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Actualités de Washington
  

Les États-Unis doivent réformer leur politique agricole, déclare M. Mike Johanns

Les propos du ministre américain de l'agriculture

M. Mike Johanns, ministre de lagriculture
M. Mike Johanns, ministre de l'agriculture des États-Unis. (© AP Images)

Par Andrzej Zwaniecki
Rédacteur du Washington File

Washington - Les États-Unis doivent réformer leur politique agricole, même si les négociations commerciales internationales actuellement suspendues n'aboutissent pas dans un proche avenir, a affirmé le ministre américain de l'agriculture, M. Mike Johanns.

Si un accord commercial international finit par être conclu, il exigera vraisemblablement que les États-Unis réduisent considérablement leurs subventions et autres appuis à l'agriculture.

M. Johanns a tenu ces propos le 31 août, lors d'un débat organisé au Cato Institute de Washington.

Les pourparlers internationaux, appelés officiellement Programme de Doha pour le développement et tenus sous les auspices de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ont en effet été suspendus pour une durée indéfinie le 24 juillet, après que les négociateurs des pays membres n'eurent pas réussi à s'entendre, particulièrement sur le dossier de l'agriculture.

En octobre 2005, les négociateurs américains ont offert, en échange de réductions des tarifs douaniers sur les produits agricoles, une réduction générale de 53 % des avantages qu'ils accordent à leurs agriculteurs et qui ont un effet de distorsion sur le commerce, ainsi qu'un plafonnement des subventions ayant un effet moins perturbateur sur les échanges.

Depuis le lancement des négociations, en 2001, le gouvernement Bush a cherché à faciliter l'accès des produits agricoles américains aux marchés étrangers en échange de la réduction des appuis internes à l'agriculture et de l'élimination des subventions à l'exportation.

Mais même si un accord incluant ces changements n'est pas trouvé au sein de l'OMC, les États-Unis doivent dans un proche avenir réformer leur politique agricole parce que les conditions économiques dans le monde et aux États-Unis ont changé depuis que la loi de politique agricole a été promulguée en 2002.

Elle arrive à expiration en 2007, et tant le Congrès que le gouvernement ont organisé des consultations dans le pays afin de rédiger une nouvelle loi.

M. Johanns a déclaré que le gouvernement pourrait soumettre son propre projet de loi, mais pas avant janvier 2007. Il a ajouté que la réforme était nécessaire parce que les mécanismes actuels de soutien aux agriculteurs distribuaient la majeure partie des fonds à des producteurs assez importants et pour certaines récoltes qui rapportaient relativement peu, entraînant ainsi involontairement l'augmentation du prix des terres et du capital, et décourageant les jeunes de se destiner à l'agriculture.

En outre, a ajouté M. Johanns, les programmes américains de soutien aux agriculteurs, particulièrement dans les domaines du riz et du maïs, ainsi que les paiements compensatoires, peuvent faire l'objet de contestations juridiques au sein de l'OMC. L'organisation a déjà rendu un arrêt contre les subventions américaines du coton.

Évidemment, le gouvernement défendra ces programmes agressivement en cas de litige au sein de l'OMC, a déclaré M. Johanns.

Toutefois, a-t-il ajouté, la politique agricole des États-Unis ne devrait pas être dictée par les décisions de l'OMC. Le gouvernement et le Congrès devraient prendre l'initiative et s'attaquer aux dossiers importants de façon rationnelle.

Selon lui, un vrai filet de sécurité pour les agriculteurs ne doit pas se résumer à des subventions, mais comprendre aussi des mesures fiscales et impliquer la politique énergétique et commerciale, ainsi que des investissements dans les marchés d'exportation, qui offrent les meilleurs débouchés pour les agriculteurs américains.

« Une bonne politique agricole doit être équitable, prévisible et inattaquable. Elle doit être conçue de façon à favoriser le commerce et la croissance, et doit être fiscalement responsable. »

M. Robert Thompson, de l'université de l'Illinois, participait également à ce débat. Il a déclaré que les groupes de pression qui avaient soutenu de vastes subventions lors des discussions de la loi de 2002 s'étaient fragmentés et que la pression internationale contre les subventions s'était intensifiée depuis. Ces deux éléments créent une chance de réforme.


Date de rédaction: 01 septembre 2006 Mise à jour: 01 septembre 2006

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