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Mme Sirleaf remercie M. Bush d'avoir aidé à débarrasser le Liberia de M. TaylorLa présidente libérienne s'inquiète toutefois de l'influence continue du « despote ».
Par Jim Fisher-Thompson Washington - La présidente de la République du Liberia, Mme Ellen Johnson Sirleaf, est convaincue que le président Bush a contribué, par sa prise de position courageuse, à libérer son pays de M. Charles Taylor, lequel, dans un discours prononcé à Washington, elle a décrit comme un « despote » en exil qui exerçait toujours une « influence » sur cet État en difficulté d'Afrique de l'Ouest. On se souvient qu'à l'issue du deuxième tour des élections présidentielles libériennes de novembre 2005, Mme Sirleaf est devenue la première femme à accéder à la présidence d'un État africain. Du 14 au 23 mars, elle a effectué une visite officielle de travail aux États-Unis durant laquelle elle s'est adressé au Congrès réuni en séance plénière et s'est entretenue avec le président Bush et d'autres hauts responsables du gouvernement des États-Unis. Le 21 mars, elle a pris la parole au Conseil des relations étrangères de Washington, devant un auditoire composé essentiellement de spécialistes de politique étrangère, à qui elle a déclaré notamment : « Nous sommes venus aux États-Unis essentiellement en réponse à la gracieuse invitation du président Bush, mais aussi pour profiter de cette occasion pour le remercier, et avec lui tout le gouvernement américain et le peuple des États-Unis pour tout ce qui a été fait en vue d'aider le Liberia à faire la transition de la guerre à la paix. » Elle a ajouté : « Il a fallu le courage du président Bush pour exercer en fait la pression qui a abouti à ce processus de changement et au renvoi d'un despote en exil. » Répondant aux questions de son auditoire, portant surtout sur la sécurité et le développement, la présidente libérienne a notamment déclaré, au sujet de la situation en matière de sécurité : « Il reste des poches de mécontentement, venant de personnes qui ont perdu le pouvoir à la suite de l'élection. On court encore un certain risque d'insurrection », la raison en étant, en partie, que « nous avons toujours le problème Charles Taylor et l'influence qu'il continue d'exercer sur le pays, avec toutes les implications que cela soulève ». Elle a cependant ajouté : « Nous croyons toutefois que nous sommes sur une bonne lancée, du fait de notre engagement envers le peuple, de notre volonté de répondre à ses besoins, ce qui fait que la vaste majorité des habitants est du côté de la paix et de la stabilité et que nous pouvons faire avancer notre pays sur la voie du progrès. » Comme on lui demandait quelle était maintenant la situation de M. Taylor, après qu'elle eut demandé au président nigérian, M. Olusegun Obasanjo, de le sortir de son exil afin qu'il puisse être jugé par le Tribunal pénal international de Sierra Leone, Mme Sirleaf a répondu : « L'affaire est actuellement entre les mains des principaux dirigeants africains : d'abord l'hôte de M. Taylor, le président nigérian Olusegun Obasanjo ; ensuite, le président en exercice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, le président nigérian Mamadou Tandja ; enfin, le président en exercice de l'Union africaine, le président du Congo-Brazzaville Denis Sassou-Nguesso. » « Le Liberia souhaiterait que cette affaire soit réglée, de façon que nous puissions nous atteler à la tâche du développement et répondre aux besoins de notre peuple », a-t-elle souligné. Comme on lui demandait son avis sur le plan d'aide connu sous le nom de GEMAP (« Government Economic Management Assistance Program », programme d'aide gouvernementale en matière de gestion économique), sujet à controverse en raison d'une disposition exigée par les donateurs internationaux et qui prévoit une supervision étrangère des fonds dispensés dans le cadre du programme, Mme Sirleaf a déclaré qu'il s'agissait d'un arrangement « de partenariat », précisant : « C'est une réaction à l'incapacité de notre propre gouvernement de transition de gérer nos ressources convenablement. C'est un mécanisme de gestion financière, un arrangement auquel nous souscrivons. » Elle a cependant ajouté que le GEMAP était un arrangement provisoire : « Je dois vous dire que les gens ont confiance dans notre aptitude à diriger nos propres affaires, et cela viendra. » « Si nous lancions un programme de développement sur 10 ans, je dirais qu'il nous faudrait 1 milliard de dollars. Mais nous voulons aussi faire les choses de manière pratique, en fonction de notre capacité d'absorption, aussi avançons-nous progressivement », a déclaré le chef de l'État libérien. Date de rédaction:
23 mars 2006 Mise à jour:
23 mars 2006
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