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Actualités de Washington
  

Immigration : le président Bush donne un aperçu de son plan

Son allocution télévisée à la nation

Le président George W. Bush
Le président Bush au moment de son allocution télévisée du 15 mai. (©AP/WWP)

Par Stephen Kaufman
Correspondant du « Washington File »

Washington - Dans l'allocution télévisée à la nation qu'il a prononcée le 15 mai, le président Bush a préconisé une grande réforme de la législation relative à l'immigration qui soit « méthodique et équitable » et qui prévoie notamment l'admission à titre temporaire de travailleurs étrangers et le recours aux réservistes de la Garde nationale pour aider la police frontalière le long de la frontière mexicaine.

Les États-Unis, qui sont une nation respectueuse de la loi ainsi qu'une nation d'immigrés, doivent faire appliquer la loi et poursuivre la tradition de l'immigration « qui a renforcé le pays à tant d'égards », a-t-il dit.

Après avoir préconisé un programme visant à permettre à certains immigrés clandestins de travailler légalement aux États-Unis, M. Bush a déclaré se rendre compte qu'il y avait de nombreuses personnes de l'autre côté de la frontière qui feraient n'importe quoi pour venir, parfois au péril de leur vie, travailler aux États-Unis et y mener une vie meilleure.

Cet afflux de personnes « crée une pression immense sur notre frontière à laquelle des murs et la police frontalière à eux seuls ne peuvent pas mettre fin. (...) Il nous faut réduire le nombre de personnes qui tentent de franchir la frontière clandestinement. »

Un programme prévoyant l'admission à titre temporaire de travailleurs étrangers permettrait à des « immigrés honnêtes » de gagner un salaire par des moyens légaux, de réduire les avantages de ceux qui font passer la frontière clandestinement et de diminuer la probabilité que des gens risquent leur vie pour franchir la frontière. Ce programme ne fournirait pas une voie aboutissant automatiquement à la nationalité américaine, mais tiendrait compte du fait que des millions d'immigrés clandestins sont déjà aux États-Unis.

Ces immigrés clandestins, a expliqué M. Bush, constituent une charge pour les écoles publiques et les hôpitaux, grèvent les budgets des collectivités locales et des États et contribuent à l'accroissement de la criminalité. Toutefois, a-t-il ajouté, « il ne faut pas oublier que la vaste majorité d'entre eux sont des gens honnêtes qui travaillent dur, qui subviennent aux besoins de leur famille, qui sont pratiquants et qui ont le sens des responsabilités ».

Le président a incité les nouveaux immigrés à s'assimiler à la société américaine, conformément à la tradition du creuset qui a permis que les États-Unis deviennent une nation malgré la diversité d'origine de ses habitants. Les personnes soumettant une demande de naturalisation et résidant déjà aux États-Unis devraient s'acquitter de leurs impôts, apprendre la langue anglaise et occuper un emploi pendant plusieurs années avant d'obtenir la nationalité américaine.

« Les personnes qui remplissent ces conditions devraient pouvoir soumettre une demande de naturalisation, mais l'acceptation de cette demande ne devrait pas être automatique, et ils devraient attendre que l'on s'occupe en premier de ceux qui se sont conformés aux règles et qui ont respecté la loi. »

M. Bush a également préconisé la création, pour les travailleurs étrangers admis à titre temporaire, d'une carte de séjour infalsifiable qui permettrait aux employeurs de vérifier si ces travailleurs sont en situation régulière. Les employeurs n'auraient plus ainsi d'excuse s'ils violent la loi.

À propos des prochains débats parlementaires sur la réforme du régime de l'immigration, le président a demandé à ses concitoyens de se souvenir que les débats et les décisions consécutives auraient des répercussions sur la vie de nombreuses personnes et il a mis l'accent sur la dignité et la valeur de tout être humain, quelle que soit sa nationalité.

L'apport d'un soutien à la police frontalière

Dans le cadre du plan de M. Bush visant à améliorer la surveillance de la frontière mexicaine, des réservistes de la Garde nationale apporteraient un soutien à la police frontalière fédérale.

Ces réservistes ne joueraient aucun rôle en matière de répression, mais contribueraient au fonctionnement des dispositifs de surveillance, à l'analyse des renseignements, à l'installation de clôtures et de barrières, à la construction de chemins de patrouille et à la formation technique.

Le président a souligné que les États-Unis n'allaient pas militariser leur frontière avec le Mexique, pays avec lequel ils avaient des rapports de bon voisinage et d'amitié. Il s'est engagé à continuer de coopérer avec le gouvernement mexicain en vue d'améliorer la sécurité des deux côtés de la frontière, de faire face à des problèmes communs, tels que le trafic des stupéfiants et la criminalité, et de réduire l'immigration clandestine.

Le plan de M. Bush prévoit d'augmenter de 6.000 le nombre des agents de la police frontalière d'ici à 2008, ce qui constituerait un doublement des effectifs depuis son entrée en fonction.

Pour sa part, le porte-parole de la Maison-Blanche, M. Tony Snow, a indiqué à la presse, ce jour-là, que l'allocution du président précédait les travaux du Sénat ayant trait à la proposition de loi sur l'immigration et que les sénateurs procéderaient probablement à un vote la semaine prochaine.

M. Bush est désireux de collaborer avec les deux chambres du Congrès en vue du vote d'un texte de loi qui donne des résultats, a-t-il dit en indiquant que le président tenait à ce que la réforme porte sur quatre grands domaines : la sécurité le long de la frontière, l'application de la loi, l'admission à titre temporaire de travailleurs étrangers et l'assimilation des nouveau-venus.

Le président, a-t-il précisé, compte se rendre le long de la frontière mexicaine, en Arizona, le 18 mai.

La Maison-Blanche donne des détails supplémentaires

Lors de la conférence de presse de la Maison-Blanche qui a suivi l'allocution du président, des responsables ont indiqué, comme l'avait fait M. Bush, que l'on ne devait pas considérer l'envoi de réservistes de la Garde nationale comme « une militarisation de la frontière » et ils ont fait état de la coopération étroite avec les autorités mexicaines.

Il s'agit, ont-ils dit, de prendre des mesures supplémentaires pour renforcer la surveillance de la frontière pendant la formation d'un nombre fortement accru de nouveaux agents de police frontalière.

Le déploiement de 6.000 réservistes de la Garde nationale cette année permettrait de libérer de tâches administratives quelque 500 agents de police frontalière de manière à ce qu'ils puissent accomplir leur tâche principale. Des réservistes sont déjà en poste le long de la frontière mexicaine depuis vingt ans dans le cadre de la lutte contre les stupéfiants.

L'un des responsables a décrit le programme d'admission de travailleurs étrangers à titre temporaire comme une soupape de sûreté qui diminuerait la pression sur les frontières des États-Unis. « Les États-Unis, a-t-il dit, sont un pays riche, et nos voisins ne sont pas aussi fortunés. Un grand nombre de travailleurs sont prêts à prendre des risques extraordinaires pour venir dans notre pays, ce qui exerce une pression considérable sur nos frontières. »

Le plan actuel du président, a-t-il précisé, porte sur la frontière mexicaine, mais le gouvernement Bush est disposé à envisager un plan pour la frontière canadienne si les gouverneurs des États limitrophes du Canada sont désireux d'y participer.


Date de rédaction: 16 mai 2006 Mise à jour: 16 mai 2006

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