dans leurs campagnes publicitaires et d'une bonne disposition du public à leur égard. Parmi les sociétés actuellement partenaires du mouvement olympique américain figurent Anheuser-Busch Inc., AT et T, Bank of America, General Motors, The Home Depot, et Johnson et Johnson.

Si l'appui est souvent sous la forme de dons en argent ou d'autres contributions à l'USOC, certaines entreprises trouvent le moyen d'aider personnellement certains athlètes. The Home Depot, par exemple, a aidé des centaines d'athlètes en leur offrant des emplois pour lesquels ils travaillent 20 heures et sont payés 40 avec des horaires souples qui leur permettent d'avoir du temps libre pour l'entraînement et les compétitions. Sur les 211 athlètes que compte l'équipe américaine aux Olympiques d'hiver 2006, 33 sont des employés de The Home Depot.

Les Américains qui ne demandent qu'à montrer leur soutien sont nombreux et la commercialisation directe des produits liés aux jeux Olympiques est devenue une source importante de revenus pour l'USOC. Les vêtements arborant des logos liés aux jeux Olympiques sont particulièrement prisés et on peut se procurer tout aussi bien des blousons, tee-shirts et pantalons de jogging que des articles de collection tels que serviettes à documents ou ensemble de bureau portant les symboles de l'équipe olympique des États-unis.

Mais ce sont les innombrables efforts faits au niveau individuel qui sont le reflet des liens étroits qui unissent les athlètes à leurs fans. Lorsque l'équipe américaine de water-polo a voulu s'assurer les services d'un entraîneur de renommée mondiale, l'équipe a recueilli la moitié de son salaire auprès de sources privées tandis que l'USOC a fourni le complément.

Pour sa part, l'État du Michigan vend des plaques d'immatriculation de véhicules spéciales dont les recettes financent un centre d'entraînement olympique à l'université du Northern Michigan.

Depuis longtemps, les collectivités locales se montrent à la hauteur pour aider leurs propres héros. Lorsqu'il a fallu qu'une patineuse de vitesse de Champaign (Illinois) aille s'entraîner en Europe pour avoir une chance d'être choisie pour faire partie de l'équipe américaine, l'Association des policiers bénévoles de Champaign a recueilli les fonds dont elle avait besoin. Cette patineuse, Bonnie Blair, a représenté les États-unis à quatre jeux Olympiques et a remporté cinq médailles d'or.

Un tel scénario illustre les liens étroits qui unissent les olympiens américains et leurs supporters. Et, lorsque des millions d'Américains regarderont la retransmission télévisée des Jeux de Turin, c'est vraiment pour « leur équipe » qu'ils applaudiront.


Date de rédaction: 15 février 2006 Mise à jour: 15 février 2006

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