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Le NEPAD permet aux Africains de préparer leur développementLes États-Unis appuient ce partenariat, affirme la sous-secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines.
Par Charles Corey Abuja (Nigeria) - De l'avis de la sous-secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Linda Thomas-Greenfield, l'élément le plus important du « Nouveau Partenariat pour le développement en Afrique » (NEPAD) est qu'il permet aux Africains d'élaborer leur propre stratégie en matière de développement. Prenant la parole le 18 juillet, à l'occasion du Septième Sommet Sullivan qui se tient à l'heure actuelle à Abuja, Mme Thomas-Greenfield a précisé que la politique des États-Unis à l'égard de l'Afrique reposait sur deux piliers : l'appui à une bonne gouvernance par le biais d'élections démocratiques et équitables, et la promotion de la croissance économique et du commerce. « Pour nous, le NEPAD appuie cette stratégie en Afrique, mais ce qui est plus important encore, c'est qu'il donne aux Africains le rôle de « pilote ». Ce sont eux qui mettent au point la stratégie, développent la vision et qui, en collaboration avec le NEPAD, mettent sur pied une approche intégrée qui les aidera à trouver des solutions appropriées à leurs problèmes économiques et de développement », a-t-elle dit. Le NEPAD est un cadre stratégique de développement, issu d'un mandat donné à cinq pays africains (Algérie, Égypte, Nigeria, Sénégal et Afrique du Sud) par l'Organisation de l'unité africaine (OUA) et adopté officiellement en juillet 2001, lors du 37e sommet de l'OUA, qui a pour objectif d'éradiquer la pauvreté, de stimuler le développement durable, de mettre fin à la marginalisation de l'Afrique au sein de l'économie mondiale et d'accélérer l'émancipation des femmes. (L'OUA a été dissoute en juillet 2002 et remplacée par l'Union africaine.) Le NEPAD aide des pays comme les États-Unis à peaufiner leur stratégie de développement en Afrique, a observé Mme Thomas-Greenfield, ajoutant : « Nous ne considérons pas le NEPAD comme une institution de mise en application ou un bénéficiaire d'aide. Pour nous, c'est un organe qui conduira les pays africains à la prééminence en stimulant leur développement économique. » Se faisant l'écho des propos émis par Mme Thomas-Greenfield concernant le NEPAD, le ministre algérien de la coopération, M. Abdelkader Messahel, a fait remarquer que le partenariat était la fondation du NEPAD. Ce partenariat, a-t-il dit, comprend trois niveaux : un niveau national qui cherche à faire participer l'ensemble des citoyens au gouvernement de chaque pays africain ; un niveau interafricain qui cherche à promouvoir la réalisation de projets régionaux et sous-régionaux liés au développement tels que des routes ; et un niveau international qui fait intervenir des partenariats avec les pays industriels tels que les États-Unis. Les Africains, a fait valoir M. Messahel, veulent préparer leur propre développement et le NEPAD leur permet de le faire. Ils veulent aussi promouvoir l'unité, la stabilité, la démocratie et la bonne gouvernance, des objectifs que s'est aussi donnés le NEPAD. Expliquant qu'une quarantaine de pays africains ont épousé une forme ou une autre de gouvernement démocratique et qu'un grand nombre de ces pays connaissent aujourd'hui une croissance économique annuelle de 5 % , M. Messahel a souligné : « L'Afrique a de l'avenir et il a le potentiel de se développer. C'est la raison pour laquelle nous avons le NEPAD, qui représente une approche synergique au développement. » Prenant à son tour la parole, Mme Nenadi Esther Usman, ministre des finances du Nigeria, a lié le développement en Afrique à sa capacité d'attirer des capitaux-investissements, aussi bien des capitaux financiers qu'humains, à savoir des personnes qui sont bien versées dans les nouvelles technologies et qui seront en mesure de développer des économies bâties sur le secteur privé des pays africains. « C'est le seul moyen d'importance capitale pour créer des emplois et la richesse et donc de nous aider à lutter contre la pauvreté (...) Le manque de capitaux, de techniques et de compétences humaines a empêché l'Afrique de lutter de façon efficace contre la pauvreté et le sous-développement », a-t-elle déclaré, ajoutant que le défi auquel se heurtait ce continent était d'accroître les investissements privés afin d'encourager le développement, notamment dans les domaines de l'infrastructure, des technologies et des ressources humaines. « La croissance des entreprises privées ne peut être maintenue que si les pays africains encouragent la concurrence et les partenariats entre les secteurs privé et public », a-t-elle fait valoir. La concurrence, a-t-elle souligné, est un élément-clé de la croissance économique, citant en exemple les bénéfices de l'ouverture à la concurrence du secteur nigérian des télécommunications. En 2000, le Nigeria n'avait que 500.000 lignes de téléphones. Aujourd'hui, a-t-elle précisé, grâce à la libéralisation du secteur des télécommunications, le pays a 16 millions de numéros de téléphone actifs et les Nigérians jouissent d'excellents services de téléphones portables. Cependant, lorsque les participants au sommet ont pu poser des questions, un délégué nigérian a fait remarquer que de nombreux Nigérians n'avaient pas les moyens d'acheter des minutes supplémentaires pour leur téléphone. « Le gouvernement ne peut acheter des cartes pour recharger les téléphones des gens ; il peut simplement créer les conditions qui permettent aux gens de travailler de façon à ce qu'ils puissent gagner l'argent pour recharger leur téléphone », a-elle souligné, ajoutant qu'il appartenait au gouvernement de procéder à un « dégraissage » qui permettrait au secteur privé de s'épanouir. Le Septième Sommet Sullivan se termine le 20 juillet. Date de rédaction:
19 juillet 2006 Mise à jour:
19 juillet 2006
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