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La Fête du souvenir rend hommage aux Américains morts pour la patrieUn petit village de l'État du New York est à l'origine de la commémoration de cette fête.
Par Michael Jay Friedman Washington - Pour beaucoup d'Américains, « Memorial Day », la Fête du souvenir, célébrée le dernier lundi de mai, marque le début officieux de l'été. On estime à 37,5 millions le nombre d'Américains qui feront 80 kilomètres ou plus au cours de ce long week-end pour se rendre chez des amis ou des membres de la famille, à la plage ou dans des parcs d'attractions. D'autres ne feront que profiter de leur temps libre et de la clémence de la température pour se détendre. Il n'en demeure pas moins qu'à un moment ou à un autre du week-end, la plupart des Américains penseront au sens véritable de ce jour, qui est de rendre hommage à ceux qui sont morts en défendant leur pays. Les activités organisées pour la Fête du souvenir sont diverses et vont de vastes manifestations sportives aux célébrations évocatrices de vie dans une petite ville. La course de voitures qui a lieu traditionnellement à Indianapolis, le rallye « Indy 500 », l'une des manifestations sportives d'un jour les plus suivies du globe, attire environ 320 millions de spectateurs de par le monde. À Waterloo, un petit village du New York de quelque 5.100 âmes situé à 450 kilomètres de la ville de New York, où est née la Fête du souvenir, les festivités comprennent une foire d'objets artistiques et artisanaux, un festival de la fraise, les balades en charrettes. Un personnage représentant Abraham Lincoln raconte la vie du seizième président des États-Unis, un homme qui préserva l'Union, et ceux qui ne se sont pas trop gavés de pizza durant le concours du plus gros mangeur de pizza peuvent participer à une course de 5 kilomètres. L'histoire de ce petit village et de la Fête du souvenir est profondément ancrée dans l'histoire du pays. Les origines de la Fête du souvenir C'est dans la guerre de Sécession de 1861-1865 que la Fête du souvenir a ses origines. Durant ce conflit qui fit plus de 550.000 victimes, nombreux furent ceux qui commencèrent à placer des fleurs sur la tombe des soldats morts au combat. Plusieurs municipalités du nord des États-Unis continuèrent à marquer ces « jours de décoration » une fois la guerre terminée, mais l'événement décisif se produisit en 1866 à Waterloo. L'un des résidents du village, Henry Welles, le pharmacien local, eut l'idée de consacrer une journée à l'hommage des soldats morts pendant la guerre de Sécession. John Murray, qui avait été promu général de brigade dans l'armée de l'Union et qui était employé du Comté de Seneca, était l'un de ses clients. Il s'appropria l'idée et fit tout ce qu'il put pour qu'elle fût traduite dans la réalité, et le 5 mai 1866, Waterloo célébrait son premier « Jour de décoration ». John Murray comptait parmi ses amis le général John Logan, un commandant des forces de l'Union lors de la bataille d'Atlanta, en 1864, également responsable d'une importante organisation fraternelle influente d'anciens combattants de l'Union. Convaincu par John Murray de la nécessité de célébrer une telle fête, John Logan déclara, en 1968 , le 30 mai « jour réservé à la couverture de fleurs ou à la décoration appropriée des tombes des camarades morts en défendant leur pays durant les derniers moments de la rébellion et dont le corps repose maintenant dans les cimetières de pratiquement toutes les églises de toutes les villes, de tous les villages et de tous les hameaux de la nation ». De nombreuses cérémonies eurent lieu ce jour là, dont une au Cimetière national d'Arlington, en Virginie, de l'autre côté du fleuve Potomac qui borde Washington, la capitale, que présida le président Ulysses Grant. Après les discours et les hommages, des milliers de personnes - orphelins de guerre, anciens combattants et autres - décorèrent les quelques 20.000 tombes des morts de la guerre du cimetière d'Arlington. Une trentaine d'années plus tard, pratiquement tous les États avaient officiellement institué le 30 mai en tant que « Jour de décoration ». Après la Première Guerre mondiale, on mit à profit ce jour pour rendre hommage à tous ceux qui étaient morts pour la patrie et, après la Deuxième Guerre mondiale, ce jour devint « Jour du souvenir ». En 1971, le Congrès en fit un jour férié officiel et fixa sa commémoration au dernier lundi de mai. En 1966, le président Lyndon Johnson proclama Waterloo (New York) lieu officiel de naissance du « Jour du souvenir ». Rendre hommage à nos soldats morts au champ d'honneur Aux États-Unis, « Veteran's Day », Jour des anciens combattants, est marqué le 11 novembre en honneur de tous ceux qui ont servi dans les forces armées, que ce soit en période de guerre ou en période de paix. « Memorial Day », le Jour du souvenir, rend un hommage spécifique à ceux qui sont morts pour la patrie. La première commémoration de cette journée à Waterloo reposait sur la décoration des tombes des soldats, la mise en berne des drapeaux et l'organisation de défilés d'anciens combattants. Aux quatre coins des États-Unis, dans les villes et les municipalités, de telles cérémonies se poursuivent aujourd'hui. Généralement, le président ou le vice-président assiste aux cérémonies organisées au Cimetière d'Arlington et des cérémonies solennelles se tiennent sur les sites des champs de bataille de la guerre de Sécession, notamment à Gettysburg (Pennsylvanie), et à Sharpsburg (Bataille Antietam) dans le Maryland. À 15 h, un « moment national du souvenir » unit les Américains dans la prière et dans les pensées alors qu'ils réfléchissent aux sacrifices faits pour eux. Et c'est la raison pour laquelle la tristesse peut envahir les Américains alors même qu'ils profitent de leur long week-end et se préparent aux joies de l'été. Des gerbes et couronnes de fleurs seront posées, des remerciements seront offerts, et les têtes seront baissées en hommage à ceux qui ont fait le sacrifice suprême de leur vie pour la patrie. Date de rédaction:
26 mai 2006 Mise à jour:
26 mai 2006
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