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Les É.-U. souhaitent rouvrir les négociations sur le Conseil des droits de l'hommePropos du représentant permanent des États-Unis et de deux autres responsables américains.
Par Judy Aita New York (Nations unies) - Les États-Unis souhaitent rouvrir les négociations sur le projet de résolution portant création d'un Conseil des droits de l'homme de l'ONU, a déclaré à la presse le représentant permanent des États-Unis, M. John Bolton, le 27 février. « Mes instructions, a-t-il dit, sont de rouvrir les négociations et de tenter de corriger les multiples lacunes du projet de résolution ou bien de reporter l'examen de ce texte de plusieurs mois (...) Nous sommes très insatisfaits du projet de résolution (...) Nous ne pensons pas qu'il soit acceptable. » Ce projet de résolution a été présenté le 23 février par le président de l'Assemblée générale, M. Jan Eliasson. Si ce texte est soumis en séance plénière dans quelques jours, a dit M. Bolton, les États-Unis demanderont qu'il soit mis au vote et ils voteront contre, a-t-il indiqué en ajoutant que son pays était prêt à être le seul à voter contre le projet de résolution. Pour sa part, M. Eliasson a exprimé son espoir au sujet de l'adoption par consensus de ce texte au cours de la semaine commençant le 27 février. La porte-parole du président de l'Assemblée générale, Mme Pragati Pacale, a déclaré qu'il n'avait pas reçu de réponse formelle de la part du gouvernement des États-Unis. Le président de l'Assemblée générale, a-t-elle dit, estime toujours qu'il importe d'agir dès que possible à ce sujet pour permettre une transition sans difficulté lorsque la Commission des droits de l'homme se réunira en mars. « Il est peu probable que la réouverture des négociations permette d'obtenir un meilleur résultat, et il n'y a rien à gagner à attendre », a-t-elle fait remarquer. M. Bolton a indiqué que des diplomates américains entraient actuellement en relation avec des membres d'autres délégations pour leur faire connaître clairement la volonté des États-Unis de rouvrir les négociations et de corriger les lacunes du projet actuel de résolution. « Nous demeurons résolus, a-t-il dit, à tenter de convaincre d'autres pays qu'une réforme de façade n'est pas suffisante et qu'il convient de modifier réellement le fonctionnement du mécanisme de prise de décisions de l'ONU. Nous voulions modifier de fond en comble la Commission des droits de l'homme, qu'il est évidemment impossible d'améliorer. » Le 23 février, le sous-secrétaire d'État adjoint aux relations avec les organisations internationales, M. Mark Lagon, avait indiqué que les États-Unis n'étaient pas disposés à accepter un simple changement de nom et de calendrier. En particulier, avait-il dit, les États-Unis souhaitent veiller à ce que les modalités d'élection des membres du nouveau Conseil des droits de l'homme et les conditions d'inéligibilité des tyrans du monde soient bien établies de sorte qu'on puisse tourner cette page de l'histoire de la Commission des droits de l'homme, dont les réalisations sont nombreuses mais « qui a perdu sa crédibilité en devenant un organe non seulement de pompiers, mais aussi d'incendiaires ». De son côté, M. David Schwarz, qui a été membre de trois délégations des États-Unis à la Commission des droits de l'homme, a indiqué que, si l'on n'établissait pas des objectifs clairs et des critères vérifiables pour l'élection des membres du nouveau Conseil des droits de l'homme et si l'on n'exigeait pas un examen détaillé du bilan de chaque candidat en matière de droits de l'homme avant toute élection, ce nouvel organe risquait de se retrouver peu à peu dans la situation qui avait paralysé la Commission des droits de l'homme. Le fait de ne pas régler les grandes questions ou de ne pas s'attaquer aux problèmes structuraux qui ont causé le mauvais fonctionnement de la Commission des droits de l'homme ne constitue pas une solution, mais « une recette pour répéter les erreurs du passé », a-t-il dit. Le projet de résolution prévoit la création d'un Conseil de droits de l'homme composé de 47 membres élus à la majorité absolue par les États membres de l'ONU. Chaque nouveau membre ferait l'objet d'un examen en matière de droits de l'homme. Les États-Unis souhaitent que ce conseil ne compte que 30 membres élus à la majorité des deux tiers par l'Assemblée générale. Selon M. Lagon, une majorité des deux tiers rendrait l'élection plus difficile et renforcerait la crédibilité des membres du nouvel organe. « Tous les candidats, y compris les États-Unis, auraient à travailler dur pour être élus. » Un Conseil des droits de l'homme dont le nombre des membres serait bien plus petit que celui de la commission actuelle (53 membres) serait mieux à même d'élaborer une conception commune et d'agir. Les États-Unis souhaitent aussi que le nouveau conseil se réunisse 4 fois par an et qu'il puisse au besoin convoquer des sessions extraordinaires. En outre, les États-Unis sont en faveur du doublement du budget du Haut-Commissariat aux droits de l'homme, ainsi que de l'accroissement de ses ressources et de son personnel de manière à améliorer ses activités sur le terrain. Date de rédaction:
28 février 2006 Mise à jour:
28 février 2006
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