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Il convient d'intégrer l'aide alimentaire aux mesures de développementPropos de hauts responsables devant une sous-commission parlementaire
Par Kathryn McConnell Washington - Les pays donateurs doivent intégrer leur politique d'aide alimentaire avec les mesures visant à encourager l'accès à l'eau potable, au réseau sanitaire, aux soins médicaux et à l'enseignement, a déclaré un haut responsable de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), M. Michael Hess, le 25 mai, devant une sous-commission de la Chambre des représentants. « L'aide alimentaire à elle seule, a-t-il dit, ne peut pas mettre fin au dénuement et à la pauvreté qui sont à la base du cycle vicieux » des pénuries alimentaires frappant à l'heure actuelle des régions de l'Afrique de l'Est, du Sahel et de l'Afrique australe. Ces dernières années, a-t-il expliqué, l'USAID a intégré ses ressources en ce qui concerne l'aide humanitaire et l'aide au développement et coordonné son action avec d'autres organismes fédéraux, tels que le ministère de l'agriculture et la Société du Compte du millénaire, ainsi qu'avec d'autres pays donateurs et des organisations internationales et régionales. De son côté, le directeur général du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, M. James Morris, a incité les parlementaires à adopter le texte de loi prévoyant une aide supplémentaire de 225 millions de dollars au titre de l'aide alimentaire au Soudan, afin que son organisme puisse commencer d'accroître les rations pour les millions d'habitants du Darfour qui sont en proie à la famine ou à la sous-alimentation. Du fait de l'augmentation des besoins d'aide alimentaire de nombreux pays qui se heurtent à une pénurie, le PAM a dû envisager ces dernières semaines de prendre « l'une des décisions les plus difficiles » qu'il ait jamais prises, à savoir soit réduire de moitié le nombre de personnes qu'il pouvait aider, soit diminuer la quantité des rations destinées à toutes les personnes nécessitant des vivres. M. Morris a aussi exprimé sa reconnaissance aux États-Unis pour l'aide importante qu'il apportait au PAM (ils sont le pays qui y contribuent le plus) et pour l'envoi récent de 40.000 tonnes de vivres au Darfour. Quant à M. Tony Hall, qui représentait jusque récemment les États-Unis auprès des institutions spécialisées de l'ONU dans le domaine alimentaire, il a déclaré que les donateurs devaient se rendre compte que l'aide alimentaire contribuait à créer « un monde plus sûr ». Il existe un lien entre « la pauvreté, les États fragiles et l'activité des extrémistes », a-t-il dit. L'aide alimentaire peut motiver les bénéficiaires à participer au développement de leur pays, a-t-il indiqué en citant les programmes dans le cadre desquels ceux-ci reçoivent des vivres au lieu d'un paiement en argent pour le travail qu'ils font. Ces programmes permettent d'aider des collectivités à réaliser des objectifs en matière de développement tels que le reboisement, la construction de petits réseaux d'irrigation et la remise en état de l'infrastructure. Les programmes de travail rétribué en vivres aident aussi les collectivités où une inflation galopante peut réduire le pouvoir d'achat de la monnaie. En outre, dans certains pays, les femmes bénéficiaires préfèrent recevoir des vivres pour le travail qu'elles effectuent car elles craignent que leur conjoint ne gaspille l'argent si on leur en donnait. L'USAID, a indiqué M. Hess, a décidé d'étendre son système d'alerte rapide destiné à détecter les sécheresses et les pénuries alimentaires qui y font suite. Elle accroît aussi ses installations de distribution de l'aide alimentaire dans des parties du monde qui risquent d'en avoir le plus besoin, notamment en Afrique. Par ailleurs, l'USAID met en place des centres communautaires qui permettent à des agents sanitaires de se rendre au domicile de familles où des enfants sous-alimentés répondent mieux aux soins prodigués dans le cas de maladies telles que la diarrhée et de prévenir la propagation d'une maladie en ne regroupant pas en un seul lieu des enfants malades. M. Hess a précisé que la demande de crédits budgétaires de l'USAID pour l'année budgétaire 2007 comportait une proposition selon laquelle cette agence aurait le droit de consacrer près d'un quart de son budget relatif à l'aide alimentaire à l'achat de vivres aux niveaux local et régional et à la distribution de ces vivres de sorte que l'on puisse aider rapidement les personnes risquant d'être la proie d'une famine. Date de rédaction:
30 mai 2006 Mise à jour:
30 mai 2006
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