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Les États-Unis vont accueillir davantage de réfugiésIls en font l'annonce à l'occasion de la Journée mondiale du réfugié.
Par Charlene Porter Washington - Selon un communiqué publié le 19 juin par le bureau du département d'État chargé des questions liées à la population, aux réfugiés et à la migration, il va bientôt être possible à des réfugiés bloqués dans des camps depuis des années, voire des décennies, à cause de querelles intestines, de se réinstaller aux États-Unis. Cette annonce faite à l'occasion d'un exposé à la presse coïncidait avec l'observation, le 20 juin, de la Journée mondiale du réfugié. Selon la sous-secrétaire d'État adjointe, Mme Kelly Ryan, 8.000 Turcs meskhètes se sont récemment réinstallés aux États-Unis et 4.000 autres doivent bientôt arriver. « Il s'agit là de personnes qui essentiellement n'ont pas de patrie depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. C'est une situation qui dure depuis longtemps et nous sommes très heureux de les accueillir aux États-Unis », a souligné Mme Ryan. Les Turcs meskhètes, un groupe ethnique en majorité musulman originaire de Géorgie, avaient été déportés en Ouzbékistan par Joseph Staline en 1944. Ils ont subi de multiples déplacements au cours des décennies qui suivirent et leur statut s'est encore compliqué par l'éclatement de l'Union soviétique. Beaucoup d'entre eux se sont intégrés à d'autres États de la Fédération russe, mais dans quelques régions, la citoyenneté leur est refusée et ils sont considérés comme apatrides. Quelque 13.000 réfugiés d'Afrique orientale vont aussi être réinstallés aux États-Unis cette année, notamment des groupes de personnes déplacées originaires d'Éthiopie, du Burundi et du Congo. Selon les responsables, les États-Unis accueilleront environ 54.000 réfugiés en 2006, soit plus que n'importe quel autre pays. Au cours des 30 dernières années, les États-Unis ont réinstallé 2,6 millions de réfugiés. « Les États-Unis sont de loin notre meilleur partenaire, réinstallant plus de réfugiés chaque année que l'ensemble des 18 autres pays dits d'accueil », a expliqué Mme Wendy Young, du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), la principale institution internationale offrant aide et protection aux personnes ayant fui leur pays. La Journée mondiale du réfugié Le HCR est au premier plan de la célébration de la Journée mondiale du réfugié dont le thème, en 2006, est l'espoir. « Il est important également de ne pas simplement considérer les réfugiés comme des victimes, mais de tenir compte de leurs capacités humaines. Il nous faut consolider les communautés de réfugiés et les aider à refaire leur vie, à reconstruire leur maison et leur société », a souligné Mme Young. Elle a précisé que le nombre de réfugiés dont s'occupait le HCR n'avait pas été plus faible depuis 25 ans. Il se chiffre à l'heure actuelle à 8,4 millions de personnes, une diminution de 1 million de personnes entre 2004 et 2005. Cette réduction est imputable au retour des réfugiés dans leur foyer dans plusieurs régions. Plus de 6 millions de réfugiés sont rentrés dans leur pays d'origine au cours des quatre dernières années, notamment en Afghanistan, au Liberia, au Burundi, en Irak et en Angola. Ces chiffres ne sont pas pour autant cause de célébration. Selon Mme Young, le nombre croissant de personnes déplacées à l'intérieur de leur pays préoccupe le HCR. Ces personnes ne sont pas considérées en tant que réfugiés en vertu des lois internationales si elles n'ont pas passé de frontière entre deux pays. Mais la violence et les conflits régionaux ou religieux ont poussé des millions de personnes à fuir leur village et leur ville pour s'installer dans des camps de fortune. La réinstallation des réfugiés Le HCR et les États-Unis œuvrent de concert pour encourager les pays à accroître leur appui à cette cause et à ouvrir leurs portes à un plus grand nombre de réfugiés. « En Amérique latine, plusieurs pays se sont déclarés disposés à accueillir des réfugiés », a précisé Mme Young, Mme Ryan ajoutant que les États-Unis étaient prêts à apporter une aide dans le domaine de la formation technique et de guider d'autres pays à mettre au point des programmes et des mécanismes visant à aider les réfugiés à refaire leur vie dans un nouveau pays. Récemment, pour la première fois, les États-Unis accueillaient six réfugiés originaires de Corée du Nord. Interrogée par les journalistes sur la possibilité d'une extension de cette initiative, Mme Ryan s'est refusée à donner davantage de précisions, expliquant que le département d'État n'était pour l'instant pas disposé à donner les grandes lignes de la politique officielle concernant la réinstallation aux États-Unis de réfugiés nord-coréens. Selon Mme Ryan, la loi permet l'admission de centaines, voire de milliers de réfugiés, mais il serait très difficile d'avoir accès à ces candidats à l'asile en Corée du Nord pour vérifier leur admissibilité. Mme Young a indiqué que la Corée du Sud est en général en mesure d'offrir des solutions à long terme à ceux qui fuient la Corée du Nord au lieu de les réinstaller dans des pays tiers. Date de rédaction:
20 juin 2006 Mise à jour:
20 juin 2006
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