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Actualités de Washington
  

Les cultures issues de la biotechnologie augmenteront dans les dix prochaines années

Selon les auteurs d'un rapport indépendant, leur généralisation devrait atténuer la pauvreté et la faim.

riz transgénique
Plants de riz transgénique. (© Photo Joerg Boethling)

Par Andrzej Zwaniecki
Rédacteur du « Washington File »

Washington - Selon les auteurs d'un récent rapport, la croissance mondiale des cultures de plantes génétiquement modifiées, qui dépasse 10 % annuellement depuis dix ans, devrait croître encore plus rapidement au cours de la prochaine décennie.

Intitulé « Global Status of Commercialized Biotech/Genetically Modified Crops : 2005 » (État mondial des cultures biotechnologiques/génétiquement modifiées : 2005), le rapport a été publié le 11 janvier par l'International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (ISAAA, Service international pour l'acquisition d'applications de la biotechnologie dans l'agriculture), une organisation internationale sans but lucratif qui encourage la biotechnologie agricole dans les pays en développement (site internet : http://www.isaaa.org/).

Les auteurs du rapport se déclarent « prudemment optimistes » en estimant que la culture de plantes génétiquement modifiées se propagera au fur et à mesure que les avantages de ces cultures deviendront plus évidents, qu'elles seront mieux acceptées et que de nouvelles plantes seront mises au point.

De l'avis de nombreux spécialistes, les cultures de plantes génétiquement modifiées, dont la spécificité est de mieux résister aux insectes ravageurs ou aux herbicides par exemple, sont moins onéreuses, moins dangereuses pour l'environnement, et donnent un meilleur rendement que les cultures traditionnelles.

L'accroissement de la superficie des terres réservées à la culture de plantes génétiquement modifiées sera lié à l'acceptation prochaine, par la Chine, de cultiver un riz génétiquement modifié, à une demande pour l'homme et le bétail d'aliments génétiquement modifiés plus nutritifs, et à l'introduction attendue de nouvelles plantes ayant des qualités souhaitables en vue de la production de médicaments et de biocombustibles, précisent les auteurs du rapport.

En 2005, 8,5 millions d'agriculteurs cultivaient des plantes génétiquement modifiées sur près de 90 millions d'hectares. Le débat se poursuivant sur les risques perçus et les avantages des aliments composés d'OGM, la superficie des terres cultivées en plantes issues de la biotechnologie n'a augmenté que de 11 % en 2005. L'augmentation avait été de 20 % en 2004 et de 15 % en 2003.

Le rapport ne tient pas compte du fait qu'un nombre croissant de pays interdisent les OGM, a fait valoir « Les amis de la terre » (Friends of the Earth), un organisme sans but lucratif qui dit que les cultures d'OGM peuvent nuire à la santé de l'homme et à l'environnement.

Un argument réfuté par M. Clive James, président et fondateur de l'ISAAA, qui a indiqué aux journalistes le 11 janvier, à l'occasion d'une téléconférence de presse, que le nombre de pays cultivant des OGM était passé de 6 en 1996 à 21 en 2005, ce qui tendrait à prouver que les avantages associés à ces cultures deviennent de plus en plus évidents.

Même l'Europe, qui continue à résister aux OGM, pourrait commencer à mieux accepter ces cultures dans les prochaines années, a-t-il dit, ajoutant que la culture du maïs transgénique avait recommencé en France et au Portugal en 2005, et que la République tchèque l'avait adoptée pour la première fois cette année-là, faisant passer à cinq le nombre de pays européens prêts à commercialiser le maïs transgénique.

La Bulgarie et la Roumanie, qui souhaitent adhérer à l'Union européenne, cultivent elles aussi des OGM, a souligné M. James, la Roumanie figurant parmi les plus gros producteurs de cultures transgéniques du monde, les États-Unis se trouvant au premier rang, suivis par l'Argentine, le Brésil, le Canada et la Chine.

Les pays en développement s'intéressent de plus en plus aux cultures d'OGM et si la superficie de leurs terres cultivées en OGM ne représente qu'un tiers de la superficie mondiale, entre 2004 et 2005 elle a augmenté presque 5 fois plus vite que dans les pays industriels, une tendance qui de l'avis de M. James se maintiendra sûrement dans les dix prochaines années.

Dans un communiqué de presse publié par l'ISAAA, M. James souligne que les cultures d'OGM ont aidé quelque 7,7 millions d'exploitants se livrant à une culture de subsistance à augmenter leurs revenus, les sortant ainsi de la pauvreté. Il rappelle que c'est dans les pays en développement que le potentiel qu'ont les cultures d'OGM d'atténuer la pauvreté et la faim est le plus grand.

« Une généralisation de la commercialisation du riz génétiquement modifié (le riz est la culture vivrière la plus importante pour les quelque 1,3 milliard de pauvres et 850 millions d'affamés et de sous-alimentés du monde) pourrait accroître la portée de ces efforts. Le riz génétiquement modifié pourrait jouer un rôle important lorsqu'il s'agit de réaliser les grands objectifs du millénaire en matière de développement de l'ONU, qui sont de réduire la pauvreté, la faim et la malnutrition de moitié d'ici 2015 », a fait remarquer M. James.

En Afrique, où la portée d'une telle réduction serait la plus vaste, seule l'Afrique du Sud cultive des OGM. Selon M. James, la résistance qu'opposent les gros importateurs européens de produits alimentaires aux OGM explique dans une grande mesure pourquoi les gouvernements et exploitants agricoles africains sont peu disposés à épouser cette nouvelle technologie. Cependant, les pays d'Afrique qui seraient disposés à adopter la culture de maïs ou de coton transgéniques tels que l'Égypte, le Kenya, le Burkina Faso et le Mali se heurtent à d'autres grands défis et notamment à un manque de fonds.

Il n'en demeure pas moins que M. James prévoit que les cultures d'OGM augmenteront fortement en Afrique dans les dix prochaines années au fur et à mesure que ces obstacles seront surmontés et que de nouvelles générations de plantes transgéniques possédant des caractéristiques attrayantes pour le continent seront mises au point. À cet égard, la commercialisation en 2010-2012 de plantes résistant à la sécheresse sera particulièrement importante.


Date de rédaction: 18 janvier 2006 Mise à jour: 18 janvier 2006

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