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Actualités de Washington
  

Décès du chanteur afro-américain Wilson Pickett à l'âge de 64 ans

Artiste légendaire, il incarnait la musique soul des années 1960.

Wilson Pickett, chanteur soul

Par Michael Jay Friedman
Rédacteur du « Washington File »

Washington - Wilson Pickett, l'un des grands noms de la musique soul des années 1960 et membre du Panthéon du rock and roll, est décédé le 19 janvier d'une crise cardiaque à l'âge de 64 ans.

On le connaît surtout pour la percée spectaculaire qu'il réalisa dans les années 1960 avec de grands succès tels que « Mustang Sally », « In the Midnight Hour » et « Land of 1000 Dances », qui le propulsèrent au premier rang des talentueux artistes qui popularisèrent le soul et le rhythm and blues (R&B) à cette époque.

Né à Pratville (Alabama), Wilson Pickett se rendit, adolescent, à Détroit, où il créa un groupe de musique gospel et fut invité à se joindre aux Falcons, un groupe réputé de R&B. Par la suite, il signa un contrat en solo avec Atlantic Records.

Cette maison de disques maintenait des relations de travail avec deux des labels soul les plus en vue, Stax Records, de Memphis, et Fame Records, de Muscle Shoals dans l'Alabama. Chez Stax, Wilson Pickett s'associa à Jerry Wexler, producteur de renom qui enregistrait les grands noms de la chanson, tels qu'Aretha Franklin, Ray Charles et les Drifters, pour réaliser « In the Midnight Hour », chanson qui, selon un critique, représentait « un morceau capital de transition qui introduisit le R&B dans l'ère du soul ».

Divers artistes, tels Steve Cropper (de Booker T and the MGs) et Duane Allman (qui devait plus tard faire partie de l'Allman Brothers Band), participèrent aux enregistrements de Wilson Pickett à Memphis et à Muscle Shoals.

Wilson Pickett était renommé pour sa voix rauque et pour ses vocalises éraillées, chargées d'émotion, qui contrastaient avec celles d'Otis Redding, un autre chanteur pour Stax.

Bien qu'il fût surtout célébré pour ses disques réalisés chez Stax et Fame, il réalisa plusieurs chansons à succès dans les années 1970 pour Kenneth Gamble et Leon Huff, producteurs de Philadelphie dont les arrangements plus harmonieux et complexes sont connus aujourd'hui sous le nom de « son de Philadelphie », qui représente une sorte de transition entre le soul des années 1960 et le disco des années 1980.

Wilson Pickett connut un regain de popularité en 1991 lors de la parution du film The Commitments et de la diffusion de sa musique. Il s'agit de l'adaptation d'un roman de 1987 de Roddy Doyle au sujet d'un groupe de musiciens de Dublin au chômage qui forment un orchestre soul dans l'intention de rencontrer Wilson Pickett et de se produire avec lui.

Une nouvelle compilation faite en 1992, « A Man and a Half », très acclamée, présente des versions remastérisées des meilleures chansons de Wilson Pickett des années 1960 et 1970.

Son dernier album, « It's Harder Now », produit en 1999, a obtenu une nomination pour un Grammy et trois prix W.C. Handy de la Blues Foundation.

Son influence en tant que compositeur s'étend à plusieurs genres. Au nombre des artistes qui ont enregistré ses compositions figurent notamment Led Zeppelin, Bruce Springsteen et Credence Clearwater Revival.

Le producteur Jerry Wexler a évoqué dans le quotidien The Chicago Tribune le style intense et rauque de Wilson Pickett : « James Brown savait hurler, et c'était un hurlement. Wilson Pickett savait hurler des notes. Sa voix était puissante, comme une scie circulaire, mais il en gardait toujours le contrôle, elle était toujours mélodique. »


Date de rédaction: 20 janvier 2006 Mise à jour: 20 janvier 2006

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