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Célébration du Mois de la musique noire à la Maison-BlancheDes artistes légendaires rendent hommage à la tradition musicale de la côte du golfe du Mexique.
Par Elisa Walton Washington - En cette journée pluvieuse et maussade du 26 juin, trois célèbres musiciens de jazz ont réchauffé l'atmosphère lors d'une représentation organisée à la Maison-Blanche à l'occasion du Mois de la musique noire. Il s'agissait de B.B. King, de Patti Austin et d'Irvin Mayfield, et la soirée visait à rendre hommage à la musique de la région du golfe du Mexique, qui est un mélange de soul, de blues et de jazz. Lors d'une allocution précédant le concert, le président Bush a souligné l'importance de la musique noire pour les États-Unis. « C'est une partie réellement importante de l'histoire et de la culture de notre pays, et c'est pourquoi nous la fêtons ici aujourd'hui. » Le légendaire B.B. King a régalé l'auditoire avec quatre chansons, dont « The Thrill is Gone » et « Why I Sing the Blues », qui ont déclenché des applaudissements frénétiques. Ensuite, M. King, âgé de 80 ans, a offert au président Bush une reproduction de sa guitare, appelée « Lucille ». « Lucille », a expliqué le président Bush, est le nom d'une femme qui a déclenché une bagarre lors d'un récital de B.B. King. Durant l'échauffourée, les hommes ont renversé un poêle à kérosène, mettant le feu à l'établissement. M. King a réussi à s'échapper, mais a réalisé qu'il avait oublié sa guitare. Bravant l'incendie, il est retourné la chercher, au péril de sa vie. Depuis, il appelle sa guitare « Lucille ». Irvin Mayfield, qui est déjà un trompettiste accompli à l'âge de 28 ans, a joué « Just a Closer Walk with Thee », un air que son père lui a appris. Ce dernier a péri dans la montée des eaux causée par l'ouragan Katrina. Après l'ouragan, le jeune Mayfield a joué cet air une dernière fois à la mémoire de son père. Il a cependant décidé de le jouer une ultime fois à la Maison-Blanche. Cet air de jazz fait partie des mélodies traditionnelles qui, à La Nouvelle-Orléans, accompagnent les cortèges funèbres au cimetière. Lorsque les gens quittent le cimetière, le rythme de la musique s'accélère jusqu'à devenir joyeux, afin de célébrer la vie. Aujourd'hui, cette musique a acquis une nouvelle importance. Par elle, M. Mayfield essaie de sauver la culture de sa ville natale et de lui remonter le moral après la destruction déclenchée par l'ouragan Katrina. M. Mayfield est l'ambassadeur culturel de La Nouvelle-Orléans et le directeur artistique de l'orchestre de jazz de cette ville. Patti Austin s'est produite devant chaque président depuis Ronald Reagan, a souligné M. Bush. Cette fois, elle a chanté deux chansons. Elle a commencé par « How Do You Keep the Music Playing », et a ensuite interprété « How High the Moon » d'Ella Fitzgerald. Dorothy Height, qui a consacré sa vie à la défense des droits civils, des droits de la femme et de l'éducation, était dans l'auditoire. En 2004, le président Bush lui a décerné la Médaille d'or du Congrès pour son rôle dans le mouvement en faveur des droits civils. Étaient également présents Alphonso Jackson et Don Powell. M. Powell est le coordonnateur de la reconstruction de la région du golfe du Mexique, et M. Jackson est le ministre du logement et de l'urbanisme. Les députés Chip Pickering (Mississippi) et Marsha Blackburn (Tennessee) étaient également dans l'auditoire. En était notoirement absente Mme Laura Bush qui, selon le président, avait une « bonne excuse ». Elle participait en effet à la conférence annuelle de l'American Library Association qui se tenait à La Nouvelle-Orléans. Cela fait longtemps que des chanteurs noirs sont invités à se produire à la Maison-Blanche. La tradition a commencé en 1878, lorsque le président Rutherford Hayes a invité la soprano Marie Selika. On compte Ella Fitzgerald, Louis Armstrong, Duke Ellington et Aretha Franklin, entre autres, parmi ces célèbres invités. Date de rédaction:
28 juin 2006 Mise à jour:
28 juin 2006
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