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Un fonds de solidarité aidera des collectivités en RDCLa collaboration entre les secteurs public et privé est prometteuse, selon l'USAID.
Par Jim Fisher-Thompson Kinshasa (République démocratique du Congo) - Les pauvres de ce pays, qui depuis de longues années considèrent les grosses sociétés comme des prédateurs en raison de la corruption des pouvoirs publics, pourraient bientôt changer d'avis si, comme on l'espère, un programme novateur auquel participent l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), des entreprises minières et les autorités locales commence à amener des fonds dans les coffres des collectivités. Lors d'une interview accordée le 31 mai au « Washington File », M. Nicholas Jenks, directeur des programmes de l'USAID en République démocratique du Congo (RDC), a déclaré : « Nous démarrons une association avec des sociétés minières dans la province de Katanga, dont Phelps Dodge », société minière internationale qui a son siège dans l'Arizona. L'idée est de « créer une structure et une collaboration avec ces entreprises et avec les autorités locales pour assurer la gestion des fonds de solidarité des entreprises minières ainsi que des redevances versées aux autorités », a dit M. Jenks. « Les lois sur la solidarité sociale figurent au code de la RDC, mais les entreprises tiennent aussi à démontrer leur volonté d'aider les collectivités où elles se sont implantées », a-t-il dit. M. Jenks, qui administre des programmes de l'USAID d'un montant de 100 millions de dollars en RDC, a déclaré : « Nous pensons que notre partenariat avec les entreprises minières va amener à la longue, si nous réussissons, une part significative de revenus gouvernementaux dans une structure de gestion dont tout le monde profitera. » L'USAID consacre 3,5 millions de dollars en 2006 pour appuyer ce projet, a indiqué le responsable, ajoutant que d'autres donateurs s'y intéressaient, si bien que « nous envisageons une collaboration qui pourrait commencer à faire sortir des dizaines de millions de dollars du fonds de solidarité sociale d'ici deux à trois ans ». L'ambassadeur des États-Unis en RDC, M. Roger Meece, qui s'était entretenu avec le « Washington File » le 30 mai, a qualifié la signature récente de l'accord avec Phelps Dodge « d'événement très significatif pour l'avenir de la RDC ». L'accord relatif à l'extraction de cuivre dans le Katanga, moyennant un investissement de 300 à 500 millions de dollars, est un projet important pour la RDC, a dit M. Meece : « C'est un bon signe, qui montre que les investisseurs sont disposés à tenter leur chance ici » en dépit de la récente incertitude politique et des troubles continus au Congo oriental. Cet ancien volontaire du Corps de la paix a déclaré : « Ce pays, à tous égards, devrait être extrêmement prospère en raison de l'immensité de ses ressources naturelles », mais la guerre et la corruption ont ravagé son économie en éloignant les investissements tant intérieurs qu'étrangers. La tâche consiste à présent à « mobiliser des capitaux internes et extérieurs » pour reconstruire l'infrastructure du pays, négligée après tant de décennies de gabegie, a déclaré l'ambassadeur. Il s'agit aussi, pour le développement à long terme de la nation, de « mobiliser le pouvoir d'action des collectivités, et là le potentiel est énorme ». C'est précisément ce à quoi s'emploie l'USAID grâce à plusieurs programmes liés au développement durable, a expliqué M. Jenks. Dans le domaine de la santé, l'USAID apporte une aide de 10 millions de dollars à la lutte contre le sida en RDC en 2006, dans le cadre du Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR). Annoncé en 2003, ce plan quinquennal de 15 milliards de dollars met l'accent sur les 15 pays les plus durement touchés de la planète. Outre le PEPFAR, l'USAID consacre quelque 15 millions de dollars à d'autres programmes de santé tels que l'éradication de la poliomyélite et l'aide à la prestation de soins primaires en milieu rural. Dans la partie orientale du Congo, où les combats et les maladies causées par des bandes de milices en maraude opérant dans une région grande comme la Belgique tuent de 1.000 à 1.200 personnes par jour, l'USAID fournit une aide d'urgence importante. En 2006, les États-Unis fournissent également à la RDC une aide alimentaire valant environ 20 millions de dollars par le truchement du Bureau de l'aide en cas de catastrophe à l'étranger (OFDA), a indiqué M. Jenks. L'OFDA envoie en outre pour quelque 25 millions de dollars de fournitures pour abris destinés aux populations que les combats dans des districts tels que Bukavu, Kivu et Ituri ont contraintes à la fuite. Répondant aux troubles dans l'Est, l'USAID a également contribué à hauteur de 9 millions de dollars au cours des trois dernières années à la réinsertion des anciens combattants de l'Ituri. L'agence a, de plus, financé un programme de soins médicaux et de soutien psychologique destiné à plus de 10.000 victimes de viol depuis l'an 2000, a ajouté le responsable. Pour la période précédant les élections du 30 juillet en RDC, les premières élections vraiment libres depuis l'accession du pays à l'indépendance il y a plus de 40 ans, l'USAID administre des programmes totalisant 10 millions de dollars et recouvrant deux grands domaines : le soutien au gouvernement de transition et l'amélioration de l'administration des affaires publiques. Date de rédaction:
02 juin 2006 Mise à jour:
02 juin 2006
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