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La Classique mondiale de base-ball illustre l'attrait croissant de ce sportLes équipes de 16 pays s'affronteront à partir du 3 mars aux États-Unis, au Japon et à Porto-Rico.
Par Michael Bandler Washington - Il suffit, au départ, de deux ou trois copains, d'une balle et d'un bâton, et on peut jouer au base-ball. C'est un sport qu'on pourrait qualifier d'authentiquement américain, puisqu'il fut inventé aux États-Unis vers le milieu du XIXe siècle. Mais le XXe siècle l'a vu devenir un sport mondial. Aussi est-ce en toute logique que l'engouement mondial croissant pour le base-ball ait donné naissance, en 2006, à la première « Classique mondiale de base-ball », qui se jouera du 3 au 20 mars aux États-Unis, au Japon et à Porto-Rico. Que le base-ball soit né aux États-Unis est un fait qui n'avait jamais effleuré Roberto Gonzalez Echevarria pendant son adolescence : « C'était simplement un jeu auquel on jouait. » Aujourd'hui chef du département de langue et de littérature hispaniques à l'université Yale, et peut-être le spécialiste par excellence du base-ball « latino », il parle en connaissance de cause des qualités universelles de ce sport. « Qu'est-ce que le base-ball sinon cette aventure primordiale dans l'inconnu, suivie du retour au monde familier ? Je l'apparente au vieux mythe homérique. C'est une valeur universelle », a-t-il dit lors d'une interview accordée le 17 février au « Washington File ». « D'un autre côté, on y trouve des éléments bien américains, d'abord l'individualisme, représenté par le lanceur qui se trouve seul au centre du carré, responsable de son sort. Puis il y a les défenseurs qui, s'ils commettent une faute, doivent se racheter en jouant mieux la fois suivante. Ensuite, il y a l'esprit d'équipe, qui existe certes dans d'autres sports mais qui a un goût particulier au base-ball. À la fin d'une manche, toute la défense quitte le terrain et regagne son banc où on discute du déroulement de la partie. Il y a là une atmosphère spéciale de camaraderie, de famille, d'unité. » De la cour de récréation au stade professionnel Le XXe siècle a vu le base-ball passer d'un jeu de cour de récréation à un grand sport national composé de ligues professionnelles. Du fait de la ségrégation, ces ligues sont d'abord restées pendant une cinquantaine d'années réservées aux joueurs blancs, ce qui a provoqué l'apparition d'une ligue professionnelle parallèle pour les Noirs, qui a eu elle aussi ses héros et ses grandes équipes. Après la Seconde Guerre mondiale, des pressions de plus en plus fortes se sont exercées en faveur de l'acceptation de joueurs noirs dans les deux grandes « ligues majeures » du pays, et en 1947 Jackie Robinson est devenu le premier Afro-Américain à franchir la « barrière raciale » en acceptant l'offre d'une équipe de ligue majeure. Durant la deuxième partie du XXe siècle, le base-ball s'est répandu progressivement dans plusieurs continents, du fait notamment de la présence de troupes américaines dans des bases à l'étranger. Les parties de base-ball qu'organisaient les soldats pour meubler leurs loisirs ont attiré des spectateurs qui ont progressivement pris goût à ce nouveau sport. En outre, des équipes professionnelles américaines ont commencé à faire des tournées de matches de démonstration un peu partout dans le monde. Depuis une trentaine d'années, l'expansion du base-ball à l'étranger, en particulier en Amérique latine et au Japon, a suscité l'apparition de joueurs non américains très doués qui ont fini par attirer l'attention des recruteurs aux États-Unis. Le public américain a commencé lui aussi à remarquer ces nouveaux talents et à se fasciner pour des joueurs étrangers exceptionnels inscrits dans des équipes de ligue majeure, tels que Roberto Clemente (Porto-Rico) et Luis Aparicio (Venezuela) dans les années cinquante et soixante et, à l'heure actuelle, Ichiro Suzuki (Japon), Albert Pujols (République dominicaine), Andruw Jones (Curaçao) et Heep-Seop Choi (Corée). En suivant la carrière de ces professionnels, les jeunes mordus du base-ball qui épluchent la biographie des joueurs, échangent des cartes de base-ball et suivent les matches à la radio ou à la télévision s'instruisent sur le pays d'origine de leurs héros. Le tournoi mondial Vu la popularité internationale du base-ball et la présence de tant de joueurs de haut niveau dans un si grand nombre de pays, la logique d'un tournoi mondial s'est finalement imposée à l'esprit des grands mécènes de ce sport. La première « Classique mondiale de base-ball », à laquelle se présenteront 16 équipes nationales dont celle des Etats-Unis, a un double objectif : primo, élargir le rayonnement mondial de cette discipline et, secundo, encourager son essor à l'étranger. La première phase se déroulera dans cinq villes : Tokyo, San Juan (Porto-Rico), Orlando (Floride) et Phoenix et Scottsdale (Arizona). La deuxième phase, que se disputeront les équipes gagnantes du premier tour, aura lieu à San Juan et à Anaheim (Californie). San Diego (Californie) accueillera les demi-finales et la finale. Date de rédaction:
24 février 2006 Mise à jour:
24 février 2006
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