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Actualités de Washington
  

Recul de la violence dans la province de l'Ituri en RDC

Les Casques bleus de l'ONU désarment quelque 17.000 miliciens.

des soldats de la MONUC en RDC
La MONUC met en place un dispositif de défense. (©AP/WWP)

Par Jim Fisher-Thompson
Correspondant du « Washington File »

Bunia, province de l'Ituri (République démocratique du Congo) - La route principale poussiéreuse de Bunia n'est toujours pas goudronnée, mais les signes de carnage, communs au plus fort des attaques des rebelles dans cette ville il y a plus de deux ans, ont disparu.

Avant que les membres armés de la Mission d'observation des Nations unies au Congo (MONUC) ne soient déployés dans l'Ituri, en 2003, le chaos régnait à Bunia, son chef-lieu, a expliqué au « Washington File » M. Mohammad Abdul Wahab, attaché au département de l'information publique de l'ONU, le 6 juin, ajoutant : « Des rebelles armés sillonnaient la ville avec les membres déchiquetés de leurs victimes attachés à leur véhicule, tirant sur tout ce qui bougeait dans les rues. »

Comme c'est le cas pour les habitants de nombreuses zones de conflit en Afrique, une grande partie des 4 millions d'habitants de l'Ituri se trouvaient, depuis 1999, pris entre les feux de deux principaux groupes ethniques : les Hemas et les Lendus. La violence a fait environ quelque 50.000 victimes parmi la population de l'Ituri et 100.000 réfugiés.

Selon le département d'État, depuis 2000, la plupart des affrontements dans le nord-est du Congo ont leurs racines dans la concurrence à laquelle se livrent les chefs de guerre locaux et les hommes d'affaires en vue de contrôler les échanges, les droits de douane dans la région et les ressources énonomiques, notamment minières.

Même en 2004, lorsque M. Abdul Wahab est arrivé dans l'Ituri, la nuit était encore souvent troublée par l'échange de coups de feu, et le personnel de l'ONU n'était pas autorisé à sortir de son campement une fois la nuit tombée.

Des changements spectaculaires se sont cependant produits après l'incorporation aux forces de la MONUC de soldats pakistanais qui, après avoir repoussé les hommes armés avec des véhicules blindés, se sont attaqués aux milices et aux rebelles se trouvant dans les campagnes avec l'aide d'une unité de l'armée de l'air indienne.

« Désormais, la population entière de l'Ituri est en sécurité », a souligné M. Abdul Wahab, précisant que le mérite du désarmement de 17.000 rebelles, en 2005, revenait aux forces de la MONUC sur le terrain, qui consistent en quatre bataillons d'infantrie, venus respectivement du Bangladesh, du Maroc, du Pakistan et du Népal.

Bunia est aujourd'hui une ville sûre et la paix règne dans la majorité de l'Ituri, mais le prix de cette sécurité a été élevé. Pas plus tard que le 29 mai, une unité népalaise est tombée dans une embuscade mise en place par des rebelles alors que les forces de la MONUC participaient à une opération. Un soldat a été tué et sept autres faits prisonniers.

À ce jour, ces derniers n'ont pas été libérés et, selon les affirmations du responsable de la MONUC, M. William Swing, un ancien diplomate américain qui a récemment accordé une interview au « Washington File » et à qui l'on attribue le mérite de l'accélération des activités sur le terrain de cette force contre les milices dans l'est du Congo, la MONUC ne ménage aucun effort pour obtenir la libération de ces soldats.

- La MONUC inscrit des électeurs et construit des routes

La MONUC ne se limite pas aux opérations militaires, a fait remarquer la responsable des services de l'information publique, Mme Jennifer Bakody. Dans l'Ituri, elle a réussi à inscrire près d'1,4 million d'électeurs en vue du scrutin du 30 juillet, premières élections à se tenir à l'échelle nationale depuis l'accession à l'indépendance de la RDC, il y a 40 ans.

La MONUC a établi 16 centres régionaux chargés d'aider la RDC à se préparer pour des élections qui se dérouleront dans 50.000 bureaux de vote dispersés aux quatre coins du pays. En tout, 216 partis sont représentés, 9.000 candidats briguent un siège au Parlement et 33 la présidence.

Au plan de l'infrastructure, la MONUC a construit ou amélioré près de 2.000 kilomètres de routes dans l'Ituri. « Outre l'aide qu'elle apporte à l'organisation des élections, la MONUC a aidé à construire des écoles et à transporter des vivres vers des régions où sévit la famine », a précisé Mme Bakody.

L'aéroport de Bunia a été modernisé, permettant aux 82 avions de la MONUC de transporter environ 4.000 personnes par mois et aux hélicoptères d'attaque de l'armée de l'air indienne d'assurer le transport aérien des forces de la MONUC vers leurs lieux d'opérations.

« Je puis dire sans l'ombre d'un doute que le sort des gens d'ici s'est amélioré du fait de la tâche accomplie par la MONUC », a souligné Mme Bakody.

Pour ceux qui s'efforcent d'organiser les prochaines élections tout en cherchant des solutions au conflit dans l'est du pays, l'étendue de la RDC et son organisation administrative sont intimidantes. L'Ituri, par exemple, dans le nord-est de la province orientale, est à peu près de la même taille que la Sierra Leone.

Le conflit dans l'Ituri ne diffère guère de celui auquel est en proie le Kivu, une région voisine. Ces deux régions sont éloignées d'un contrôle direct. La capitale, Kinshasa, se trouve à 1.300 kilomètres et les richesses minières de l'est du Congo, notamment l'or de l'Ituri, alimentent et financent les activités des rebelles depuis de nombreuses années.

- L'appui des États-Unis à la mission de maintien de la paix

Soucieux de contribuer à juguler le conflit et de faciliter l'instauration de la démocratie en RDC, les États-Unis financent 27 % du budget de la MONUC et allouent environ 100 millions de dollars par an au secteur des soins médicaux de ce pays et à l'aide humanitaire.

Ils ont aussi joué un rôle dans l'établissement, à Kisangani, d'un centre de collecte d'informations permettant de suivre et d'analyser les déplacements de rebelles et de trafiquants d'armes dans l'est du Congo.

Il s'agit en effet de renforcer la confiance entre les divers pays de la région des Grands Lacs qui, de 1998 à 2000, étaient en guerre avec la RDC et en même temps d'atténuer les tensions sur les fronts politique et économique susceptibles de faire redémarrer le conflit.


Date de rédaction: 07 juin 2006 Mise à jour: 07 juin 2006

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