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Actualités de Washington
  

L'Assemblée générale a élu les membres du Conseil des droits de l'homme

Selon M. Bolton, ce sont les résultats obtenus par le Conseil qui comptent.

M. John Bolton, représentant permanent des États-Unis à lONU
M. John Bolton, représentant des États-Unis à l'ONU. (©AP/WWP)

Par Judy Aita
Correspondante du « Washington File »

Nations unies - L'Assemblée générale a élu 47 pays au nouveau Conseil des droits de l'homme qui, en juin prochain, remplacera la Commission des droits de l'homme aujourd'hui discréditée.

Les membres du Conseil comprennent des États dont le comportement en matière de droits de l'homme est critiqué et surveillé depuis des décennies, ainsi que d'autres qui ont un bilan irréprochable dans ce domaine. Les États-Unis n'ont pas cherché à obtenir de siège au Conseil.

Le représentant des États-Unis, M. John Bolton, a déclaré qu'il n'était pas surpris de voir que plusieurs pays qui ne respectent pas les droits de l'homme avaient été élus.

« C'est la performance du Conseil au cours des deux ou trois années à venir qui sera essentielle », a dit M. Bolton.

Les sièges ont été répartis entre cinq groupes régionaux : 13 pour les États d'Afrique, 13 pour les pays d'Asie, 8 pour les États d'Amérique latine et des Caraïbes, 7 pour les États d'Europe de l'Ouest et d'autres États, et 6 pour les États d'Europe de l'Est.

La première réunion du Conseil des droits de l'homme se tiendra le 19 juin à Genève. Le Conseil se réunira ensuite régulièrement et prévoit au moins trois sessions de dix semaines par an. Il organisera également des réunions extraordinaires en cas de besoin.

Les pays élus pour un an sont l'Algérie, le Maroc, l'Afrique du Sud, la Tunisie, le Bahreïn, l'Indonésie, les Philippines, l'Inde, la Pologne, la République tchèque, l'Argentine, l'Equateur, la Finlande et les Pays-Bas.

Les pays élus pour deux ans sont le Gabon, le Ghana, le Mali, la Zambie, le Pakistan, le Japon, le Sri Lanka, la République de Corée, la Roumanie, l'Ukraine, le Brésil, le Guatemala, le Pérou, le Royaume-Uni et la France.

Le Cameroun, Djibouti, Maurice, le Nigeria, le Sénégal, le Bangladesh, la Chine, la Jordanie, la Malaisie, l'Arabie saoudite, l'Azerbaïdjan, la Russie, Cuba, le Mexique, l'Uruguay, le Canada, l'Allemagne et la Suisse ont été élus pour cinq ans.

À l'avenir, les pays seront élus pour un mandat de trois ans.

Les candidats se sont engagés à promouvoir et à protéger les droits de l'homme. Selon les règles établies, les membres du nouveau Conseil seront les premiers à voir leur comportement en matière des droits de l'homme examiné.

La position des États-Unis

La secrétaire d'État adjointe aux affaires relatives aux organisations internationales, Mme Kristin Silverberg, a déclaré que, pour le Conseil, le vrai test serait de voir s'il parviendrait à mener des actions sérieuses en cas de grave violation des droits de l'homme, comme au Darfour, en Birmanie et en Corée du Nord.

En 2006, les États-Unis se contenteront d'être des « observateurs actifs » qui militeront notamment en faveur de résolutions relatives aux droits de l'homme, a-t-elle ajouté.

Si le Conseil se révèle efficace, les États-Unis ont l'intention de faire acte de candidature l'année prochaine.

Si les États-Unis ont été l'un des principaux partisans de la proposition avancée par le secrétaire général Kofi Annan, en 2005, visant à abolir la Commission des droits de l'homme et à la remplacer par un organe plus puissant, ils ont voté contre la création du Conseil, en mars dernier.

La conception du nouveau Conseil, a expliqué Mme Silverberg, ne comprenait en effet pas de normes suffisamment strictes à respecter en matière des droits de l'homme pour en éloigner les contrevenants.

Les groupes de défense des droits de l'homme

La réaction des groupes de défense des droits de l'homme au vote de l'Assemblée générale a été mélangée.

Ann Bayefsky, du projet « Eye on the UN » du Boston Institute, a fait remarquer que 20 pays classés comme « partiellement libres » et « pas libres » par Freedom House allaient désormais siéger au Conseil.

« À l'évidence, plusieurs gouvernements qui ont été élus - la Chine, la Russie, l'Arabie saoudite et Cuba - n'ont rien à faire là », a dit Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch.

« Ce qui importe, c'est que nous avons fait de réels progrès. Les gouvernements qui avaient l'habitude d'essayer de saper la protection des droits de l'homme par leur appartenance à la commission sont désormais une minorité considérablement réduite au Conseil », a ajouté M. Roth.

Le fait que le Venezuela et l'Iran n'aient pas obtenu de siège, et que le Zimbabwe, l'Éthiopie, l'Érythrée, la Syrie et le Vietnam n'aient même pas essayé d'en briguer un, est une bonne nouvelle. « Cela n'est pas une garantie de succès, mais c'est un pas dans la bonne direction. »

« Les pays qui ont un bilan médiocre en matière des droits de l'homme et qui sont élus au Conseil doivent maintenant revoir leur comportement, l'améliorer et mettre en œuvre les promesses qu'ils ont faites à l'Assemblée générale », a déclaré Yvonne Terlingen, représentante d'Amnesty International à l'ONU.

« Nous allons surveiller de près s'ils s'acquittent de leurs obligations. »


Date de rédaction: 11 mai 2006 Mise à jour: 11 mai 2006

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