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L'Initiative du Bassin du Nil vise à la réduction des tensionsUn ancien diplomate exhorte les États-Unis à s'y intéresser de plus près.
Par Jim Fisher-Thompson Washington - De l'avis de M. David Shinn, ancien ambassadeur des États-Unis en Éthiopie, l'Initiative du Bassin du Nil (IBN), un mécanisme novateur visant le développement et le règlement des différends établi en 1999 avec l'appui de la Banque mondiale, aide les dix pays bordant le Nil à éviter les conflits qui pourraient voir le jour au sujet de leurs droits en tant que riverains du fleuve. S'adressant aux participants à un colloque intitulé « Water War in the Nile Basin » (Guerre de l'eau dans le Bassin du Nil) organisé le 16 mars au Laboratoire national de Los Alamos, au Nouveau-Mexique, M. Shinn, aujourd'hui professeur auxiliaire à la Faculté Elliott des affaires internationales de l'université George Washington, a expliqué que l'IBN était une bonne chose car « le développement coopératif de la totalité du bassin peut, pour les riverains, être nettement plus avantageux que si ce développement intervenait par le truchement de projets unilatéraux ». Le Nil, avec ses 6.570 km, est le fleuve le plus long du monde. Son bassin couvre 3,37 millions de kilomètres carrés, soit un peu plus que la superficie de l'Inde. Les 10 pays riverains du Nil sont le Burundi, la République démocratique du Congo, l'Égypte, l'Érythrée, l'Éthiopie, le Kenya, le Rwanda, le Soudan, l'Ouganda et la Tanzanie. De l'avis de M. Shinn, l'aide que la communauté internationale apporte à cette initiative lui donne une « excellente occasion de s'impliquer dans la prévention des conflits » et les États-Unis, à son avis, « devraient faire de la coopération en ce qui concerne le Bassin du Nil une importante priorité de politique étrangère dans la région ». « Les droits à l'eau, dans n'importe quel bassin fluvial, y compris celui du Nil, sont sujets à controverse au plan politique et obscurs au plan juridique, et ils suscitent tout un éventail d'émotions », a-t-il souligné. La croissance démographique fait pression sur les ressources aquatiques Les dix pays riverains du Bassin du Nil ont ensemble une population de 336 millions d'habitants. Le taux de croissance de cette population pourrait doubler entre 1995 et 2025, ce qui intensifierait encore les pressions sur les ressources du Nil qui ne sont pas infinies. L'eau du Nil, a fait valoir M. Shinn, est une question de vie ou de mort pour l'Égypte, pays dont 95 % des habitants vivent dans la vallée du Nil et dépendent du fleuve pour leurs besoins en eau fraîche. Le fleuve revêt aussi une importance cruciale pour le Soudan qui en dépend pour 77 % de ses besoins en eau fraîche. C'est l'agriculture qui consomme le plus d'eau et représente 88 % de la consommation d'eau en Afrique. En outre, les importants troupeaux de bétail qui vivent dans le Bassin du Nil dépendent également de son eau. Étant donné que l'eau du Nil doit être partagée entre de nombreuses populations, les pays riverains ont institué d'importantes mesures pour minimiser les conflits qui, selon certains, se profilent à l'horizon. L'IBN en est une. « Chaque membre de l'IBN a consenti à partager avec les autres riverains du Nil des informations concernant les projets qu'il envisage et, dans la mesure du possible, d'entreprendre des études conjointes afin de ne pas nuire à la pérennité des ressources en eau », a précisé M. Shinn. Un rôle approprié, pour les États-Unis, a-t-il indiqué, serait « de proposer des solutions reposant sur la collaboration en ce qui concerne l'utilisation de l'eau du Nil dans le cadre du dialogue diplomatique ordinaire qu'ils ont avec les pays riverains ». Il a par ailleurs recommandé : - un appui financier plus important de la part des États-Unis à l'IBN, au Fonds fiduciaire sur le Bassin du Nil et au Consortium international pour la coopération en ce qui concerne le Nil (International Consortium for Cooperation on the Nile, ICCON) établi par les pays riverains en 2001 afin de coordonner l'action des donateurs internationaux à propos du développement ; - une aide technique de la part d'institutions américaines appropriées afin de mettre au point des modèles climatiques régionaux, d'établir des prévisions hydrométéorologiques à long et à court termes et de préparer des modèles écologiques ; - d'encourager l'IBN à avoir recours à l'expertise technique américaine dans des domaines tels que la pose de détecteurs dans des régions isolées et l'appui des services d'informations géographiques pour la multitude de problèmes techniques et écologiques à laquelle se heurtent les riverains du Nil. Date de rédaction:
21 mars 2006 Mise à jour:
21 mars 2006
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