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Économie : l'Afrique est entrée dans une nouvelle èrePropos de la ministre nigériane des affaires étrangères au Sommet SullivanPar Charles W. Corey Abuja (Nigeria) - En Afrique, de plus en plus de gouvernements adoptent des principes de bonne gouvernance et tentent de promouvoir un développement politique et économique rationnel qui permettra au continent d'obtenir des résultats tangibles. C'est ce qu'a affirmé la ministre nigériane des affaires étrangères, Mme Ngozi Okonjo-Iweala, le 17 juillet, lors de l'ouverture du Septième Sommet Leon Sullivan, à Abuja. Afin de corriger ce qu'elle a qualifié de fausses impressions relatives à l'Afrique, Mme Okonjo-Iweala, ancienne vice-présidente de la Banque mondiale, a énuméré les tendances économiques positives enregistrées sur le continent. « On manque d'informations honnêtes sur le continent. L'Afrique est aux prises avec ce problème (...) Elle est souvent décrite comme un continent en proie aux guerres, aux désastres, à la pauvreté et à la corruption. » Cette image, a-t-elle souligné, donne une idée fausse de la réalité, qui est que de nombreux pays africains sont en train de réaliser de réels progrès économiques. « Aujourd'hui, les possibilités commerciales abondent en Afrique, parce qu'elle est en train de changer. Du Sénégal au Kenya, de l'Égypte à l'Afrique du Sud, vous pouvez observer les succès du développement du secteur privé dans le contexte d'une renaissance africaine » qui contraste fortement avec l'Afrique du passé, a-t-elle affirmé. Aujourd'hui, a-t-elle ajouté, la plupart des observateurs - tels que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international - s'accordent à dire que l'Afrique est entrée dans une nouvelle ère. Elle connaît actuellement en effet de forts taux de croissance économique. La croissance moyenne du produit intérieur brut (PIB) est de 5,2 % depuis 2003, alors qu'elle n'était que de 2,6 % de 1998 à 2000. Mme Okonjo-Iweala a attribué ce progrès à l'adoption de réelles réformes économiques sur l'ensemble du continent. Elle a précisé que plus de la moitié des pays de l'Afrique subsaharienne connaissaient un taux de croissance économique de plus de 4 % depuis cinq ans. Cette tendance devrait se maintenir en 2006. Elle a toutefois précisé qu'un taux de 5 % n'était pas suffisant pour engendrer une croissance économique permettant d'atteindre les Objectifs de développement du millénaire, une série de points de référence internationalement reconnus dans les domaines de la réduction de la pauvreté, de l'éducation, de la santé, de la gouvernance et du développement. Cependant, d'autres indicateurs macroéconomiques sont également en train de s'améliorer, a ajouté Mme Okonjo-Iweala. Durant la majeure partie des années 90, le taux d'inflation moyen sur le continent était de 29 %. Mais depuis 2000, il est inférieur à 10 %. Les réserves étrangères de l'Afrique ont également augmenté, alors que ses dettes à l'étranger ont été fortement réduites. Cette réduction, a-t-elle précisé, est directement responsable de certains des progrès économiques enregistrés sur le continent, notamment l'amélioration de la cote de solvabilité de plusieurs États africains. L'allégement de la dette a également libéré les fonds dont avaient besoin les économies africaines pour créer les conditions propices au développement. De ce fait, le climat des affaires s'améliore régulièrement. De nombreux pays africains ont adopté des mécanismes permettant aux investisseurs d'obtenir les permis nécessaires auprès d'un seul bureau. Mme Okonjo-Iweala a également fait l'éloge de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique subsaharienne (AGOA) pour avoir aidé l'Afrique à atteindre une réelle croissance économique. Toutes ces actions commencent à donner des résultats, par exemple le doublement des flux de capitaux privés vers l'Afrique subsaharienne, et une forte augmentation des envois de fonds vers le continent. Elle a affirmé que les statistiques qu'elle citait étaient réelles. Elle a ensuite qualifié la bonne gouvernance d'ingrédient essentiel du développement économique africain. « L'Afrique tourne également la page dans le domaine politique, parce que de nombreux pays africains adoptent désormais la démocratie et organisent des élections. Depuis 2000, plus des deux tiers des pays de l'Afrique subsaharienne ont eu des élections multipartites. Les dirigeants africains abordent la question de la gouvernance avec tout le sérieux qu'elle mérite. Ils reconnaissent que la corruption et la mauvaise gestion sont des facteurs qui sapent le développement du continent. » Elle a admis que l'Afrique souffrait toujours de la pauvreté de ses infrastructures et que le manque de routes, de voies ferrées et de ports constituaient un obstacle au développement, mais elle s'est empressée d'ajouter que ces manquements pouvaient être considérés comme des possibilités d'investissements pour ceux qui étaient prêts à relever le défi. Pour conclure, Mme Okonjo-Iweala a affirmé que, dans le monde entier, les Noirs détenaient des capitaux de 600 millions de dollars, et exprimé l'espoir qu'une partie croissante de ces capitaux seraient investis en Afrique. Le Septième Sommet Leon Sullivan dure jusqu'au 20 juillet et a pour thème principal : « Africa : A continent of Opportunities - Building Partnerships for Succes » (L'Afrique, un continent prometteur - construire des partenariats pour le succès). Date de rédaction:
18 juillet 2006 Mise à jour:
18 juillet 2006
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