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Le jumelage des villes encourage la paix, le respect mutuel et la compréhensionDepuis cinquante ans, l'organisme « Sister Cities International » appuie la diplomatie « citoyenne ».Par Michael Jay Friedman Washington - Alors que les représentants de « Sister City International », un mouvement international de jumelage des villes, se rassemblent à Washington pour marquer l'anniversaire de la Conférence de la Maison-Blanche sur la diplomatie citoyenne convoquée il y a cinquante ans par le président Dwight Eisenhower, des projets de jumelage continuent à rapprocher des villes et des gens du monde entier. On s'attend à ce que plus d'un millier de partisans du programme « Sister-City », représentant une trentaine de pays, assistent les 13 et 14 juillet aux célébrations qui comprendront une conférence intitulée « Un événement historique pour l'avenir de la diplomatie citoyenne », où l'historien Michael Beschloss, lauréat d'un Prix Pulitzer, doit prononcer le principal discours. La secrétaire d'État adjointe pour les affaires éducatives et culturelles, Mme Dina Habib Powell, figure parmi les dignitaires qui doivent prendre la parole durant cette conférence à laquelle ont également été conviés des membres du Congrès. Une campagne intitulée « Faire entendre ma voix », qui vise à encourager la participation de milliers de nouveaux « citoyens diplomates » aux activités internationales, sera lancée et un Sommet national sur la diplomatie citoyenne, qui offrira des ateliers de formation pratique permettant aux personnes intéressées de promouvoir le programme « Sister-City » et la diplomatie citoyenne, sera organisé. Le concept sous-tendant le programme de jumelage « Sister-City » On pense que l'idée de « jumeler » une collectivité avec une autre à l'étranger aurait vu jour durant la Deuxième Guerre mondiale. En 1944, la ville portuaire canadienne de Vancouver a été jumelée avec Odessa, une ville portuaire soviétique tout juste libérée. Les habitants de Vancouver ont envoyé à Odessa le matériel de construction dont cette ville avait grand besoin et ont organisé une « semaine Odessa » pour célébrer les cultures russe et ukrainienne. La guerre terminée, les Européens ont épousé en grand nombre l'idée de former des liens avec des collectivités au-delà de leurs frontières afin d'encourager la compréhension mutuelle et d'empêcher un autre conflit armé. C'est ainsi que deux ans seulement après la fin des hostilités entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne, les villes de Bristol, en Angleterre, et de Hanovre, en Allemagne, furent jumelées. La population de Bristol envoya à Hanovre de la nourriture et des vêtements et les deux villes mirent sur pied une série d'échanges culturels. À ce jour, environ 25.000 habitants de ces villes ont visité leur ville jumelle, contribuant ainsi à forger une amitié internationale durable. En 1956, le président Eisenhower a lancé le programme « People-to-People » (De personne à personne), précurseur du mouvement américain de jumelage de villes. « Si nous voulons tirer avantage de la supposition selon laquelle tous les gens veulent la paix, le problème est alors pour les gens de se rassembler, de passer outre aux gouvernements (...) pour trouver non pas un, mais des milliers de moyens permettant aux gens de se connaître progressivement un petit peu plus », avait-il dit. L'organisation « Sister Cities international » (SCI) a été créée en 1967. Ce réseau sans but lucratif se vouant à la diplomatie citoyenne encourage les partenariats entre des collectivités des États-Unis et d'autres à l'étranger et œuvre à « encourager la paix grâce au respect mutuel, à la compréhension et à la coopération - une personne, une collectivité à la fois ». Parmi les programmes de SCI figure le projet « Fauteuils roulants pour la paix », qui a cinq ans, et en vertu duquel des collectivités des États-Unis ont fait parvenir des fauteuils roulants à des villes jumelles de Chine, du Maroc, du Pérou, de Moldavie, de Pologne, du Mexique, du Liban, du Mali et d'Afrique du Sud, entre autres. Les villes et municipalités américaines aident leur « jumelles » de diverses façons. Des ingénieurs de Portland (Maine), par exemple, ont travaillé à augmenter et à améliorer l'approvisionnement en eau d'un hôpital de Cap-Haïtien, ville qui est jumelée avec Portland. La ville de Denver a fait don d'un camion de collecte des eaux usées à Axum (Éthiopie), où le manque d'égouts a conduit à des problèmes d'hygiène publique. Fort Lauderdale, en Floride, a été le fer de lance d'un projet d'accès à l'internet et de formation à Agogo, au Ghana. Le mouvement « Sister-City » concerne aujourd'hui 2.500 collectivités dans 134 pays. L'expérience d'une ville Une aide est toujours appréciée bien sûr, mais ce sont les avantages mutuels et l'enrichissement qui caractérisent les liens noués dans le cadre du programme « Sister-City » et la ville de Fort Worth (Texas) est un bon exemple de la richesse de ces liens. En 1985, Fort Worth se jumelait pour la première fois, et ce avec Reffio Emilia, en Italie. Depuis, les deux collectivités ont participé à un vaste éventail d'échanges aux plans éducatif, culturel et sportif, et organisé notamment un colloque sur l'adaptation à l'handicap physique et un match de basket en fauteuils roulants. En 1987, Fort Forth se jumelait avec Nagaoka, au Japon. Outre un échange annuel d'une quinzaine de jours sur l'éducation, les deux villes échangent des spécialistes de la lutte contre les incendies et du sauvetage et des spécialistes de la formation associés à la Croix-Rouge. Depuis 1987, Forth Worth et Trèves, sa ville jumelle d'Allemagne, organisent des échanges d'étudiants universitaires, de compagnies musicales et de ballet et même des expositions de cuisines régionales. Dans le cadre d'un accord de jumelage signé en 1990 avec Budapest (le premier entre une ville américaine et une ville de Hongrie), des élèves de l'Institut Cliburn du piano se rendent en Hongrie et des élèves de l'Académie Franz Liszt vont à Fort Worth. En 1990, Fort Worth est devenue la première ville des États-Unis à s'unir à une ville d'Indonésie. Le jumelage avec Bandung a permis la création de stages dans les domaines du traitement des eaux usées, de la sécurité, de la gestion et de la formation médicale et infirmière, ainsi que de nombreux échanges dans les domaines de l'économie, des sports et de la culture. Alors que les délégués de « Sister City International » célèbrent le cinquantenaire de leur organisation, les véritables succès qu'ils ont remportés, qu'il s'agisse de représentations artistiques, de fourniture de fauteuils roulants ou d'ouverture d'esprit, montrent la valeur des échanges internationaux. Pour sa part, la sous-secrétaire d'État pour la diplomatique publique et les affaires publiques, Mme Karen Hughes, s'est faite à de nombreuses reprises l'avocate des échanges de personne à personne. « Mieux nous nous connaîtrons, mieux nous serons en mesure de nous comprendre », a-t-elle récemment fait remarquer à un groupe de jeunes Marocaines. Date de rédaction:
12 juillet 2006 Mise à jour:
12 juillet 2006
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