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Le PAM remercie les Américains de leurs contributionsM. Crossley évoque les obstacles à la distribution de vivres au Soudan.
Par Charles W. Corey Washington - Le 11 mai, un responsable du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a publiquement remercié le gouvernement Bush, ainsi que le Congrès et le peuple des États-Unis, d'être « de loin » les principaux bailleurs de fonds pour les opérations du PAM au Soudan et dans le monde. M. Kenn Crossley, chargé au sein du PAM des relations avec les États-Unis, a tenu ces propos lors d'une réunion du groupe parlementaire contre la faim et du groupe parlementaire de promotion des droits de l'homme. Des députés inquiets avaient en effet convoqué M. Crossley, ainsi que des représentants de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), pour s'informer de l'évolution de la situation au Darfour et dans les régions voisines, et pour se faire expliquer la récente décision du PAM de réduire les rations alimentaires quotidiennes de ceux qui sont dans le besoin. M. Crossley, qui gère également les affaires humanitaires stratégiques au Soudan, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient pour le compte du PAM, a déclaré que depuis 2005, les États-Unis avaient versé 690 des 975 millions de dollars que cette agence avait reçus pour le Soudan. Il a affirmé que les États-Unis avaient clairement à l'heure actuelle la réaction la plus efficace au Soudan. Le calendrier des contributions est crucial M. Crossley a ensuite expliqué le contexte dans lequel le PAM avait décidé de réduire les rations alimentaires au Darfour et ailleurs. Les rations ont en effet été réduites ou sont sur le point de l'être non seulement au Soudan, mais aussi « au Kenya, en Ouganda, en République démocratique du Congo (RDC), en Angola, au Liberia, au Tchad et dans plusieurs autres pays ». Il a expliqué que cela était le résultat du calendrier des contributions des donateurs. « Si l'on veut que la réaction des donateurs soit efficace, la synchronisation est de la plus haute importance. Malheureusement, les vivres qui n'arrivent pas avant octobre ne peuvent pas être consommés en mai, et nous devons en tenir compte lors de la planification de nos opérations. » Le PAM prévoit en effet un délai de quatre à six mois avant que les vivres offerts par les donateurs ne soient effectivement distribués au Soudan. Il a toutefois souligné que les expéditions d'urgence de 47.600 tonnes de vivres (d'une valeur de 48 millions de dollars), annoncées le 8 mai par le président Bush, étaient une exception à cette règle, affirmant que l'USAID avançait à la « vitesse de l'éclair ». Les problèmes de distribution au Soudan M. Crossley a dit que l'approvisionnement et la distribution de vivres étaient un processus lourd et compliqué, particulièrement au Soudan. « Il faut obtenir les vivres. Il faut les acheminer. Il faut les décharger. Il faut les stocker en attendant le passage aux douanes. Il faut ensuite les expédier vers un centre de tri. » Et souvent, il y a plusieurs autres expéditions jusqu'à ce que les vivres atteignent les partenaires chargés de la distribution à ceux qui en ont besoin. « De plus, tout cela a lieu sur un terrain où l'infrastructure des transports est quasi inexistante (...) sans compter que l'insécurité peut rompre la chaîne à tout moment. » De plus, le Soudan est un pays dans lequel « il faut de nombreux permis et de multiples autorisations pour transporter quoi ou qui que ce soit, y compris le personnel ». Le PAM, a-t-il rappelé, est financé entièrement bénévolement par des donateurs de la communauté internationale et, parfois, les caisses sont vides. « Lorsque les comptes en banque sont vides, nous avons un problème, et nous avons atteint ce stade au Soudan. Sans l'aide des donateurs, nous ne pouvions plus continuer à financer nos opérations. Sans nouvelles contributions, nous ne pouvions plus soutenir le rythme de nos opérations. C'est pourquoi nous avons été forcés de réduire les rations. » Les périodes saisonnières de famine sont aussi un facteur Revenant à la question du rythme des dons, M. Crossley a affirmé que l'intervention à point nommé des donateurs était également cruciale au Darfour du fait des périodes saisonnières de famine qui, au Soudan, tombent entre août et septembre, soit durant les deux derniers mois précédant les récoltes. C'est une période durant laquelle il y a moins de vivres disponibles dans le pays et durant laquelle les pluies bloquent l'accès à de nombreuses zones, particulièrement à l'ouest du pays. « Donc, si l'on veut que les vivres soient disponibles durant la saison la plus difficile, ils doivent être positionnés avant l'arrivée des pluies. » C'est une autre raison pour laquelle le calendrier des dons est si « incroyablement important » et pour laquelle le PAM doit avoir les vivres à l'avance, « et pas seulement sur le papier ». Qualifiant la réduction des rations de « regrettable », il a toutefois affirmé qu'il valait mieux le faire maintenant que durant la saison la plus difficile, durant laquelle il n'est pas facile d'atteindre les populations dans le besoin. Il a cependant ajouté que des rations complètes pourraient être rétablies durant les mois où les gens avaient le plus faim mais que, pour cela, le PAM avait besoin de contributions immédiates afin de pouvoir déclencher le cycle d'approvisionnement immédiatement. Date de rédaction:
15 mai 2006 Mise à jour:
15 mai 2006
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