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Les É.-U. vont rétablir des liaisons diplomatiques avec la LibyeLa Libye sera retirée de la liste des États qui soutiennent le terrorisme.
Par David I. McKeeby La secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, a annoncé, le 15 mai, que les États-Unis allaient bientôt rétablir des relations diplomatiques complètes avec la Libye. C'est le résultat de la décision prise par Tripoli en 2003 de renoncer à soutenir le terrorisme et d'éliminer son programme de production d'armes de destruction massive. « Du fait de ces décisions, nous avons assisté à la renaissance de ce pays au sein de la communauté internationale. Aujourd'hui s'ouvre une nouvelle ère des relations entre les États-Unis et la Libye, relations dont bénéficieront les Américains et les Libyens. » Mme Rice a ajouté qu'à court terme, les États-Unis allaient rouvrir leur ambassade à Tripoli et retirer la Libye de la liste, maintenue par le département d'État, des pays qui soutiennent le terrorisme. En outre, les États-Unis ne citeront plus la Libye comme pays ne coopérant pas pleinement avec les États-Unis à la lutte contre le terrorisme. Mme Rice a félicité le dirigeant libyen de sa décision d'écouter l'appel de la communauté internationale lui demandant de renoncer à son association avec les milieux terroristes et d'exhorter les dirigeants iraniens et nord-coréens à l'imiter. Réflexion sur un État dévoyé Cette annonce est le résultat de plusieurs années de diplomatie que David Welch, secrétaire d'État adjoint aux affaires proche-orientales, a qualifiées de « processus prudent conçu de façon à reconnaître les progrès réalisés par la Libye tout en continuant à surveiller étroitement son comportement ». M. Welch, ainsi que plusieurs hauts responsables du département d'État, ont participé à une conférence de presse tenue le 15 mai afin de discuter des implications de la reprise des relations avec la Libye. En 1973, dans la foulée d'un coup d'État, la Libye a instauré un régime répressif qui a utilisé les revenus du pétrole pour soutenir des organisations et des activités terroristes, notamment l'attentat contre le vol 103 de la Pan Am au-dessus de Lockerbie (Ecosse) en 1988, l'attentat contre un club de nuit de Berlin en 1986, et l'attentat contre le vol français 772 de l'UTA au-dessus du Niger en 1989. Les États-Unis ont répondu par des frappes aériennes contre la Libye en 1986, ont placé ce pays sur la liste des parrains du terrorisme, et ont imposé plus de 20 types de sanctions contre lui. La communauté internationale s'est unie pour condamner le comportement de la Libye par l'adoption des résolutions 731 et 748 du Conseil de sécurité de l'ONU qui imposaient des sanctions économiques supplémentaires jusqu'à ce que les dirigeants libyens acceptent d'extrader les suspects de l'attentat de la Pan Am. Un exemple à suivre M. Welch a expliqué que le gouvernement libyen avait livré ces suspects en 1999 et que, en 2001, les dirigeants libyens avaient commencé à remplir les conditions nécessaires pour la levée des sanctions de l'ONU. En 2003, ces sanctions ont été levées après que la Libye eut décidé de verser jusqu'à 2,7 milliards de dollars de dédommagement aux familles des victimes, de coopérer entièrement avec l'enquête et de s'engager officiellement auprès du Conseil de sécurité de l'ONU à ne jamais plus soutenir le terrorisme. La Libye a non seulement renoncé au terrorisme et aux armes de destruction massive, mais elle est aussi devenue une partenaire importante dans la lutte mondiale contre le terrorisme, a déclaré Henry Crumpton, coordonnateur de la lutte contre le terrorisme au département d'État. Selon lui, la Libye a beaucoup contribué à l'espionnage des mouvements des membres d'Al-Qaïda et réseaux affiliés dans la région. Une autre preuve de la résolution de la Libye de combattre le terrorisme, a ajouté M. Crumpton, est le fait qu'elle a signé 12 conventions internationales contre le terrorisme. Dans le récent rapport sur le terrorisme en 2005, la Libye figurait encore parmi les pays parrains du terrorisme, mais il était précisé qu'elle était en train d'améliorer considérablement sa coopération avec la communauté internationale. « Sa coopération dans le domaine du renseignement ne cesse de se renforcer. Elle a fait des contributions directes et importantes à notre sécurité nationale », a affirmé M. Crumpton. Après avoir annoncé, en 2003, qu'ils avaient l'intention de démanteler leurs programmes d'armement chimique et nucléaire, les responsables libyens ont agi « avec une remarquable honnêteté et une grande rapidité », a déclaré Paula DeSutter, secrétaire d'État adjointe à la vérification, au respect et à la mise en œuvre. Mme DeSutter a précisé que la quête d'armements avait poussé la Libye à s'associer à A.Q. Khan, un spécialiste pakistanais des armements, qui gérait un important marché noir international et a notamment vendu des techniques nucléaires à l'Iran et à la Corée du Nord. Elle a ajouté que la Libye avait fourni aux États-Unis des concepts d'armes et autres « éléments du plus haut intérêt » obtenus par le truchement du réseau Khan et qui pourraient éclairer les éventuelles activités de prolifération. Date de rédaction:
16 mai 2006 Mise à jour:
16 mai 2006
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