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Actualités de Washington
  

La politique des États-Unis à l'égard des démocraties embryonnaires

Leur transformation politique doit être autochtone, affirme M. Zoellick en Égypte.

M. Zoellick rencontre le président de lAutorité palestinienne Mahmoud Abbas à Charm El-Cheikh en mai 2006
M. Zoellick rencontre le président palestinien, M. Mahmoud Abbas, au Forum économique mondial le 20 mai. (©AP/WWP)

Par Stephen Kaufman
Correspondant du « Washington File »

Washington - La politique des États-Unis à l'égard des démocraties émergentes consiste à les aider à réaliser elles-mêmes une réforme politique de leur crû, a déclaré le secrétaire d'État adjoint, M. Robert Zoellick, lors d'une table ronde avec la presse tenue à Charm El-Cheikh le 21 mai en marge du Forum économique mondial pour le Moyen-Orient.

À cette fin, les États-Unis ont créé le programme Forum pour l'avenir, qui vise à concrétiser la détermination du président Bush à encourager la liberté et la démocratie à l'étranger, objectif qu'il avait annoncé en janvier 2005 dans son second discours d'investiture.

M. Zoellick a présenté cet objectif dans les termes suivants : « Notre but est d'aider les autres à trouver leur propre mode d'expression, à parvenir à la liberté telle qu'ils la conçoivent et à se tracer leur propre route. Pour ce faire, nous avons plusieurs outils à notre disposition. »

C'est ainsi, par exemple, que grâce à l'Initiative de partenariat au Moyen-Orient (MEPI), le gouvernement Bush verse quelque 500 millions de dollars, échelonnés sur 5 ans, à des organisations régionales de soutien à la mise en place d'appareils démocratiques et judiciaires. À ce montant-là s'ajoutent des versements de 100 millions de dollars tous les trois ans, a indiqué le secrétaire d'État adjoint.

Il y a aussi le Compte du millénaire, destiné aux États qui engagent des réformes politiques, économiques et sociales, ainsi que diverses initiatives commerciales qui visent à donner aux individus les moyens matériels de s'émanciper.

Selon lui, le Moyen-Orient traverse une période de « changements fondamentaux » alimentés par les tensions politiques, la mondialisation, la modernisation économique et les incertitudes en matière de sécurité.

Sur le plan économique, « c'est une région qui, ces dernières années, mis à part le secteur de l'énergie, ne s'est pas bien intégré au marché mondial », a-t-il dit, observant toutefois que certains États du golfe Persique et du Maghreb, entre autres, ont récemment entrepris des programmes de restructuration économique.

Sur le plan politique, M. Zoellick a déclaré qu'il fallait autoriser les partis légitimes d'opposition à s'exprimer librement, car « si on leur barre la route des élections, eh bien, ils s'orienteront vers d'autres formes d'opposition (...) Raison de plus, à notre avis, pour leur ouvrir l'accès au système politique. »

La réforme politique en Égypte

Les États-Unis, a dit M. Zoellick, appuient les projets de réforme politique du président égyptien Hosni Moubarak et s'efforcent d'en promouvoir l'exécution. En particulier, ces projets comprennent « la nouvelle loi sur le judiciaire, le remplacement de la loi sur l'état d'urgence par une législation antiterroriste, la promotion de la liberté de la presse grâce à l'amendement de certaines lois relatives à la détention, et la modification de certains éléments du droit pénal ».

M. Zoellick a réaffirmé la condamnation par les États-Unis de l'arrestation et des conditions de détention du chef de l'opposition égyptienne Ayman Nour. Il a toutefois ajouté que les groupes d'opposition tels que celui des Frères musulmans en Égypte devaient clairement souligner leur attachement au processus démocratique et à des tactiques non violentes.

Quant à l'aide des États-Unis à l'Égypte, M. Zoellick a déclaré qu'en dépit du traitement des opposants politiques dans ce pays, « il ne serait sans doute pas judicieux, à mon avis, de réduire cette aide », d'autant que l'appui financier des États-Unis « favorise les intérêts des deux pays » dans des domaines tels que l'encouragement de la réforme financière et le partenariat militaire bilatéral.

« L'Égypte est une partenaire très importante des États-Unis et nous nous sommes toujours exprimés clairement sur l'appui que nous apportons aux réformes économiques et politiques, et lorsque nous avons été en désaccord nous l'avons également exprimé sans ambiguïté. »

Le conflit au Soudan

Le secrétaire d'État a déclaré que l'accord de paix récemment conclu pour le Soudan était un événement important, mais « ce n'est qu'un début ».

« Les vivres manquent, comme cela a été rapporté. Mon gouvernement assure déjà 85 % de l'aide alimentaire. Nous essayons d'inciter d'autres États à contribuer. Nous-mêmes allons verser encore davantage », a-t-il dit.

Il a indiqué en outre qu'il s'entretenait actuellement avec des États membres de l'Union africaine, ainsi qu'avec de hauts responsables égyptiens, tunisiens et turcs, de la nécessité d'augmenter les forces de maintien de la paix au Darfour. « L'un de mes objectifs subsidiaires ici au Caire est d'essayer de mobiliser quelques troupes supplémentaires pour une opération des Nations unies », a-t-il dit, ajoutant qu'il espérait l'achèvement rapide de la mission d'évaluation entreprise par l'ONU au Darfour.


Date de rédaction: 23 mai 2006 Mise à jour: 23 mai 2006

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