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Actualités de Washington
  

Une tricoteuse américaine aide des Rwandaises à retrouver une vie normale

Le projet « Rwanda Knits » de distribution de machines à tricoter

Mme Cari Clement et des tricoteuses rwandaises
Mme Cari Clement pose avec des tricoteuses rwandaises en septembre 2005. (Photo Cari Clement)

Par Susan Ellis
Rédactrice du « Washington File »

Washington - « La confection de belles choses soulève l'âme et offre de l'espoir, et je l'ai vu se produire au Rwanda », a déclaré Mme Cari Clement, une Américaine de l'État du Vermont qui aide des Rwandaises à retrouver une vie normale en leur fournissant des machines à tricoter pour la production de tricots vendus sur le marché local et à l'étranger.

La seule chose que la plupart des Américains savent au sujet du Rwanda, c'est qu'il a été la proie d'un génocide en 1994. Toutefois, Mme Clement sait que c'est un beau pays dont les habitantes sont intelligentes, énergiques, rieuses et désireuses de travailler et de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles.

Son désir d'aider les Rwandaises grâce au tricotage l'a poussée à élaborer en 2003 le projet « Rwanda Knits » (Tricots du Rwanda).

Lors de l'interview qu'elle a accordée par téléphone au « Washington File », elle a déclaré : « Le premier don se composait de 60 machines à tricoter, d'accessoires et d'une formation technique. Ces machines ont été distribuées dans des camps de réfugiés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Lors de mon second voyage au Rwanda en janvier 2004, nous avons apporté 30 machines supplémentaires que l'on a données à 2 associations, l'Association des veuves du génocide (AVEGA) et l'Association des veuves vulnérables affectées et infectées par le sida (AVVAIS). Nous avons donc donné 90 machines la première année. »

Mme Clément a rendu hommage à M. Patrick Leahy, sénateur démocrate du Vermont, pour avoir facilité la réalisation de son projet. Lorsqu'elle lui a téléphoné pour lui demander une lettre de soutien, un de ses collaborateurs, M. Tim Reiser, lui a fait part de son prochain voyage au Rwanda. Suivant sa suggestion, ce dernier est allé dans le camp de réfugiés de Gihembé, situé à une heure de voiture de Kigali, où les réfugiées vivaient dans le dénuement complet, mais étaient toutes disposées à travailler.

M. Reiser a été si impressionné qu'il a déclaré aux responsables de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) qui l'accompagnaient qu'ils devraient financer le projet « Rwanda Knits ». Grâce à lui, Mme Clement a reçu une subvention de 99.000 dollars pour son projet.

L'USAID et l'organisation non gouvernementale rwandaise « Rwandans and Americans in Partnership » ont annoncé en juin 2005 l'octroi de cette subvention, qui a permis de financer la création de 13 coopératives de tricoteuses dans diverses régions du Rwanda et de leur fournir à chacune 40 machines à tricoter, des accessoires, de la laine et d'autres fibres ainsi qu'une formation technique. Certaines tricoteuses ont aussi reçu une formation et du matériel afin de confectionner des tricots destinés à l'exportation et d'exécuter diverses tâches telles qu'ornementation (broderie, crochet, etc.), étiquetage, vérification, emballage et préparation des documents d'exportation.

Les Rwandaises ont appris très vite et ont fait preuve d'une très grande persévérance. En quelques mois, elles étaient à même de confectionner des chandails, des vêtements pour nourrissons et des couvertures et de les vendre dans les marchés locaux.

Bien que peu de personnes le sachent, il peut faire très froid au Rwanda, en particulier la nuit, du fait de la haute altitude qui va de 1.200 m à 1.800 m, a fait remarquer Mme Clement en ajoutant : « Les Africains sont beaucoup plus sensibles au froid, en particulier les nourrissons. La principale concurrence pour les vêtements tricotés vient des vendeurs de vêtements usagés. Nous concentrons notre attention sur les nourrissons parce que, selon la tradition, on ne peut donner à une nouvelle mère des vêtements usagés pour son bébé. »

Les premières machines à tricoter sont allées à des réfugiées du camp de Kibiza. Parmi les femmes qui ont reçu une machine lors du deuxième don figurait Espérance, qui n'avait que quinze ans lorsqu'elle a perdu tous les membres de sa famille à l'exception d'une personne lors du génocide de 1994. Elle s'est enfuie dans la forêt d'où elle ne sortait que la nuit pour trouver de la nourriture et elle a vécu seule pendant des semaines.

Une autre femme, Jeannette, a été violée par 60 soldats devant les membres de sa famille. Le souvenir de ces viols ne cesse de la hanter et il s'accompagne du fait qu'elle est maintenant séropositive.

Une des instructrices que Mme Clement a formées est Faraha, une réfugiée du Congo. Faraha s'est enfuie du Congo avec sa famille, mais son père a été tué au cours de leur fuite vers le Rwanda. Elle envoie près de tout ce qu'elle gagne en francs rwandais aux membres de sa famille dispersés dans des camps de réfugiés. « Aucune des instructrices n'avait de véritable source de revenu avant ce projet, a dit Mme Clement. Elles gagnent toutes autant que Faraha et elles peuvent aussi gagner des dollars en tricotant des vêtements et des accessoires destinés à l'exportation. »

Par exemple, l'une des coopératives a tricoté 200 foulards pour la créatrice de mode américaine Diane von Furstenberg. Mme Clement a également fait en sorte que parmi les cadeaux reçus par les lauréats des prix Emmy (émissions de télévision) figurent des produits tricotés au Rwanda.

Au cours des trente derniers mois, Mme Clement a collaboré avec quelque 400 Rwandaises. La subvention de l'USAID va lui permettre d'offrir du travail à un millier de femmes.

Pour de plus amples renseignements en anglais sur le projet « Rwanda Knits », veuillez consulter les sites Internet des organismes suivants : le « Fiber and Craft Entrepreneurial Center » (http://www.fiberandcraft.org/), le « Business Council for Peace » (http://www.bpeace.com/) et « Economic Development Imports » (http://www.edimports.com/).


Date de rédaction: 01 mars 2006 Mise à jour: 01 mars 2006

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