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Les investissements privés américains appuient le commerce africainLes entreprises africaines préfèrent l'accès aux marchés à l'aide étrangère.
Par Rachel J. King Washington - De l'avis d'économistes et de représentants des milieux d'affaires des États-Unis, rassemblés dans le cadre d'une réunion du Forum de l'AGOA portant sur le secteur privé, si on veut que les économies africaines s'épanouissent, il faut créer des partenariats avec le secteur privé et les maintenir. « Les gens participent aux forums de l'AGOA pour obtenir des informations qui leur faciliteront le travail une fois rentrés chez eux », a expliqué Mme Karen Coachman, présidente de l'organisme « African-American Alliance Group ». En vertu de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA), les pays africains prêts à réformer et à ouvrir leur économie peuvent exporter plus de 6.400 articles en franchise de droits de douane vers les États-Unis. Cette loi commerciale d'une grande portée, la première qui concerne l'Afrique, a été promulguée en 2000, et a depuis été amendée et prorogée. L'agriculture, a rappelé M. Bill Guyton, président de la Fondation mondiale du cacao, est l'une des plus importantes sources de revenus pour les économies africaines et 60 % des ouvriers africains travaillent dans l'agriculture. Pour sa part, le responsable des affaires internationales pour « Sealed Sweet », du consortium UNIVEG, a expliqué que depuis l'ouverture de son économie, les exportations d'agrumes d'Afrique du Sud ont atteint 30 millions de dollars annuellement et continuent de croître ; par ailleurs, la culture des agrumes dans ce pays a doublé au cours des cinq dernières années. « Maintenir l'accès aux marchés est le plus gros défi auquel se heurtent les sociétés africaines. La perte de l'accès au marché américain, par exemple, serait dévastatrice pour les économies africaines. Toute restriction (à ce marché) devrait reposer sur des critères scientifiques », a-t-il souligné. « La meilleure façon, pour l'AGOA, d'appuyer le commerce africain est d'ouvrir l'accès au marché américain », a fait valoir M. Lloyd Le Page, responsable des questions liées à l'agriculture durable et au développement pour la branche « Pioneer Hi-Bred » de la société DuPont, ajoutant que les espoirs que l'Afrique nourrit pour l'avenir reposent sur « la réaffirmation de l'engagement mondial vis-à-vis de l'agriculture en tant que plate-forme de la croissance économique » et sur « le renouvellement de l'engagement de l'Afrique à résoudre ses propres problèmes ». Pour qu'elles réussissent au plan économique, a indiqué M. Guyton, les sociétés africaines « doivent travailler en partenariat avec des organismes qui s'intéressent à l'agriculture durable », précisant que la Fondation mondiale du cacao avait mis sur pied des collèges agricoles de campagne dans plusieurs pays d'Afrique occidentale et que la productivité de l'agriculture s'était améliorée. Les revenus ont enregistré une augmentation se situant entre 20 et 55 % et l'efficacité des annonces commerciales entre 5 et 18 %. À ce jour quelque 13.000 agriculteurs ont bénéficié d'une formation. Le sucre est l'un des produits de base qui ne sont pas considérés dans le cadre de l'AGOA. Cependant, a expliqué M. Donald Mitchell, économiste attaché à la Banque mondiale, « les États-Unis ont exprimé la volonté de considérer son accès au marché américain sans droit de douane ». « Il faut qu'une réforme intervienne à l'échelle mondiale en ce qui concerne le sucre, car à l'heure actuelle les protections sont élevées : en moyenne 27 % de droits de douane sur les importations de sucre, ce qui encourage la consommation interne et limite les possibilités commerciales », a-t-il souligné, ajoutant qu'une réforme dans ce domaine ouvrirait de nouveaux débouchés pour les pays en développement et pourrait atténuer la pauvreté des paysans. Le succès passe par les partenariats Les partenariats étaient aussi l'un des thèmes évoqués par un groupe de travail qui s'est penché sur les moyens d'accroître l'investissement du secteur privé américain en Afrique. « Le climat, pour ce qui de l'investissement en Afrique, s'améliore de plus en plus », a fait valoir M. Mandisi Mpahlwa, ministre sud-africain du commerce et de l'industrie. « Les secteurs privés africain et américain partagent de plus en plus souvent les mêmes valeurs et les mêmes intérêts », a fait remarquer Mme Holly Vineyard, sous-secrétaire d'État adjointe pour l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Asie du Sud. Et d'ajouter : « Le mauvais état de l'infrastructure concerne tout le monde et conduit à des coûts plus élevés. Il faut que les gouvernements s'efforcent de donner les structures adéquates et de bonnes informations. Cela exige des communications constantes. » « Il vous faut trouver des partenaires en qui vous pouvez avoir confiance », a souligné M. Ken Ofori-Atta, président de « Databank » au Ghana. « L'Afrique est en marche, et c'est pour de bon. » Date de rédaction:
06 juin 2006 Mise à jour:
06 juin 2006
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