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L'ambassadeur nigérian invite les Américains à investir plus dans son paysLe Nigeria souhaite diversifier son économie.
Par Charlene Porter Washington -- L'ambassadeur du Nigeria auprès des Etats-Unis, M. George Obiozor, affirme que son pays, qui cherche à diversifier son économie, serait heureux d'attirer plus d'investissements américains. Lors d'une réunion de l'Africa Society qui se tenait le 28 juin à Washington, M. Obiozor a ajouté qu'il souhaitait notamment attirer des investissements dans les secteurs des télécommunications, de la construction et du pétrole. Près de cinquante responsables politiques, membres d'instituts de recherche et d'universités, et chefs d'entreprise participaient à cette réunion. L'Africa Society est une organisation sans but lucratif qui défend les intérêts de l'Afrique et oeuvre à mieux faire connaître ce continent. M. Obiozor a commencé son discours en vantant le rôle clé que joue le Nigeria sur le continent africain, notamment au sein des missions de maintien de la paix et en tant que force économique. Le diplomate, qui a fait ses études à l'université Columbia de New York, où il a rédigé une thèse sur les relations entre les Etats-Unis et le Nigeria, a déclaré : «Je suis fier de mon pays. Nous sommes arrivés.» Il a attribué le succès du Nigeria à de bonnes habitudes de travail, comparables selon lui à celles qui règnent aux Etats-Unis, et a affirmé que les Nigérians étaient très ambitieux et prêts à travailler dur. Le Nigeria a également bénéficié des investissements américains. En effet, selon l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), les Etats-Unis investissent plus au Nigeria que dans n'importe quel autre pays africain. Une partie de ces investissements provient d'un programme de l'USAID qui vise à soutenir la croissance et le développement économiques, notamment dans le domaine de l'agriculture, par le biais de l'amélioration des politiques mises en oeuvre, d'une assistance technique et de l'offre de formations. Un autre programme porte sur le lien entre l'éducation et la santé. L'USAID appuie des projets locaux d'éducation primaire, de planification des naissances, de santé génésique et de survie infantile. Ce programme facilite notamment la prévention et le traitement de maladies courantes et évitables telles que la rougeole, ainsi que la formation des enseignants afin d'améliorer la qualité de l'éducation. Les Etats-Unis fournissent en outre une aide à la lutte contre le VIH/sida, ce qui n'est pas un luxe au Nigeria, pays qui, selon l'USAID, compte quatre millions de séropositifs. Le Nigeria fait en outre partie des 15 pays appelés à bénéficier du Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le VIH (PEPFAR), une initiative de 15 milliards de dollars sur cinq ans mise en oeuvre par le gouvernement Bush. Les Etats-Unis soutiennent des programmes de lutte contre le sida dans plus de 100 pays, leurs efforts étant particulièrement concentrés sur les 15 pays qui comptent le plus de séropositifs. Les objectifs à long terme du PEPFAR sont de fournir un traitement à plus de deux millions de malades du sida, de prendre soin de 10 millions de personnes et de prévenir 7 millions d'infections au VIH. Le 2 juin dernier, lors d'une session extraordinaire de l'ONU sur le VIH/sida, Mme Laura Bush a annoncé que les programmes de traitement financés par les Etats-Unis touchaient maintenant 561.000 séropositifs. Des liens étroits avec les Etats-Unis par le truchement de l'aide et du commerce sont un élément important de la croissance récemment enregistrée au Nigeria. «Les Nigérians sont très reconnaissants envers les Etats-Unis», a dit M. Obiozor. Le modérateur de la discussion, M. Keith Richburg du «Washington Post», avait lui-même quelques remerciements à faire. En 1993, a-t-il raconté, lorsqu'il était correspondant à Mogadiscio (Somalie), il a compté sur les casques bleus nigérians pour protéger l'hôtel où il séjournait. Il a insisté sur l'importance et le dévouement des troupes nigérianes de maintien de la paix, et déclaré espérer qu'elles continueraient d'aider à endiguer les conflits locaux. M. Richburg a également souligné l'importance économique du Nigeria pour les Etats-Unis, précisant que les deux pays étaient liés par des investissements annuels des Etats-Unis se montant à sept milliards de dollars. Les Etats-Unis importent à l'heure actuelle 15% de leur pétrole d'Afrique, dont 80% provient du Nigeria, a affirmé M. Obiozor. Ce pays possède également d'importantes ressources de gaz naturel. M. Obiozor a toutefois précisé que les efforts de développement ne devraient pas cibler uniquement le Nigeria, mais l'ensemble de l'Afrique. Selon lui, il est essentiel d'engager des ressources dans d'autres pays, afin d'éviter les conflits de jalousie «entre frères» que pourraient engendrer de profondes inégalités de richesse. Un autre participant à la discussion, le député Donald Payne (démocrate du New Jersey), a déclaré que les récents progrès réalisés vers la démocratie dans de nombreux pays africains auguraient bien de l'avenir du continent. Approuvant ces propos, M. Obiozor a prédit que d'ici à la fin de la décennie, l'Afrique subsaharienne serait aussi importante que le Moyen-Orient sur les plans économique et stratégique. Date de rédaction:
03 juillet 2006 Mise à jour:
03 juillet 2006
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