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De jeunes musulmans travaillent au rapprochement des peuplesUne conférence organisée à Copenhague, en juillet, rassemblera des jeunes musulmans originaires de 14 pays.Par Judy Aita New York - Un an après les attentats terroristes perpétrés dans le métro de Londres, deux organisations américaines œuvrant au rapprochement entre le monde musulman et l'Occident réuniront une centaine de jeunes chefs de file musulmans venus de 14 pays qui se pencheront sur le rôle qu'ils peuvent jouer pour atteindre cet objectif. La Société américaine pour le progrès des musulmans (American Society for Muslim Advancement, ASMA) et l'Initiative Cordoba vont organiser, du 7 au 9 juillet à Copenhague (Danemark), le « forum des dirigeants musulmans de demain » qui rassemblera des jeunes représentant l'Allemagne, l'Australie, la Belgique, la Bosnie, le Canada, le Danemark, l'Espagne, les États-Unis, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni et la Suisse. Il s'agit en effet d'élaborer un mouvement positif de jeunes musulmans afin de rejeter et de marginaliser l'extrémisme et d'attacher un caractère positif à l'identité musulmane en Occident. La directrice de l'ASMA, Mme Daisy Khan, a créé son organisation après les attentats terroristes du 11 septembre 2001 afin d'aider les jeunes musulmans à parler de ce que c'est que d'être à la fois musulman et américain. Mais, après les attaques terroristes perpétrées à Madrid, en Espagne, et à Londres, en Angleterre, et du fait des tensions suscitées par la représentation caricaturale du prophète Mahomet au Danemark, elle s'est rendu compte qu'il fallait élargir le dialogue car tous les musulmans vivant en Occident étaient confrontés à des défis semblables. Évoquant le forum à l'occasion d'une conférence de presse, le 15 juin, l'imam Feisal Abdul Rauf, fondateur de l'Initiative Cordoba, a souligné la profonde frustration ressentie par les jeunes musulmans à propos de ce qui est fait au nom de l'islam. « Ils ont le sentiment qu'ils paient le prix d'actions qui sont commises par une minorité très très négligeable, mais qui captive l'attention des médias. Le terrorisme commis au nom de l'islam a blessé les musulmans autant que les Occidentaux, sinon plus », a-t-il souligné, ajoutant cependant que les relations entre l'Occident et les musulmans peuvent facilement être améliorées et que ce rapprochement se fera grâce à l'action des jeunes. Sayyeda Mirza, de l'Institut Est-Ouest, se réjouit de participer à la conférence car, dit-elle, elle souhaite parler avec d'autres jeunes musulmans des principales questions et des défis auxquels ils se heurtent en tant que membres d'une société occidentale. Née et élevée aux États-Unis dans une famille d'immigrés, elle déclare avoir pleinement incorporé à son identité sa qualité d'Américaine, de musulmane, de femme, d'électrice et de personnes active et engagée dans la société. « Je ne pense pas à la question de double loyauté dont beaucoup de personnes parlent. Je me sens bien dans ma peau », affirme-t-elle. Cela n'empêche que certaines personnes considèrent qu'elle fait partie du camp des autres et elle voudrait retrouver sa place au sein de la société américaine et ne pas être vue comme « une personne liée à tel ou tel terroriste ». Elle veut être acceptée comme quelqu'un dont les croyances et les pratiques sont « totalement compatibles avec les valeurs occidentales ». Omar Amanat, qui participera aussi à la conférence, se souvient qu'avant le 11 septembre on le considérait d'abord en tant qu'étudiant, entrepreneur, philanthrope, et non pas en tant que musulman. Mais après les attaques terroristes, a-t-il expliqué, si vous étiez musulman, c'était ainsi qu'on vous identifiait en premier lieu. « Le sentiment existe, au sein de la communauté - à tort ou à raison - que les médias n'ont pas su nous défendre, qu'ils nous ont marginalisés, qu'ils nous ont catalogués. » Les autres religions ont elles aussi connu des difficultés, a rappelé Mme Khan. « Nous savons que les catholiques ont eu des problèmes dans ce pays jusqu'au moment où John Kennedy est devenu président. Ils n'avaient pas été immédiatement acceptés. Les Juifs ont eu aussi du mal à se faire accepter. Ils ont dû se battre. Ils ont dû créer de grandes institutions et littéralement imposer une éthique judéo-chrétienne pour être acceptés en tant que véritables citoyens. Nous savons que les Japonais ont aussi connu des temps difficiles. « Nous passons par des moments difficiles en ce moment, mais nous nous en sortirons. Nous avons le sentiment que nous passerons l'épreuve parce que nous avons une communauté très forte de musulmans », a-t-elle fait valoir. Il y a près de 8 millions de musulmans aux États-Unis et 25 millions en Occident, a précisé Mme Khan. C'est une communauté très diverse, en particulier à New York où près d'un million de musulmans représentent pratiquement tous les pays du monde musulman. Selon l'iman Rauf, il est plus facile pour les musulmans de se faire accepter aux États-Unis, au Canada et en Australie qu'ailleurs, car ces pays ont clairement le sentiment d'être des nations d'immigrants. Au plan de l'expression de leur foi, les musulmans des États-Unis, a dit Mme Khan, « sont généralement à l'aise étant donné que l'Amérique protège les religions et permet aux Musulmans d'être eux-mêmes, de pratiquer leur foi comme ils l'entendent ». « À l'heure actuelle, les domaines qui posent des obstacles aux musulmans relèvent des libertés civiles, de la citoyenneté et de leurs droits en tant que citoyens. On les regarde avec méfiance, par exemple, lorsqu'ils montent dans un avion et qu'ils font l'objet de mesures sélectives », a-t-elle souligné. Pour leur part, les musulmans, a déclaré Mme Khan, doivent tendre la main aux Américains. « Nous devons montrer que nous faisons partie de l'Occident, que nous sommes dans ce pays en tant que citoyens égaux et responsables et qu'il leur faut travailler avec nous afin d'encourager le changement », a-t-elle conclu. Date de rédaction:
22 juin 2006 Mise à jour:
22 juin 2006
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