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Actualités de Washington
  

Agriculture : les É.-U. souhaitent que les autres pays réduisent leurs droits de douane

La conférence de presse organisée au Congrès sur les négociations de Doha

Par Bruce Odessey
Rédacteur du « Washington File »

Washington - Selon la représentante des États-Unis pour le commerce extérieur, Mme Susan Schwab, qui s'apprête à partir à Genève pour participer aux négociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les partenaires commerciaux des États-Unis doivent faire des concessions importantes en matière de réduction des droits de douane applicables aux produits agricoles.

« Nous voulons des résultats importants. Nous n'avons pas l'intention de nous satisfaire de rien de moins », a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse organisée le 27 juin au Congrès.

Mme Schwab et le ministre de l'agriculture, M. Mike Johanns, vont participer à Genève, jusqu'au 2 juillet, à des réunions avec les ministres d'autres États afin de tenter de parvenir à un accord sur la réduction des droits de douane applicables aux produits agricoles et industriels dans le cadre des négociations dites de Doha qui sont dans une impasse depuis longtemps.

Presque depuis leur début en 2001, les négociations de Doha ont buté sur des questions politiquement difficiles en ce qui concerne l'agriculture. En octobre 2005, les États-Unis ont soumis une proposition visant à réduire considérablement les aides nationales à leurs agriculteurs et leurs droits de douane applicables aux produits agricoles si d'autres pays faisaient de même.

Depuis lors, l'Union européenne, dont les aides à l'agriculture sont deux fois supérieures à celles des États-Unis et qui applique aux produits agricoles des droits de douane en moyenne deux fois plus élevés que ceux des États-Unis, a soumis une offre qui, d'après la plupart des analyses, ne fournit aucun accès réel à son marché. Par ailleurs, un groupe de pays qui a sa tête le Brésil et l'Inde ont proposé des réductions de droits de douane bien plus faibles que celles proposées par les États-Unis, mais a commencé de demander avec l'Union européenne que Washington accepte de réduire bien plus fortement ses aides nationales.

Lors de la conférence de presse, des parlementaires ont rejeté vigoureusement de telles demandes. « Aucun autre pays n'a soumis une proposition aussi importante que celle des États-Unis, et maintenant on nous demande de donner encore plus pour recevoir moins », a déclaré le président de la commission de l'agriculture de la Chambre des représentants, M. Bob Goodlatte. « Aucun parlementaire n'est en faveur de nouvelles concessions de notre part. Il vaut mieux ne pas avoir d'accord que d'en conclure un mauvais », a-t-il ajouté.

L'objectif des États membres de l'Organisation mondiale du commerce est de parvenir à un accord général à la fin de 2006, bien avant l'expiration, en juin 2007, de la loi américaine sur la négociation des accords commerciaux. Certains observateurs ont exprimé leur scepticisme au sujet de la réalisation de cet objectif.

Mme Schwab, quant à elle, a souligné l'importance d'un tel accord pour l'économie mondiale et indiqué qu'il restait encore beaucoup faire à cette fin. Elle a déclaré que les journées à venir seraient cruciales, mais n'a rien dit au sujet des perspectives des négociations de Doha si les négociateurs ne réussissaient pas de nouveau à progresser lors des prochaines réunions.

« Il nous faut, a-t-elle dit, obtenir cette semaine le genre de résultats quant au fond que nous puissions présenter aux chefs de file et aux membres du Congrès des États-Unis. » Le reste du monde ne doit pas compter, selon elle, sur la prorogation par le Congrès de la loi sur la négociation des accords commerciaux.

Pour sa part, le président de la commission sénatoriale de l'agriculture, M. Saxby Chambliss, a rejeté l'idée selon laquelle que les États-Unis devraient réduire leurs subventions aux producteurs américains de coton avant la conclusion d'un accord général au sein de l'OMC, comme l'ont proposé les pays de l'Afrique de l'Ouest et leurs partisans. « Nous n'allons pas accepter une disposition particulière en ce qui concerne le coton, a-t-il dit. Il faut considérer le coton (...) exactement comme tous les autres produits agricoles. »


Date de rédaction: 28 juin 2006 Mise à jour: 28 juin 2006

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