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M. Kofi Annan présente son projet de refonte de la gestion de l'ONULes États-Unis sont favorables à ses propositions.
Par Judy Aita New York (Nations unies) - Le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, M. Kofi Annan, a présenté, le 7 mars devant l'Assemblée plénière, son projet de refonte du secrétariat et de la gestion de cette institution. Le représentant permanent des États-Unis, M. John Bolton, s'est déclaré en faveur du rapport de M. Annan et en a approuvé les objectifs généraux. « Ce sont là nos objectifs, a-t-il dit, et il faudra énormément de travail pour les réaliser. » Dans ce rapport intitulé « Investir dans l'ONU pour lui donner les moyens de sa vocation mondiale », M. Annan précise les 7 grands domaines où il convient de faire des réformes. Il incombera à l'Assemblée générale d'accepter ses propositions, de les rejeter ou de les modifier. Le fait de ne pas adopter de réformes pour l'un quelconque de ses 7 domaines pourrait fortement réduire, voire compromettre, les réformes dans les autres domaines, a-t-il dit. « J'ai intitulé ce rapport « Investir dans l'ONU », a-t-il dit, parce que je crois que les États membres doivent être prêts à faire des investissements importants s'ils veulent que l'ONU atteigne le degré d'efficacité qu'eux-mêmes et leurs populations sont en droit d'attendre ». Les réformes visent à s'attaquer à l'absence, depuis de nombreuses années, d'investissements dans les domaines du personnel, de l'informatique et de la télématique. Ce rapport fait suite aux appels en faveur de réformes des chefs d'État ou de gouvernement qui ont assisté au sommet du 60e anniversaire de l'ONU et il tient compte des lacunes mises à jour par la commission d'enquête indépendante sur le programme pétrole contre nourriture et lors d'enquêtes relatives aux accusations portées contre des casques bleus en matière d'exploitation sexuelle. Les réformes antérieures ont porté sur les symptômes plutôt que sur les causes des problèmes de l'ONU. « Ce qu'il faut faire et ce que nous avons la chance unique d'entreprendre, c'est de refondre complètement l'ensemble du secrétariat - ses règles, sa structure, ses rouages - pour qu'il soit mieux adapté aux réalités d'aujourd'hui et pour qu'il puisse mener à bien les nouvelles opérations que les États membres lui confient et s'attendent à ce qu'il exécute. » Pour sa part, M. Bolton a proposé que l'Assemblée générale commence d'examiner en séance plénière le rapport, puis qu'elle répartisse ses diverses parties entre les commissions compétentes. Il a invité l'Assemblée générale à commencer de travailler directement et non pas à s'engager dans des difficultés de procédure. De son côté, le représentant du Japon, M. Kenzo Oshima, a déclaré que le rapport de M. Annan comprenait des propositions audacieuses destinées à améliorer le fonctionnement de l'ONU, dont certaines étaient particulièrement importantes. Le Japon est le pays, après les États-Unis, qui contribue le plus au budget de l'ONU. La tâche de l'ONU a changé Dans son rapport, le secrétaire général a déclaré que le train de réformes proposées ne constituait pas un moyen de réduire les coûts, une tentative de prise de pouvoir par le secrétariat ni une tentative « désespéré » d'amadouer les pays qui contribuaient le plus à son budget. Il devrait néanmoins permettre de réduire les coûts de nombreuses activités au fil des ans. Les rouages actuels étaient destinés pour « un secrétariat essentiellement statique » dont la fonction principale était d'organiser des conférences et des réunions au siège de New York. « Ce n'est pas là l'Organisation des Nations unies d'aujourd'hui », a-t-il dit. Des membres du personnel de l'ONU œuvrent, dans de nombreuses parties du monde, à l'amélioration des conditions de vie des personnes qui sont dans le besoin. Au cours des seize dernières années, l'ONU a entrepris deux fois plus de nouvelles missions de maintien de la paix que pendant les quarante-quatre années précédentes. Plus de 70 % du budget, qui se monte à quelque 10 milliards de dollars, est consacré au maintien de la paix et à d'autres opérations sur le terrain. Plus de la moitié de ses 30.000 fonctionnaires formant le personnel civil travaillent sur le terrain non seulement dans le domaine du maintien de la paix, mais aussi dans les domaines de l'aide humanitaire, de la justice pénale, de la surveillance du respect des droits de l'homme, du renforcement des capacités dans ce domaine, de l'aide électorale et de la lutte contre les stupéfiants et la criminalité. M. Annan a préconisé un partenariat fondé sur la confiance mutuelle entre les États membres, à qui il incombait de fournir une direction stratégique, et le secrétariat à qui il incombait d'exécuter ces instructions. Il a demandé carrément aux États qui se sentaient dépourvus de toute influence réelle sur les affaires de l'ONU à ne pas chercher à y remédier « en affirmant leur autorité sur des questions de détail ». Le rapport recommande de procéder à des changements en matière de recrutement, de formation et de rémunération du personnel, de transformer les 2.500 postes de spécialistes du maintien de la paix à court terme en un groupe souple de spécialistes qui pourraient être affectés rapidement à des missions particulières, de refondre la structure informatique et télématique, de modifier les méthodes de passation des marchés publics afin d'améliorer la transparence et d'économiser 400 millions de dollars, de simplifier la procédure budgétaire et de créer au sein du secrétariat un petit bureau qui ne s'occuperait que de la gestion du changement proprement dit en liaison avec un groupe restreint, mais représentatif, d'États membres. Date de rédaction:
09 mars 2006 Mise à jour:
09 mars 2006
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