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Actualités de Washington
  

L'Afrique est un bon partenaire économique des États-Unis

Le continent est aussi un allié dans la guerre contre le terrorisme.

M. Princeton Lyman
M. Princeton Lyman. (Photo CFR)

Par Bruce Greenberg
Rédacteur du « Washington File »

Washington - Il faut que la politique étrangère des États-Unis continue à cibler l'Afrique subsaharienne car l'importance que revêt le continent pour les intérêts économiques et stratégiques des États-Unis s'accroît au fur et à mesure que la décennie avance, ont fait valoir deux spécialistes, le 22 février, à l'occasion d'un débat public organisé par le « Council on Foreign Relations » (CFR : Conseil des relations étrangères) à son siège de Washington.

Le thème des discussions était un rapport qu'a récemment publié le CFR intitulé « More Than Humanitarianism : A Strategic U.S. Approach Toward Africa » (Plus qu'une action humanitaire : une approche stratégique des États-Unis à l'égard de l'Afrique).

Les auteurs du rapport , M. Princeton Lyman, du CFR, et J. Stephen Morrisson, du « Center for Strategic and International Studies » (CSIS, Centre des études stratégiques et internationales) ont évoqué plusieurs des sujets abordés dans le rapport ainsi que les recommandations qui y sont proposées.

M. Morrisson a mentionné la « diplomatie transformatrice » évoquée par la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, dans son discours du 18 janvier à l'université de Georgetown, qui met l'accent sur un repositionnement des postes diplomatiques et un transfert des diplomates, qui sont nombreux en Europe de l'Ouest et du Nord, vers des régions du monde moins développées, notamment en Afrique, une action qui, selon lui, comblerait les lacunes qui y existent au plan de la sécurité et renforcerait l'engagement des États-Unis en matière de diplomatie publique.

M. Lyman a rendu hommage à Mme Rice pour « cette nouvelle phase d'engagement avec le monde en développement », déclarant : « Un grand bouleversement s'est produit dans la politique étrangère des États-Unis : elle s'est écartée de la Russie et de l'Europe pour cibler des régions où nos intérêts ont pris une nouvelle importance. »

Les deux principaux partis politiques américains se sont toujours intéressés à l'Afrique, a fait valoir M. Lyman, précisant : « Si l'on considère toutes les initiatives récemment prises en ce qui concerne l'Afrique - le Compte du millénaire, la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA), le Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR) - celles-ci jouissent d'un appui solide de la part des deux partis, et c'est un avantage. »

Les Africains s'impliquent d'avantage dans le règlement des conflits

Répondant à la question d'un interlocuteur portant sur la résolution des conflits en Afrique, M. Lyman a fait valoir la nécessité de donner de la souplesse à l'engagement des États-Unis, de façon « à pouvoir faire front à plus d'une crise en même temps ».

Il a reconnu le rôle de plus en plus important que jouent les Africains lorsqu'il s'agit de résoudre les conflits sur le continent, ayant été sur la ligne de front pour faciliter les négociations visant à mettre fin à la guerre au Congo et prenant des initiatives pour essayer d'arriver à une solution politique en ce qui concerne le Darfour. Il a ajouté que c'était à leur grande détermination qu'on pouvait attribuer les progrès réalisés en vue d'une résolution de ces deux conflits, de même que d'autres.

À propos de l'aide que les États-Unis fournissent aux pays d'Afrique disposant de richesses énergétiques, M. Morrisson a expliqué qu'une conférence de haut niveau avait été suggérée en vue d'obtenir des dirigeants africains qu'ils s'engagent à respecter certaines normes en matière de responsabilité et de transparence.

Il a recommandé « davantage de souplesse » et un « changement de direction géopolitique » de façon à ce qu'une plus grande priorité soit accordée à l'Afrique au sein de la Maison-Blanche et des plus hautes sphères du département d'État.

Évoquant les progrès de la démocratisation en Afrique, M. Lyman a prôné le doublement de l'aide à la région afin d'aider les Africains à exiger la responsabilisation de leur gouvernement.

Étant donné les programmes économiques intensifs mis en œuvre par la Chine en Afrique subsaharienne, le caractère concurrentiel de ce pays a été mentionné, M. Lyman critiquant par ailleurs ce pays pour fermer les yeux sur les atteintes aux droits de l'homme et la corruption afin de pouvoir mener à bien ses transactions commerciales.

Selon M. Morrison, le blocage par la Chine de sanctions efficaces contre le gouvernement du Soudan en réaction à la violence des milices armées au Darfour est un exemple de situation où la Chine et les États-Unis se sont affrontés, et la situation au Zimbabwe, notamment les mesures à prendre contre son président, M. Mugabe, en est un autre.

« Nous estimons que dans un contexte plus large, un dialogue sérieux et stratégique avec la Chine pourrait débloquer ces situations », a-t-il fait valoir.

« La Chine veut être considérée comme un important acteur mondial, mais pour ce faire, un certain degré de responsabilité est nécessaire », a renchéri M. Lyman.

En ce qui concerne le rôle qu'il appartient au secteur privé américain de jouer dans le développement africain, M. Lyman a expliqué que les hommes d'affaires américains sont surtout impliqués dans les industries d'extraction mais qu'il faudrait les encourager à jouer un rôle sur une plus grande échelle.

Il a fait remarquer que la Société du Compte du millénaire, établi par le gouvernement Bush, jouait un rôle positif dans le développement de la démocratie en Afrique.


Date de rédaction: 28 février 2006 Mise à jour: 28 février 2006

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