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Actualités de Washington
  

Soudan : l'inaction du Conseil de sécurité risque de compromettre sa crédibilité

Propos du représentant permanent des États-Unis auprès de l'ONU.

M. John Bolton, représentant des États-Unis à lONU
M. John Bolton. (©AP/WWP)

Par Judy Aita
Correspondante du « Washington File »

New York (Nations unies) - Les États-Unis et les autres membres occidentaux du Conseil de sécurité n'ont pas réussi à voter sur une résolution sanctionnant les Soudanais qui bloquaient le processus de paix ou qui avaient commis des violations des droits de l'homme.

Le représentant permanent des États-Unis, M. John Bolton, qui assure la présidence du Conseil de sécurité pour le mois de février, a déclaré, le 27 février, qu'il avait tenté de faire voter rapidement une résolution visant à faire figurer le nom de ces Soudanais sur la liste des sanctions de l'ONU, mais que plusieurs pays s'étaient opposés à cette mesure. Il a souligné que l'inaction du Conseil de sécurité risquait de compromettre sa crédibilité.

« Les États-Unis, a-t-il dit, ont fait circuler parmi les experts un texte comprenant des éléments du projet de résolution. Je pense qu'il est bon de faire remarquer que les États-Unis ont été le seul pays à être prêt à voter le projet de résolution avant (...) la réunion de l'Union africaine sur la paix et la sécurité, qui doit avoir lieu le 3 mars. »

M. Bolton n'a pas cité le nom des pays opposés au projet de résolution, mais des diplomates qui ont tenu à conserver l'anonymat ont déclaré qu'il s'agissait de la Chine, de la Russie et du Qatar. Les États-Unis, le Danemark, la France et le Royaume-Uni sont tous en faveur de ce texte.

« Divers pays sont opposés à agir pour diverses raisons, mais en pratique je ne vois pas comment nous pourrons adopter la résolution avant la réunion de l'Union africaine si un certain nombre de pays ne changent pas d'avis », a dit M. Bolton à l'issue de la réunion à huis clos du Conseil de sécurité, au cours de laquelle le président de la commission des sanctions pour le Soudan du Conseil de sécurité, M. Adamantios Vassilikis (Grèce), et un groupe de spécialistes ont pris la parole.

« Nous pensons que c'est regrettable, mais ce n'est pas parce que nous n'avons pas tenté d'obtenir une résolution », a-t-il ajouté.

Il y a près d'un an, le Conseil de sécurité a créé par la résolution 1591 un mécanisme de sanctions qui vise à exercer des pressions sur « les personnes qui violent l'embargo sur les armes et qui ne contribuent pas à la mise en place d'un processus de paix efficace au Darfour et à rétablir la sécurité qui ne fait que s'aggraver », a expliqué M. Bolton.

« Il s'agit d'une question politique, a-t-il ajouté. Il s'agit d'exercer une influence politique. Il convient de prendre au sérieux le message de la résolution 1591 (...) Si le Conseil de sécurité n'est pas sérieux au sujet de ce qu'il dit et qu'il n'est pas disposé à prendre des mesures pour persuader les gens de faire ce qu'il dit, sa crédibilité ne manquera pas de diminuer. Il convient d'en considérer les conséquences. »

Dans le rapport qu'il a soumis au Conseil de sécurité en décembre 2005, le groupe d'experts cite dans une annexe confidentielle le nom de 17 personnes qu'il convient, selon lui, de sanctionner pour leurs violations des droits de l'homme et de 5 autres dont il serait bon d'étudier le dossier aux fins d'éventuelles sanctions.

À la mi-février, le magazine américain « The American Prospect » a révélé le nom de ces personnes sur son site Internet, et peu de temps après des agences de presse et des quotidiens ont également diffusé le nom de ces personnes, parmi lesquelles figurent plusieurs hauts représentants du gouvernement soudanais et deux chefs de l'Armée de libération du Soudan.

M. Bolton a indiqué que les membres du Conseil de sécurité s'étaient plaints de la divulgation clandestine de cette annexe confidentielle. « Cette divulgation, a-t-il dit, peut compromettre les travaux du Conseil de sécurité et de la commission. Tant que le Conseil de sécurité ne prendra pas de décision, il est bien évident qu'il n'existe pas de liste de l'ONU. »


Date de rédaction: 28 février 2006 Mise à jour: 28 février 2006

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