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Actualités de Washington
  

Les Nations unies marquent la Journée internationale de la femme

Des femmes figurent parmi les candidats au poste de secrétaire général.

M. Kofi Annan
M. Kofi Annan. (©AP/WWP)

Par Judy Aita
Correspondante du « Washington File »

Nations unies - Marquant la Journée internationale de la femme, le 8 mars 2006, dont le thème était « le rôle des femmes dans la prise de décisions », les Nations unies ont donné un grand coup de pouce au statut des femmes aux quatre coins du monde en évoquant la possibilité que le prochain secrétaire général de l'ONU soit une femme.

Le secrétaire général actuel, M. Kofi Annan, quitte ses fonctions le 31 décembre et la quête d'un remplaçant ou d'une remplaçante a déjà commencé. Le nom de deux femmes a souvent été mentionné dans les premières suppositions émises à ce sujet. Les États-Unis, l'un des cinq pays ayant droit de veto sur l'une quelconque des personnalités proposées, ont indiqué qu'ils étaient en faveur d'une femme à la tête de l'ONU et qu'ils donneraient leur appui à la candidature d'une femme qualifiée. Aucune femme n'a jamais été secrétaire générale de l'ONU depuis la création de cette institution il y a 60 ans.

M. Kofi Annan a évoqué cette possibilité dans le discours qu'il a prononcé à l'occasion de la Journée internationale de la femme, déclarant qu'il fallait faire davantage pour encourager des femmes de talent à briguer des postes élevés aussi bien dans les pays membres de l'ONU qu'en son sein.

« Je pense que le succès fulgurant des femmes aux élections présidentielles qui ont eu lieu l'année dernière devrait être un message très clair pour nous tous : le monde est prêt pour une secrétaire générale », a-t-il fait valoir.

À l'idée de quitter les Nations unies, M. Annan a dit : « J'aimerais croire que je quitte une organisation plus dynamique non seulement en elle-même mais dans la façon dont elle aide et émancipe la moitié de la population du monde : ses femmes, et que les réformes que j'ai mises en œuvre en ma qualité de secrétaire général ouvriront aussi la voie à la participation des femmes et aideront à améliorer le sort des femmes partout dans le monde. »

Les Nations unies œuvrent en vue d'accélérer les progrès des femmes dans le monde entier

La Journée internationale de la femme, a dit Mme Noeleen Heyzer, directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour le développement des femmes (UNIFEM) « non seulement célèbre les avancées des femmes, mais c'est aussi un jour pour réfléchir sur ce qui n'a pas encore été fait, sur le fait que ces progrès, dans bien des endroits du monde, sont en réalité trop lents, et sur la façon de les accélérer ».

« Alors que nous célébrons la Journée internationale de la femme pour cette année, nous savons que l'Afrique a sa première femme chef d'État. Le Chili a sa première présidente... et de plus en plus de femmes au Parlement », a-t-elle précisé à l'occasion d'une conférence de presse donnée au siège de l'ONU, ajoutant : « La bonne nouvelle, c'est que les efforts visant l'égalité des sexes et l'émancipation des femmes sont très vigoureux . »

Elle a souligné que le nombre de femmes siégeant dans les Parlements n'avait jamais été si grand, qu'elles assumaient des postes de direction, que 181 pays avaient signé la Convention sur l'élimination de la discrimination contre les femmes et que 45 pays avaient adopté des lois visant à mettre fin à la violence contre les femmes.

Cependant, parvenir à l'égalité des sexes et émanciper les femmes sont des tâches inachevées qui ne bénéficient pas de ressources financières suffisantes et, pour que des changements importants interviennent, a expliqué Mme Heyzer, il faut que les investissements augmentent.

« La pauvreté a toujours le visage d'une femme », a-t-elle fait remarquer.

« De plus en plus de femmes entrent sur le marché du travail, mais dans le secteur le plus précaire, le secteur non officiel de l'économie », a-t-elle précisé, rappelant que l'objectif du millénaire en matière de développement, en ce qui concerne la parité des sexes pour ce qui est de l'enseignement primaire et secondaire, n'avait pas été réalisé en 2005.

« Il nous faut maintenant accélérer les changements car si nous n'accélérons pas les progrès, les Objectifs du millénaire ne pourront peut-être pas être réalisés d'ici 2015 », a-t-elle souligné, insistant sur le fait que l'égalité des sexes est au cœur de tous les objectifs de développement, qu'il s'agisse de juguler le VIH/sida, de sortir les pays de la pauvreté, ou de bâtir des partenariats visant la sécurité et les droits de l'homme.

À son avis, l'ONU peut toujours mieux faire pour ce qui est du nombre de femmes assumant des postes importants en son sein. « Il faut qu'elle fasse mieux. Elle est le garant des normes. À moins que nous ne fixions les normes du changement, il nous sera difficile d'encourager le changement dans le monde », a-t-elle conclu.


Date de rédaction: 09 mars 2006 Mise à jour: 09 mars 2006

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