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Actualités de Washington
  

Darfour : les États-Unis souhaitent que des mesures soient prises

De l'avis du représentant des États-Unis à l'ONU, une mission de Casques bleus est essentielle.

M. John Bolton, représentant permanent des États-Unis à lONU
M. John Bolton. (©AP/WWP)

Par Judy Aita
Correspondante du « Washington File »

Nations unies - Les États-Unis continueront à exercer des pressions pour qu'une action soit prise en ce qui concerne le Darfour bien qu'ils ne soient plus à la présidence du Conseil de sécurité, cette fonction étant assumée depuis le 1er mars par l'Argentine, affirment de hauts responsables américains.

Le représentant des États-Unis auprès de l'ONU, M. John Bolton, a indiqué le 1er mars qu'il avait soulevé la question du Darfour au cours de consultations privées avec le nouveau président du Conseil de sécurité. Les États-Unis, a-t-il indiqué, insistent pour qu'une résolution relative au maintien de la paix soit adoptée malgré l'opposition du Soudan à un rôle élargi de l'ONU et le report à une date ultérieure, par l'Union africaine, d'une décision finale concernant le transfert de ses activités de maintien de la paix à l'ONU.

« Nous avons mis à profit le mois durant lequel nous avions la présidence du Conseil de sécurité pour faire avancer la question aussi vite et aussi loin que possible », a dit le porte-parole du département d'État, M. Adam Ereli, le 28 février, faisant cependant valoir la nécessité de rallier le maximum de voix à l'idée. « Cela va demander du temps », a-t-il souligné.

De l'avis de hauts responsables de l'ONU, la situation au Darfour est « sérieuse, difficile et problématique » et la communauté internationale s'efforce de trouver le moyen de mettre fin à la tuerie de villageois innocents et de forger un accord de paix entre le gouvernement et les rebelles qui s'affrontent dans la province. En février, le Conseil de sécurité a demandé au secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, de commencer à faire des plans en vue du déploiement d'une importante force de Casques bleus, le genre de force que l'Union africaine n'est pas en mesure de déployer.

Malheureusement, le Conseil de sécurité n'a pas été en mesure d'autoriser le déploiement d'une force de Casques bleus au Darfour avant la fin du mois de février. Il n'a pas non plus réussi à prendre de décision en ce qui concerne une recommandation faite par le groupe de spécialistes du Comité des sanctions sur le Soudan en ce qui concerne l'imposition de sanctions ciblant personnellement ceux qui, au Soudan, bloqueraient un accord de paix, ou qui auraient commis de graves atteintes aux droits de l'homme.

Impasse politique ?

Le Soudan s'oppose vivement au transfert à l'ONU des opérations de maintien de la paix mises en œuvre sur son territoire, a souligné l'envoyé spécial de l'ONU pour le Soudan, M. Jan Pronk, le 28 février, à l'occasion d'une conférence de presse organisée au siège de l'ONU. Il n'en demeure pas moins, selon lui, qu'une vigoureuse force de maintien de la paix est nécessaire au Darfour où les pillages de villages et les tueries se poursuivent. L'Union africaine, qui n'a que 7.000 soldats affectés au maintien de la paix, n'a ni suffisamment de troupes sur le terrain ni les ressources suffisantes pour accomplir la tâche.

Qualifiant la situation d'impasse politique, M. Pronk a précisé : « Le climat, à Khartoum contre l'ONU, s'aggrave. Il y a des menaces. Il y a des avertissements. Il est question d'Al-Qaïda. »

La crainte, que les autorités soudanaises manipulent à leurs fins, est que la transition ne ferait pas intervenir l'ONU, mais qu'il s'agirait d'une astuce occidentale « pour mettre le Soudan dans une position semblable à celle où se trouvait l'Irak il y a quelques années ».

« Nous ignorons si, lorsqu'ils se réuniront le 10 mars, les ministres du Conseil de l'Union africaine pour la paix et la sécurité confirmeront leur décision. Ce n'est plus sûr désormais. Une démarche qui était censée n'être qu'une confirmation politique officielle n'est plus assurée maintenant », a expliqué M. Pronk.

Pour sa part, M. Bolton était encore moins optimiste. « Le report d'une semaine aujourd'hui pourrait signaler d'autres reports par la suite, et à chaque fois que notre capacité à faire des plans d'urgence ou à prendre des décisions sur la nature de la force est repoussée, les délais s'allongent », a-t-il déclaré le 1er mars. « Pour moi, c'est une bonne raison pour que le Conseil n'attende pas, pourquoi nous devrions continuer à exercer des pressions maintenant pour obtenir un vote (...) Le Soudan se démène en Afrique et ailleurs pour éviter que l'Union africaine respecte sa première décision qui était de consentir au déploiement d'une force de l'ONU au Darfour. C'est pour cette raison qu'il faudrait que le Conseil agisse rapidement », a-t-il ajouté.

Selon M. Pronk, la crainte est réelle que des agents d'Al-Qaïda s'installent au Soudan pour profiter de la situation, de même qu'existe le risque que des organisations terroristes telles qu'Al-Qaïda menacent des dirigeants ou des gouvernements qu'elles considèrent comme faisant partie du camp occidental ou de la communauté internationale qu'elles abhorrent.

M. Bolton a précisé que c'était parce qu'il était question d'une inflitration d'Al-Qaïda au Soudan que la possibilité d'un renforcement de l'embargo sur les armes avait été soulevée, ainsi que celle de sanctions contre les personnes qui s'opposent au processus de paix.


Date de rédaction: 02 mars 2006 Mise à jour: 02 mars 2006

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