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Actualités de Washington
  

L'ONU doit réformer ses opérations de maintien de la paix, affirme John Bolton

Un rapport constate l'insuffisance des contrôles et de la supervision

M. John Bolton, représentant permanent des États-Unis à lONU
M. John Bolton. (©AP/WWP)

Par Judy Aita
Correspondante du « Washington File »

Nations unies - Un nouveau rapport qui critique la gestion des opérations de maintien de la paix de l'ONU fait ressortir « la nécessité d'un changement fondamental » dans la conduite des opérations de l'organisation, selon l'ambassadeur John Bolton, représentant permanent des États-Unis aux Nations unies.

Invitant les membres de l'ONU à utiliser ce rapport pour adopter une nouvelle ligne de conduite en faveur de réformes, M. Bolton a déclaré le 22 février : « Les enjeux sont trop élevés pour que l'on tire le rideau sur ces problèmes. »

« Ce n'est pas une simple question d'argent ou d'intégrité, a-t-il dit. Les discussions que nous avons aujourd'hui visent à sauver des vies, non seulement la vie des civils que nous tentons de protéger mais celle des soldats et civils des pays qui participent aux opérations de maintien de la paix. »

« En l'absence de pratiques responsables, rentables, efficaces et transparentes, l'ONU ne disposera pas de biens et services essentiels. Des milliards de dollars de contributions risquent d'être dépensés à tort ou mal comptabilisés et la sécurité des opérations de la paix de l'ONU sera compromise », a-t-il ajouté.

Président du Conseil de sécurité de l'ONU pour le mois de février, M. Bolton a préconisé un examen public du rapport par les 15 membres du Conseil, bien que cette réforme soit discutée par la Cinquième Commission de l'Assemblée générale (questions budgétaires et administratives). Le Conseil de sécurité a tenu, le 22 février, une réunion de deux heures sur le gaspillage, la fraude et les abus en matière d'adjudications liées aux opérations de maintien de la paix. Cette réunion devait être suivie, le lendemain, d'une réunion sur l'exploitation et les abus sexuels dans les opérations de maintien de la paix, autre question qui a entaché la réputation des opérations de maintien de la paix, l'une des activités les plus visibles de l'ONU.

Un rapport constate l'insuffisance des contrôles et de la supervision

Au cœur du débat figure un rapport établi entre juillet et décembre 2005 par le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) des marchés publics dans le cadre des opérations de maintien de la paix. Ses auteurs ont cherché à identifier les risques, le double emploi, la fraude et les abus de pouvoir. Ce rapport, intitulé « Étude générale de la gestion des opérations de maintien de la paix », a été rendu public alors que l'ONU était encore ébranlée par les conclusions d'une enquête sur la gestion du programme pétrole contre vivres menée par une commission indépendante dirigée par Paul Volker (voir l'article connexe (http://usinfo.state.gov/fr/Archive/2005/Oct/28-434653.html).

Le BSCI a conclu que l'insuffisance des contrôles, de la supervision et de l'orientation stratégique fait courir aux Nations unies le risque d'importantes pertes financières. Il explique que la direction de l'ONU n'a pas fait suffisamment preuve d'assiduité et n'a pas établi de niveaux élevés de déontologie et de responsabilisation. Le BSCI a aussi noté des cas d'irrégularités et de conflits d'intérêt avec les fournisseurs, ce qui, selon lui, nécessite que l'on procède d'urgence à de nouvelles enquêtes.

M. Bolton estime que le moment est venu d'opérer une réforme complète de la façon dont opèrent de nombreux organes du système de l'ONU. « Qu'il s'agisse d'une culture d'impunité ou d'inaction, nous devons voir des changements », a-t-il dit.

Reconnaissant que ce rapport exige « une réponse très sérieuse », M. Mark Mallock Brown, chef de cabinet du secrétaire général Kofi Annan, a mis le Conseil au courant de son contenu et donné l'assurance que le secrétariat mettrait en place une stratégie de réforme visant trois risques distincts auxquels se heurtent les opérations de maintien de la paix. Ces mesures seront rendues publiques en mars, a-t-il précisé.

Le G-77 proteste contre l'intervention du Conseil de sécurité

Bien que les 15 membres du Conseil de sécurité et les représentants des autres pays qui ont pris la parole aient été d'accord sur la gravité de la question et sur la nécessité d'une réforme, un désaccord s'est manifesté sur le terrain de la juridiction et de la procédure. De nombreux pays, dont les membres du Groupe des 77 (G-77), ont rappelé que la Charte des Nations unies spécifie clairement que les questions de gestion et de budget relèvent de l'Assemblée générale et que les affaires déjà soumises à cette dernière ne doivent pas être portées devant le Conseil de sécurité.

Le G-77, qui se décrit comme « la plus vaste coalition du tiers-monde aux Nations unies », cherche à donner au monde en voie de développement les moyens d'exposer et de promouvoir les intérêts économiques collectifs et d'accroître sa capacité commune de négociation pour toutes les grandes questions économiques internationales du système des Nations unies, selon son site Internet.

M. Bolton n'en a pas moins qualifié d'importante et de significative la réunion du Conseil de sécurité sur la question. Elle fait ressortir « un soutien unanime en faveur de la poursuite des réformes à apporter au système de l'ONU pour remédier aux abus, a-t-il dit. Le nombre de personnes qui assistent à cette réunion montre à quel point la question est jugée grave. »

L'ambassadeur Bolton a ajouté que les États-Unis considéraient le Conseil de sécurité comme un forum qui se prêtait à l'adoption de mesures concrètes . « Nous autorisons les missions de maintien de la paix. Nous rédigeons les résolutions qui les créent. Nous pouvons prendre des mesures dans le cadre de ces résolutions ou dans d'autres domaines », a-t-il affirmé.

La réunion du Conseil n'avait pas pour but d'entraver le travail de l'Assemblée générale, a-t-il souligné. « Nous nous féliciterions de débats de l'Assemblée générale sur la question.... Voyons le débat s'étendre à d'autres organes. »


Date de rédaction: 28 février 2006 Mise à jour: 28 février 2006

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