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Le président Bush accueille la présidente du Liberia à la Maison-BlancheIl rend hommage aux qualités de « pionnière » de cette dernière.
Par Charles W. Corey Washington - Le 21 mars, le président Bush s'est entretenu avec la présidente du Liberia, Mme Ellen Johnson Sirleaf, première femme à diriger un pays africain, qu'il avait conviée à un déjeuner à la Maison-Blanche et qu'il a qualifiée de « pionnière ayant le courage, la vision et le désir d'améliorer la vie de son peuple ». S'adressant aux journalistes, M. Bush a expliqué que Mme Sirleaf et lui avaient eu une « discussion productive » et évoqué les moyens, pour le gouvernement des États-Unis, de venir en aide au Liberia. Pour sa part, Mme Sirleaf a remercié le président Bush, le Congrès des États-Unis et le peuple américain pour l'appui qu'ils offraient au Liberia alors que ce pays passait de la guerre à la paix. « Nous tenons à ce que vous sachiez que le Liberia va faire tout ce qui est en son pouvoir pour justifier la confiance que vous avez placée en son peuple. Nous pensons que le Liberia a le potentiel de devenir "l'histoire d'un succès" en Afrique », a-t-elle dit. La veille, Mme Sirleaf, qui visite les États-Unis du 14 au 23 mars, avait parlé de la situation au Liberia lors d'un discours prononcé au Centre pour le développement mondial, à Washington. Le peuple libérien, a-t-elle souligné, est « déterminé à saisir les chances offertes par ce nouveau commencement et à bâtir un nouveau Liberia malgré les problèmes auxquels le pays est toujours confronté après des années de guerre civile », faisant valoir cependant qu'il n'y avait pas de « solution miracle » aux vieux problèmes du pays. Elle a donné les grandes lignes de ces problèmes qui, a-t-elle précisé, sont les conséquences d'une longue période de mauvaise gestion, de corruption, de guerre civile et de pillage généralisé des avoirs du pays. La guerre civile, a-t-elle rappelé, a fait plus de 250.000 victimes et l'interminable conflit a fait des milliers de sans-abri. Les enfants du Liberia, a-t-elle affirmé, n'ont jamais souhaité autre chose que d'aller à l'école. Ils ne voulaient pas se faire embrigader en tant que combattants dans la guerre civile. « Ils voudraient bien retourner à l'école, mais il n'y a pas d'écoles », a-t-elle souligné. Les hôpitaux ont eux aussi été détruits, le pays n'a pas de médicaments et le fléau du VIH/sida frappe lourdement le Liberia, qui est « l'un des pays d'Afrique subsaharienne les plus touchés par cette maladie ». En outre, le chômage y est à l'heure actuelle de 85 % et le pays a une dette extérieure de 3 milliards de dollars, dont le remboursement et le service atteignent des montants exorbitants à son sens. Une lueur d'espoir se dessine Il ne fait aucun doute que les défis sont énormes mais, a-t-elle affirmé, « notre peuple est déterminé et il ne se laissera pas décourager. Une occasion se présente et nous aimerions la saisir pour commencer à reconstruire le Liberia avec un gouvernement librement élu. » Les progrès du Liberia, selon Mme Sirleaf, reposent sur plusieurs facteurs clés : la paix et la sécurité ; la nécessité de poursuivre la réconciliation et de faire preuve de tolérance ; la nécessité d'avoir un appareil judiciaire équitable et qui fonctionne ; une bonne gouvernance ; la transparence ; la fin de la corruption et la pleine responsabilisation de tous les hauts fonctionnaires. « Nous allons devoir montrer l'exemple aux plus hauts niveaux lorsqu'il s'agira de gérer les affaires de l'État et de garder la confiance du public », a-t-elle déclaré à propos de son gouvernement et de ses ministres. Son gouvernement, a-t-elle précisé, a déjà commencé à mettre en place des mesures visant la gestion efficace des ressources et a annulé quelque 80 autorisations d'exploitation forestière peu judicieuses « afin de montrer que nous prenons au sérieux la correction de certaines des mauvaises pratiques du passé ». Le Liberia possède de vastes ressources forestières et aquatiques. Ancienne banquière, Mme Sirleaf a expliqué que son gouvernement s'apprêtait à dégraisser les rangs des fonctionnaires et espérait avoir de nouveau une cote internationale de crédit et être admissible aux avantages conférés par la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) et, par la suite, à une aide du Compte du millénaire. Le plus important, a-t-elle déclaré, c'est « de créer un secteur privé dynamique qui mettra en place les conditions qui permettront au pays de parvenir à une croissance économique à long terme et au développement ». S'il n'y a pas de solution miracle pour le Liberia, le fait que le peuple ne se décourage pas et que le pays dispose de grandes richesses forestières et agricoles est pour Mme Sirleaf un élément encourageant. « Nous réussirons parce que nous n'avons pas d'autre choix que de réussir », a-t-elle conclu, réitérant une phrase prononcée le 16 mars devant une session des deux chambres du Congrès des États-Unis. Date de rédaction:
22 mars 2006 Mise à jour:
22 mars 2006
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