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Une exposition éblouissante au Musée national d'art africainIntitulée « Or africain », elle a ouvert ses portes le 26 mai.
Par Bruce Greenberg Washington - L'exposition « Or africain », de la collection Glassell du Musée des beaux-arts de Houston, qui a ouvert ses portes le 26 mai au Musée national d'art africain de l'Institution Smithsonian, présente quelques-uns des plus jolis objets en or provenant d'Afrique occidentale. Composée d'une centaine d'objets allant de sceptres cérémoniaux décorés d'or fin à des accessoires personnels tels que bracelets, colliers, bagues et sandales, l'exposition comprend aussi bien des symboles du pouvoir de l'État que des parures de l'aristocratie d'une époque où les rois gouvernaient sur les vastes empires boisés que sont aujourd'hui le Ghana et la Côte d'Ivoire.
De l'avis de la conservatrice du musée, Mme Andrea Nicolls, « les vêtements d'apparat et les ornements exposés (...) figurent parmi les plus spectaculaires d'Afrique et sont d'excellents exemples de la splendeur de l'or akan ». Les origines des civilisations akan et baoulée remontent à un millier d'années et c'est à ces dernières que l'on doit en grande partie l'établissement de routes commerciales entre l'Afrique et l'Europe durant l'ère des explorateurs et des colonisateurs au début du XVe siècle. Dès 1500, les Akans exportaient plus de 455 kilogrammes d'or chaque année et, par la même occasion, contribuaient à la traite des esclaves qui commençait à voir le jour. Tant les Akans que les Baoulés incorporaient fréquemment à leurs œuvres des symboles de leurs colons européens que l'on peut retrouver dans une collection de bijoux, y compris de faux cadrans de montres et des stylos à plume en or, des objets qui permettaient à leurs propriétaires d'afficher leur fortune personnelle. Pour les chefs akans, ce sont des sandales ornées d'or, et non pas des couronnes d'or, qui symbolisent les pouvoirs donnés par Dieu au monarque. De même, la pomme recouverte d'une feuille d'or des bâtons de courtiers porte l'inscription de proverbes akans et affirme le droit divin de gouverner. Clés minuscules et cadenas sont d'autres motifs qui sont souvent repris dans la bijouterie akan, notamment les colliers qui sont exposés, et symbolisent le fait que c'est le chef qui détient les clés de l'État. Parce que l'akan et le baoulé sont des langues orales, plusieurs œuvres présentées dans l'exposition rendent un hommage intemporel aux tribulations de l'homme face à son destin. Un oiseau sankofa doré, à la tête tournée en arrière, représente l'idée selon laquelle il faut se pencher sur le passé avant de pouvoir aller de l'avant. Un bâton de bois recouvert d'or et orné d'une poule et de poussins est l'illustration d'un proverbe akan qui dit qu'une poule peut marcher sur un poussin sans pour autant l'écraser tout comme un bon chef saura marcher avec précaution parmi ses sujets et les guider en faisant preuve de sagesse et de retenue. L'homme d'affaires Alfred Glassell, qui vit à Houston (Texas), collectionne des objets d'art africain, notamment en or, depuis près de cinquante ans. En 1997, il a fait don de sa collection de 900 pièces au Musée des beaux-arts de Houston. L'exposition des objets de la collection Glassell, qui vient d'ouvrir au Musée national d'art africain à Washington, doit durer juqu'au 26 novembre 2006. Le site internet de la Smithsonian offre des informations supplémentaires concernant cette exposition. Date de rédaction:
31 mai 2006 Mise à jour:
31 mai 2006
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